en 2003, je publiais ma première nouvelle littéraire dans une revue spécialisée (c’est en fait la seule que j’ai réussi à publier, mais il y a si longtemps que je ne m’y suis plus penché). Je n’aime pas vraiment le texte. J’aime l’idée. L’idée était bonne. Il faudra que je la retravaille. J’aurais aimé la partager. Mais, je me rends compte que mon contrat d’édition (et les 100$ qui venait avec) m’empêche de la republier avant 5 ans. Il me reste 2 ans à aller. Dommage.
Bien sûr, vous pouvez toujours essayer de la trouver, mais bon, je ne suis pas bien sûr que ça en vaille la peine. Il faudra que je la retravaille. L’idée est bonne cependant. Bof.
Ah et puis, j’en mets un extrait :
Le Raiatéois prononça alors les mots qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire et dans celle de tout mon peuple. « En cette date du 16 juillet de l’an de grâce 1769, le vaisseau de sa majesté britannique Endeavour, sous le commandement du lieutenant James Cook prend possession de l’île de Huahiné. »
Cette fois-ci les mots étaient tombés comme le fer des Blancs dans mon cœur. Tout devenait maintenant douloureusement clair. Tous nos sacrifices avaient été vains. Le sort de mon peuple s’était joué près d’un siècle plus tôt alors que personne ne s’en doutait. Ce que nous croyions être un symbole de fraternité était en fait le sceau de notre asservissement. Ce que nous avions chéri avec tant de passion s’avérait soudain être le signe même de notre défaite. Depuis cinq générations mon peuple avait vécu sans le savoir dans l’attente de la conquête et les batailles que nous livrâmes depuis l’arrivée de ces Français sur ce que nous croyions être nos terres ne furent en rien pour notre liberté, mais pour la gloire d’un chef lointain qui, fort de nous avoir dupé, ne daigna jamais montrer son vrai visage. Nous étions et furent depuis près d’une siècle, un peuple conquis avant que d’être vaincu.
– Charles-Antoine Bachand, « Le Plateau », Mœbius, no 96, Hiver, pages 31-40.
À la relecture, je remarque que je n’avais pas mis de majuscule à Blancs… J’ai tendance à faire ça. Je mets une majuscule à Noirs, à Juifs, à Amérindiens, mais rarement à Blancs ou à Catholiques. Un peu comme j’écris généralement citoyens au pluriel. Sans y penser.

