Le désarroi de l’élève en échec…

9 novembre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

Le désarroi de l’élève en situation d’échec provient de la persistante fiction de l’« égalité formelle » de tous les élèves devant l’école, des possibilités qui sont offertes à l’élève de surmonter ses difficultés par des services spécialisés, et de l’échec persistant qu’il ne peut plus attribuer à une sélection en amont de la société, mais à une sélection « neutre », basée sur des épreuves « universelles », qui s’opère à l’intérieur même des structures de l’école, de son système de filières et de sélection (Dubet, 2000).

LeVasseur (2015) in. Demers, S., Lefrançois, D., & Éthier, M.-A. (2015). Les fondaments de l’éducation : Perspectives critiques. Montréal: Éditions Multimondes. (p. 72)

Les jeunes de nos jours…

29 octobre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

 

 

LES JEUNES ONT-ILS VRAIMENT CHANGÉS?

 

Lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue à l’école Notre-Dame-de-Roc-Amadour par la Fédération en décembre dernier, plusieurs personnes ont pu lire les citations suivantes affichées au tableau de la salle de pause-café transformée en salle de presse pour l’occasion :

 

«Notre jeunesse (…) est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce . de respect pour les anciens. Nos enfants d’aujourd’hui (…) ne se lèvent pas quand un viei11ard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travai11er. Ils sont tout simplement mauvais.» Socrate (470-399 avant Jésus-Christ)

 

«Je n’ai plus aucun espoir pour l’avenir de notre pays si la jeunesse d’aujourd’hui prend le commandement demain, parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible.» Hésiode (720 avant Jésus-Christ)

 

«Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n’écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être loin.» Prêtre égyptien

 

«Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du Cœur. Les jeunes sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois. Ceux d’aujourd’hui ne seront pas capables de maintenir notre culture.» Citation vieille de 3000 ans découverte sur une poterie dans les ruines de Babylone.

 

Plusieurs disent que l’histoire est un perpétuel recommencement… Tout comme autrefois, nous avons tendance à condamner les comportements et les attitudes de nos jeunes, mais en se basant sur ce qui s’est dit et réalisé depuis des siècles, n’y a-t-il pas lieu de croire que notre jeunesse «inquiétante» produira elle aussi une culture intéressante et des leaders exceptionnels?

 

Publié dans Le commissaire, Vol 24, no 6, janvier 1992.

 

 

 

 

Peut-être fût-il ingrat cet âge

23 septembre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

Qu’advient-il lorsque nous demeurons demeurés, étourdis de nos lacunes aveugles de nos capacités? Le cœur se refroidit et personne ne peut y rien changer. La quête de la joie et de l’amour fait place à la quête du confort. Le cheval fou se met au pas et tire de l’épaule la charrue du temps qui passe. Nos cheveux fous sont devenus lisses, puis épars; nos excès de rage sont devenus indifférence, cynisme; nos joies sont devenues sommeil.

 

Rien n’a pourtant réellement changé et tout est si différent. Le soleil brille moins loin et les étoiles se voilent. Et l’on ronfle. Et l’on fuit. Sans faire de bruit. Vers la nuit. La pénombre la plus profonde, et la plus chaude. On vendait son lit pour acheter du papier, on vend maintenant notre âme pour acheter des livres. Des livres que d’autres ont écrits et que jamais l’envie ne nous prendrait d’écrire. C’est l’histoire de Tytire, c’est l’histoire d’Oreste, c’est l’histoire la plus triste qui baigne dans notre indifférence. Tout est raison et pourtant rien n’a de sens. Enterrez-nous donc nous sommes déjà morts! Le vin est bon, la chaire est copieuse, mais le lit est froid lorsque nous n’y rêvons plus. Et l’on glisse dans ce que d’aucuns ont déjà baptisé l’absurde. L’âge de raison a eu raison de nous, de tout ce qui, hier encore, nous tenait en vie. Et nous allons de l’école au moulin pour y moudre le grain, notre grain. Le grain qui renferme tant, nous en faisons du pain gras que nous mangeons de nos dents pourries. Le grain qui aurait pu couvrir les landes de nos printemps d’un océan de blé ne germera jamais.

 

Je vous laisse, car la bête crie : je dois retourner à ma raison et oublier ce que je suis. Les arbres semblent mourir à l’automne, les hommes s’ensommeillent pour ne plus jamais se réveiller. Dire que nous avons mis tant d’efforts à fuir la lumière.

 

Peut-être fût-il ingrat cet âge qui nous obligeait à n’être que dans nos rêves, mais il est vraiment débile cet âge qui nous condamne à n’être tout simplement plus.

 

août 2001

Eco comme citoyen

23 septembre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

« My duty as an intellectual is to do good books, but I also have duties as a citizen to write on the political situation: we have to tell aloud that something is rotten in the kingdom of Italy. Your duty is to do your job well and not to live in an ivory tower. »

— Umberto Eco, The Guardian, le samedi 12 octobre 2002.

Giroux au sujet du concept de citoyenneté

14 septembre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

Citizenship, like democracy itself, is part of a historical tradition that represents a terrain of struggle over the forms of knowledge, social practices, and values that constitute the critical elements of that tradition…Once we acknowledge the concept of citizenship as a socially constructed historical practice, it becomes all the more imperative to recognize that categories like citizenship and democracy need to be problematized and reconstructed for each generation.

