Archive pour janvier 2006

Résultats à 23h32

23 janvier 2006

50+29+105=184 Il est là le pouvoir législatif! Il faut absolument qu’ils s’en rendent compte!

Mes prévisions 2006

22 janvier 2006

Si vous voulez jouer avec moi, voici le formulaire créé par un de mes grands amis!

forumulaire de prévisions

Les avantages d’un gouvernement conservatreur… minoritaire

21 janvier 2006

Je pense — à mon corps défendant — de plus en plus à ce que signifierait un gouvernement conservateur pour les citoyens canadiens. Bien entendu, j’en arrive à la conclusion qu’un gouvernement conservateur majoritaire risque fort d’être désastreux pour les citoyens les plus pauvres. Disons seulement que l’on ne risque pas de voir de sérieux investissements dans le logement social dans les prochaines années.

Ce qui m’intéresse plus cependant, c’est la possibilité d’un gouvernement conservateur minoritaire. Après réflexions, j’en arrive à croire que la chose pourrait présenter des avantages indéniables. Advenant une telle éventualité, il est convenu que les conservateurs auraient l’ensemble des pouvoirs exécutifs (ce qui est substantiel dans notre système gouvernemental), mais le pouvoir législatif, lui, reviendrait entre les mains de ce que nos partis politiques ont de plus progressistes à offrir.

En effet, considérant qu’il demeure quelques progressistes au sein d’un parti libéral en échec et considérant que les députés libéraux, dans l’opposition, auront à la fois plus de latitude pour se payer des législations progressistes et le goût de mettre des bâtons dans les roues des conservateurs en leur montrant qui détient le véritable pouvoir, il apparaît plausible de croire que leur veine progressiste pourra prendre le dessus dans plusieurs débats.

En fait, je crois que, pour la première fois depuis longtemps, l’ensemble des progressistes seront du même côté de la chambre. Bien entendu, cela implique que nous ayons le plus de néodémocrates et de bloquistes possible, mais il apparaît en effet que plusieurs législations qui ne pouvaient faire unanimité en raison du pouvoir que détenait les libéraux reviennent dans le domaine de possible en partageant le pouvoir législatif entre les trois partis de l’opposition, partis qui, convenons-en, ont plus en commun que les partis qui peuplaient l’opposition dans les dernières législatures.

Ainsi, il semble maintenant tout à fait possible de croire qu’un parti d’opposition présente un projet de loi et se fasse épauler par les deux autres partis de l’opposition pour que le projet prenne forme de loi. En fait, en ayant la majorité des voix en chambre, les partis d’opposition se retrouvent dans une position de force extraordinaire. Bien entendu, si les partis d’opposition refusent de travailler de concert, toute cette histoire ne mènera jamais à rien, mais si, par un heureux miracle, ces députés se rendent compte du pouvoir qu’ils acquirent en étant tous du même bord de la clôture, la chose peut être vachement intéressante.

Trauma on Loan

20 janvier 2006

saccoJ’ai déjà parlé de Joe Sacco, ce fameux auteur de bandes dessinées découvert par pur hasard en raison du pseudonyme qu’un jour je choisis de me donner.

J’en vous reparlerai sans doute aussi, mais en attendant, je m’en voudrais de passer sous silence ces 8 planches qu’il offre gratuitement dans le Guardian de ce week-end. Il y traite du témoignage poignant qu’il a recueilli en Irak, d’un homme torturé par les forces états-uniennes pendant des mois. Comme toujours avec Joe Sacco, ce n’est pas nécessairement pour les cœur sensibles.

Le Guardian présente les planches comme suit :

In July 2003, two Iraqi businessmen were seized in Baghdad by US troops. They tell graphic artist Joe Sacco about the beatings, fake executions… and being thrown to lions. (source)

Vous trouverez ces planches ICI.

Il fait toujours plaisir…

20 janvier 2006

Il fait toujours plaisir de voir que l’on se souvient encore de ceux que l’on a tant aimé.

« Il faut également souligner la tradition de la recherche issue du milieu communautaire en Outaouais, qu’illustre avec éloquence le livre de Roger Poirier, “ Qui a volé la Rue Principale ? ”. Cette tradition a été poursuivie par les organisations, telles “ Logement-va-pu ” et l’ADDS avec Bill Clennett. Il serait approprié d’avoir une pensée toute particulière pour ceux qui nous ont quittés, les Roger Poirier, Isidore Ostiguy pour les milieux de la pratique et Marc Bachand, un chercheur engagé. »

Extrait d’un très bon texte de Mme Caroline Andrew sur le site de l’Observatoire sur le développement régional et l’analyse différenciée selon les sexes (ORÉGAND)

Caroline Andrew (2003). La voix des régions! : réflexions sur la nécessité d’une analyse différenciée selon les sexes, l’ORÉGAND, 13 pages.

