C’est alors que moi et ma petite famille étions en route vers Montréal jeudi dernier que nous avons tous eu la frousse de notre vie. La peur de ma fille et les larmes de mon fils de 3 ans ne quitteront sans doute jamais mon esprit. En fait, lors de tels événements, les choses se déroulent si vite que la peur ne s’installe qu’après, lorsque l’on prend réellement conscience des risques que nous avons courus et des effroyables conséquences que nous avons évitées.
C’est donc sur la 148, au sortir du secteur Masson, vers 19h30, alors qu’il faisait déjà suffisamment noir pour devoir se fier de façon importante sur les phares et les feux de positions des véhicules pour juger de leurs déplacement que tout s’est joué. Soudainement, comme sorti directement du mur que faisait la nuit à quelques mètres devant nous, ce qui m’a semblé être un véhicule agricole roulant tous feux éteint et sans réflecteur dans la voie de droite, apparue. Trop près et roulant trop lentement pour que je puisse le dépasser de façon sécuritaire. Le tracteur est tout simplement apparu droit devant nous. Avec deux de nos enfants à bord, j’ai tout mis en œuvre pour éviter une collision qui nous aurait projetés à une vitesse de 90 km/h contre le pare-choc de métal de ce tracteur. C’est en esquivant du mieux que je pouvais le véhicule agricole vers la gauche et en tentant d’éviter les véhicules arrivant en sens contraire que notre voiture a initié un tête-à-queue qui nous a ramené vers la droite et nous a violement poussés dans un abrupte fossé.
Le policier qui a étudié les lieux par la suite nous a confirmé que notre voiture a fait quatre tonneaux complets et s’est arrêtée à quelque 103 pieds de la route. Nous avons tous réussi à nous sortir sains et saufs de notre voiture et à remonter la pente vers la route. Deux bons samaritains avaient alors pris la peine d’arrêter leur voiture à proximité pour nous porter assistance… Malheureusement cependant le chauffeur du tracteur qui roulait la nuit sans feux n’est pas resté sur les lieux.
Il s’agit bien entendu d’un accident de voiture parmi tant d’autres. Il s’adonne qu’il nous touche tous un peu plus lorsqu’il s’agit de notre famille et de nos enfants. J’aimerais cependant partager quelques réflexions que j’aies quant à ces événements de jeudi dernier. D’abord, vous ne pouvez savoir à quel point je suis heureux d’avoir pris soin de choisir un véhicule qui saurait protéger ma famille même en cas de grave accidents.
Deuxièmement, je ne peux que réitérer ce que plusieurs savent déjà : il est primordial d’utiliser à tout prix un siège d’auto qui soit adapté à nos enfants (même si certaines vedettes ne le font guère). Il importe de surcroît de s’assurer que ce siège d’auto soit adéquatement ancré selon les spécifications et du fabricant et du manufacturier de notre voiture.
Enfin, j’aimerais sincèrement remercier cet homme et cette femme qui ont pris le temps et ont eu le courage de nous porter secours alors que nous aurions pu être gravement blessés. Vous êtes de ces personnes qui font que notre monde demeure bon malgré ses souffrances. J’aimerais par ailleurs souligner toute ma reconnaissance au policier qui nous a prêté assistances.
Je tiens néanmoins à crier tout mon dégoût envers cet homme ou cette femme au volant du véhicule agricole que nous avons dû ainsi éviter au risque des plus grands périls! Madame ou Monsieur, sachez qu’il y avait deux parents et deux enfants dans cette voiture que vous avez vu prendre le champ en raison de votre stupidité. Sachez par ailleurs que la lâcheté dont vous avez fait preuve en nous laissant à 103 pieds de la route alors que nous aurions bien pu y être morts me donne la nausée. J’espère sincèrement que vous avez perdu le sommeil et que vous ne vous pardonnerez jamais votre couardise. Vous ne méritez tout simplement pas de partager le monde que mon fils et ma fille sont à construire, eux qui ont fait montre d’un si grand courage en gardant le sourire malgré la peur et malgré les heures passées immobilisés sur des planches spinales en ambulance et à l’hôpital. Sachez que si le fait de rouler la nuit sans feux peut être pardonné, rien ne pardonnera jamais le fait de refuser de porter secours à des enfants en ayant besoin, surtout lorsque ce secours, ils en ont besoin en raison de vos actions. Je vous hais. Il doit vraiment être pénible être si lâche.