Giroux, H. A. (2005). Schooling and the struggle for public life: Democracy’s promise and educational challenge (2nd Ed.). Boulder: Paradigm Publishers. (p. 6)

Le cynisme de M. Blais

11 septembre 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

**Le cynisme de M. Blais**

J’ai toujours eu une propension au cynisme et au sarcasme. Depuis tout petit, je suis un vendu. *Charlie hebdo*, le *Canard enchaîné*, la *Soirée est [encore] jeune* sont mes sources d’inspiration. De toute façon, en avril dernier une étude est parue qui me confortait dans mon amour du cynisme et du sarcasme. On y apprenait en effet que les gens sarcastiques seraient plus intelligents et plus séduisants. En toute modestie, j’en suis! Cela dit, je ne pensais jamais me faire damer le pion par un ministre. C’est bien une magistrale leçon de cynisme que nous sert notre bon ministre Blais lorsqu’il prévient les enseignants qu’il y a toujours bien des limites à ne pas franchir et qu’il ne faut surtout pas perturber l’enseignement (2015-08-28). Je suis soufflé!

Son gouvernement est responsable d’une attaque frontale sans précédent contre l’école publique de tous les niveaux d’enseignement par des compressions qui sont dénoncées non seulement par les parents, les enseignants, mais même par des présidents de commission scolaire et le président de la Fédération des cégeps. Pourtant, les moyens de pression pourraient être jugés inacceptables sous prétexte qu’ils viendraient perturber l’enseignement? Quel maître! Bravo l’artiste! Notre bon ministre de l’éducation est-il en train de nous dire que les compressions de son gouvernement n’ont pas d’impact sur l’enseignement? Est-il en train d’affirmer que la tâche des enseignants n’est pas sensiblement alourdie par les compressions de son gouvernement? Notre bon ministre de l’éducation a-t-il l’audace de prétendre que les moyens de pression des enseignants auront plus d’impact sur l’enseignement que les compressions qu’il défend? Franchement, chapeau! « J’aime! » comme dirait mon plus jeune.

Charles-Antoine Bachand,
doctorant en sciences de l’éducation

(LeDroit, 9 sept. 2015)

M. Giddy au sujet de l’éducation pour tous (1807)

9 avril 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

« Un certain Mr. Giddy qui fit par la suite président de la Société royale, fit des objections (il s’agit du projet de loi qui fit présenté au Parlement britannique en 1807, pour la création d’écoles subventionnées) qui auraient pu être présentées en n’importe quel autre pays : « Tout bénéfique que puisse être, en théorie, le projet de donner une éducation aux travailleurs des classes pauvres, il serait préjudiciable pour leur moral et leur bonheur. Il leur apprendrait à mépriser leur tâche dans la société, au lieu de faire d’eux de bons serviteurs pour l’agriculture et d’autres emplois. Il les rendrait rebelles et réfractaires, au lieu de leur enseigner la subordination, comme cela s’est vu dans les comtés industriels. Il les mettrait en mesure de lire des ouvrages séditieux, des livres pervers et des publications contre la chrétienté. Il les rendrait insolents envers leurs supérieurs et, en peu d’années, le législateur serait contraint de lever sur eux le bras fort du pouvoir ».

 

Reinhold Niebhur in. Freire (1973). La pédagogie des opprimés. Maspero, 202 pages.

 

Il semble que M. Giddy ait eu tout à fait raison. Si seulement l’école était demeurée réservée aux élites, nous n’en serions pas à rappeler leur place de serviteurs à ces jeunes, nourris de livres séditieux, qui cherchent plus de liberté et de justice.

 

 

L’école mobilisée pour former des citoyens (Le Monde, janv. 23 2015, Page10)

27 janvier 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

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Fécondité « made in France » (Le Monde, janv. 24 2015, Page4)

27 janvier 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

 

Très intéressante analyse :

       A y regarder de plus près, la carte européenne de la fécondité correspond d’ailleurs étrangement à celle des modes de garde. « En Allemagne de l’Est, la fertilité est plus élevée qu’en Allemagne de l’Ouest, constate Ron Lesthaeghe. La ligne de partage, qui coïncide avec la vieille frontière de la RDA, reflète deux traditions différentes au regard de la prise en charge de la petite enfance : il y avait et il y a toujours beaucoup de crèches à l’Est, peu à l’Ouest. Les contrastes apparaissent également lorsque l’on compare les cantons flamands de Belgique et leurs voisins allemands : la fertilité est plus élevée côté belge, là où les places en crèche sont nombreuses, les journées d’école plus longues et les activités périscolaires mieux organisées, ce qui permet aux femmes de concilier leur travail et leur famille. »

Finalement, le cocktail magique qui intrigue tant les experts coréens ou japonais qui défilent au siège de l’INED n’a rien de mystérieux : en Europe, la natalité est forte dans les pays où les normes familiales sont souples, où les femmes peuvent travailler, où les politiques familiales sont généreuses et où la prise en charge des tout-petits est bien organisée. Dans les pays, pourrait-on résumer, qui se sont adaptés, vaille que vaille, à la nouvelle donne du XXe siècle que représente l’égalité hommes-femmes. « La souplesse des sociétés est un élément très important, résume Laurent Toulemon. Si elles ne parviennent pas à adapter leurs traditions familiales au nouveau contexte politique de l’égalité hommes-femmes, cela entraîne de facto un refus de l’enfant. » Le chemin de la fécondité serait-il plus simple qu’on ne le croit ?

Fécondité « made in France » (Le Monde, janv. 24 2015, Page4)

« La fureur des abrutis »

10 janvier 2015 par Charles-Antoine Bachand Pas de commentaires »

Charb. 2014-12-24 #jesuischarlie

— Charb, Charlie Hebdo, 2014-12-24 [ #jesuischarlie ]