Que doivent apprendre les élèves?

18 janvier 2006

Je suis à lire le texte de Meirieu dont faisait mention M. Robert Bibeau dans un message à la liste edu-ressources, ce matin. Au fil de ma lecture, je me sens interpellé et rassuré. Des réflexions naissent, des commentaires aussi… J’espère avoir la chance d’en glisser mot plus en détails dans les prochains jours, mais en attendant j’attire votre attention à cet extrait qui me semble d’une importance capitale.

« Que doivent apprendre les élèves aujourd’hui ? On pourrait légitimement considérer qu’à ce niveau de généralité la question n’a pas de sens ? De quels élèves parle-t-on ? A quel âge se situe-t-on ? Dans quel contexte économique et socioculturel ? etc. Ou bien on peut penser, à l’inverse, que les réponses sont trop évidentes pour mériter d’être développées : “ parler, lire, écrire, compter ”. Et, certes, un énorme travail reste à faire dans ces domaines. Mais, pour nous, ces apprentissages instrumentaux, si essentiels soient-ils, n’ont de sens que s’ils s’inscrivent dans un projet global, celui d’une éducation de l’homme pour l’homme, d’une éducation à l’humanité. C’est pourquoi, précisément, la question “ que doivent apprendre les élèves aujourd’hui ? ” n’a de véritable portée que si on la pose au niveau le plus général, si on la radicalise complètement : que doivent apprendre tous les élèves aujourd’hui, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, dans quelque contexte qu’ils vivent ? C’est à ce niveau-là seulement qu’on peut identifier des apprentissages véritablement légitimes parce qu’authentiquement universels… auxquels on pourra ensuite ajouter, évidemment, des apprentissages spécifiques liés aux contextes et aux situations différentes. C’est seulement en posant la question sous l’angle de l’universel qu’on passe du problème des conditionnements nécessaires à celui des apprentissages fondateurs. En d’autres termes, qu’on pose la question du rôle de l’éducation pour l’avenir de l’humanité.

« Le premier apprentissage fondateur est celui du “ vivre ensemble ”. Il suppose la construction lente et progressive des règles de vie commune et, en particulier, de la toute première d’entre elles : le sursis à la violence. Ce sursis est constitutif du passage essentiel de la “ communauté ” à la “ société ”. Il renvoie aux grands mythes fondateurs de toute civilisation : la mise en place de l’agora et du forum où l’on vient débattre dans un espace abstrait – extrait – de la rivalité tribale ; la construction de la Table ronde où viennent s’asseoir les chevaliers en ayant laissé leurs lances à la porte ; la discussion autour de “ l’arbre à palabres ” où l’on apprend à remettre sans cesse en question une décision ; les rituels de politesse dans les combats des arts martiaux qui permettent de ne pas considérer l’adversaire comme un ennemi, etc. Toutes formes de “ retenue ” où l’impulsion suspend le pas, où, comme le dit le philosophe Emmanuel Lévinas, “ l’être renonce à persévérer dans on être ”.

[...]

« Le défi éducatif des vingt années qui viennent peut s’exprimer de manière relativement simple : “ permettre aux enfants du monde de se reconnaître suffisamment semblables pour pouvoir se parler et suffisamment différents pour avoir quelque chose à se dire. ” Mais la facilité de la formulation ne doit pas tromper sur la difficulté de l’entreprise. Raison de plus pour mobiliser, dès maintenant, toutes les énergies sur cet objectif. »

– Philippe Meirieu, L’éducation et le rôle des enseignants à l’horizon 2020.

Quelques planches de belle qualité

18 janvier 2006

Je ne sais pas dans quelle mesure ces documents sont publics, mais il demeure que le commun des mortels peuvent les consulter. Ça vaut le coup d’oeil et ça peut sans doute inspirer plusieurs par la richesse des utilisations qui peuvent en être faites.

10 planches dont :

Pas mal, non?

ide.fr

Rethinking school, vol 20, no 2.

14 janvier 2006

rsJ’ai reçu, hier, le nouveau numéro du magazine Rethinking school.

Le numéro est maintenant ne semble par encore être en-ligne sur le site de Rethinking school (l’image ci-contre représente donc la couverture du numéro précédent), mais il paraît être des plus intéressants et j’espère avoir le loisir de vous reparler. Il s’agit en fait d’un numéro spécial traitant de la qualité de l’enseignement des différentes définition que peut prendre ce concept.

Khrouchtchev au sujet de la guerre…

14 janvier 2006

Étrange… deux fois cette semaine, j’ai croisé le chemin de Khrouchtchev… C’est sans doute ce qui explique mon intérêt soudain à relire la correspondance entre le chef d’État soviétique et le héros états-unien Kennedy lors de la crise des missiles cubains d’octobre 1962. Il est possible de trouver copie de ce curieux échange épistolaire sur le site de la John Fitzgerald Kennedy Library.

Quelques extraits des lettres de Khrouchtchev m’ont particulièrement impressionnés.

but if indeed war should break out, then it would not be in our power to stop it, for such is the logic of war. I have participated in two wars and know that war ends when it has rolled through cities and villages, everywhere sowing death and destruction. [...]

Armaments bring only disasters. When one accumulates them, this damages the economy, and if one puts them to use, then they destroy people on both sides. Consequently, only a madman can believe that armaments are the principal means in the life of society. No, they are an enforced loss of human energy, and what is more are for the destruction of man himself. If people do not show wisdom, then in the final analysis they will come to a clash, like blind moles, and then reciprocal extermination will begin. [...]

If, however, you have not lost your self-control and sensibly conceive what this might lead to, then, Mr. President, we and you ought not now to pull on the ends of the rope in which you have tied the knot of war, because the more the two of us pull, the tighter that knot will be tied. And a moment may come when that knot will be tied so tight that even he who tied it will not have the strength to untie it, and then it will be necessary to cut that knot, and what that would mean is not for me to explain to you, because you yourself understand perfectly of what terrible forces our countries dispose.

– Lettre de Khrouchtchev à Kennedy datée Moscow, October 26, 1962, 7 p.m.

Cette relecture d’une correspondance oh! combien commentée et analysée m’a beaucoup intéressé (faut dire que j’ai toujours un très grand plaisir à étudier archives et documents d’époque)… Mais je me rends compte que l’idée reçue selon laquelle Khrouchtchev semblait pris de panique pour ensuite se ressaisir et demander le retrait des missiles états-uniens placés en Turquie me semble de plus en plus difficile à accepter.

La lecture que je fais de cette correspondance me porte surtout à juger de la lucidité de Khrouchtchev citant les traités internationaux, l’histoire médiévale, les actions politiques états-uniennes depuis 1918 et appelant à une « compétition » pacifique entre systèmes économiques. S’il bafouille quelques fois, ça semble beaucoup plus en raison de son incompréhension de la réation de Kennedy et de l’énormité des implications qu’elle peut avoir.

Il me semble par ailleurs intéressant de penser que ce dialogue a eu lieu entre un président riche et intellectuel et un secrétaire de parti qui, n’eût été la révolution bolchévique, serait mort analphabète dans une usine ukrainienne… mais bon… J’aime bien ces extraits tout de même.

Diffusion des savoirs de l’École normale supérieure

13 janvier 2006

Il y a quelque temps déjà que mes collègues blogueurs chantent les louanges de l’offre toujours grandissante de podcasts et de vodcasts à saveur éducative. À titre d’exemple, François soulignait l’existence de podscasts universitaires d’une qualité exceptionnelle.

Cette nouveauté — parce que je considère que nous sommes encore à juger du potentiel de ces outils — que sont les podcasts et les vodcasts à saveur éducative s’intègre on ne peut mieux dans le rêve de plusieurs de voir se créer une communauté mettant tout en œuvre pour partager idées et savoirs. Les murs des universités tombent au profit des citoyens!

C’est pourquoi j’étais si content de découvrir ce site de l’École normale supérieure française dans lequel on offre des dizaines de conférences et d’entrevues au seul profit de partage des connaissances et des idées. Le site offre un outil de recherche par mots clés, mais permet aussi de fouiller par thèmes (et des thèmes, il y en a pour les fins et les fous!).

Je me permets d’ailleurs de souligner cette entrevue avec Simone Veil réalisée en avril 2005.

Good stuff!

Diffusion des savoirs de l’École normale supérieure