Archive pour septembre 2008

Mes logiciels pour iPod Touch

28 septembre 2008

Une société qui passe du militarisme à la militarisation

26 septembre 2008

La série Ideas de la radio de CBC est souvent particulièrement intéressante parce qu’elle nous offre la possibilité d’explorer des questions en prenant le temps qu’il faut pour mieux cerner leur problématique.

Récemment, Ideas consacrait 2 heures sur le passage du militarisme à la militarisation des sociétés occidentales[1]. Mary O’Connell fait un travail remarquable de lier les thèses de Arendt et des exemples récents des militarisations de nos sociétés (l’apparition des uniformes et des pratiques de «lock down» dans nos écoles ou l’omniprésence des caméras de surveillance) avec ce que vivent nos écoles, l’expérience de Milgram et les écrits récents du pédagogue critique Henry Giroux.

The Surveillance Society. The New Authoritarianism. The Age of Paranoid Politics. These are just a few of the ways writers and thinkers describe the age we’re now living in. The signs of anxiety and fear in this post 9-11 era are all around us. School lock-downs are called the new fire-drill. Recently, many schools boards in Canada made rehearsing the lock-down mandatory. The number of security staff in schools is increasing every year. By 2010 for example, there will be more security guards than teachers in American schools. But, the uniforms aren’t just being worn by security staff. More and more American public schools have adopted uniforms for students. Meanwhile the U.S. army is embedding itself in schools – targeting younger and younger students for recruitment. In Canada recruitment comes through video games that inform, entertain and seduce “action-focused males starting at 17 years old”.

— Mary O’Connell, «The Suspect Society», Ideas, CBC radio.

Lors d’un voyage en autobus ou d’un aller retour à l’épicerie, payez-vous le luxe d’écouter ne serait-ce que le premier épisode (disponible ICI et dans iTunes)[2].

Notes

[1] Mary O’Connell, «The Suspect Society», Ideas, CBC radio.

[2] Si vous peinez à trouver une version de cet épisode, faites-moi signe, je vous l’enverrai.

Le pouvoir de changer – La publicité du NPD

25 septembre 2008

Décidément, le NPD fait de joliment de belle pub durant la présente campagne.

Je partage celle-ci avec fierté! Du beau boulot!

Foucault au sujet de la déviance…

23 septembre 2008

Pour faire suite à mon billet précédent[1], je me permets de rappeler que Michel Foucault a aussi un travail exceptionnel sur l’importance justement des mesures mises place depuis le Moyen Âge pour « réguler » la déviance et voir au maintien de l’ordre public.

Dans Surveiller et punir, il écrivait par exemple :

L’adversaire du souverain, puis l’ennemi social s’est transformé en un déviant, qui porte avec lui le danger multiple du désordre, du crime, de la folie. Le réseau carcéral couple, selon les relation multiples, les deux séries, longues et multiples, du punitif et de l’anormal. (p. 351)

Il convient par exemple de se rappeler que Pancho Villa, héro de la Révolution mexicaine, était essentiellement, avant le Révolution, un bandit de grand chemin, un bandit qui serait enfermé dans n’importe quelle société du monde.

Ajoutons à cette notion de déviance l’importance de la Normal et de la discipline :

La discipline fabrique des corps « dociles ». La discipline majore les forces du corps (en termes économiques d’utilité) et diminue ces mêmes forces du corps (en termes politiques d’obéissance). D’un mot: elle dissocie le pouvoir du corps; elle en fait d’une part une « aptitude », une « capacité » qu’elle cherche à augmenter; et elle inverse d’autre part l’énergie, la puissance qyu pourrait en résulter, et elle en fait un rapport de sujétion stricte. (p. 162)

Toujours pour rester dans la sphère foucaldienne, un petit exercice:

  • Identifions des situations quotidiennes où l’on compare un individu, ses comportements ou ses productions à une norme étalon.

To be a hero, you have to learn to be a deviant!

23 septembre 2008

J’adore la psychologie sociale! Elle nous offre tant d’outils pour comprendre notre monde et comprendre le rôle que nous y jouons… souvent malgré nous. Elle nous rappelle que nous sommes des êtres résolument sociaux, des êtres qui sont issus de nos communautés, influencés pour notre monde et qu’il est primordial de tenir compte de cette réalité lorsque vient le temps d’étudier les comportements humains.

Comme j’en ai parlé ailleurs[1] [2] [3], la psychologie sociale nous offre des outils d’une puissance hors du commun pour bien cerner les dangers de réduire, comme nous le faisons trop souvent, nos actions à notre seule responsabilité individuelle. Au cours des dernières décennies, le mouvement de psychologisation aura fait de la psychologie traditionnelle une sorte de PacMan gobant tout sur son passage, réduisant nos sociétés à de simples amalgames d’actions individuelles sans égard à l’influence du contexte sur nos actions. On a fait — et faisons toujours — grand cas de l’ordre, de la norme et de l’importance de ces concepts pour assurer la paix sociale de nos sociétés modernes. Ce n’est pas sans raison que ces concepts sont fort appréciés par la droite conservatrice. En effet, ces mêmes concepts ont aussi comme revers les dangers de l’obéissance, de la soumission ou plus simplement du conformisme.

La psychologie sociale sert de remède à ces maux et aux dangers qui leur sont inhérents. Elle nous apprend que le contexte a, malgré nous, une incidence majeure sur les décisions que nous prenons. Elle nous apprend aussi les dangers qu’un enseignant, un travailleur social ou un policier fait courir à la société lorsqu’ils usent de son pouvoir pour faire régner l’ordre ou plus simplement la norme. Ces apprentissages sociaux que nous valorisons risquent, et la démonstration scientifique a été plus que faite, de nourrir l’indifférence, l’apathie, voire même l’obéissance servile chez des individus autrement doter de raison et de convictions. L’histoire nous montre les conséquences désastreuses de la servilité.

Encore une fois, une conférence de la TED illustre mon propos. Malgré que le conférencier est par trop ancré dans des concepts judéo-chrétiens un peu démodés, il montre magnifiquement les dangers de la soumission librement consentie et l’importance d’enseigner ses dangers. Le chercheur termine en effet son allocution à lançant un : « To be a hero, you have to learn to be a deviant, because you’re always going against the conformity of the group. » qui devrait résonner chez tous ceux et celles qui ont à cœur un système d’éducation qui saura faire des citoyens éclairés et actifs.

Attention : la section traitant d’Abu-Graïb demeure difficile à regarder malgré les coupures de la TED


Vous connaissez la chanson de Bécaud, L’Indifférence ?

Je vote pour la science!

23 septembre 2008

banniere.jpg

Un message reçu de l’Agence science-presse.

500 personnes, une députée et une vague à Sherbrooke, signent Je vote pour la science!

La pétition Je vote pour la science, qui en appelle à un débat public sur la science entre les candidats aux élections, a franchi en fin de semaine le cap des 500 signatures. De ce nombre, une première députée, et pas moins de 25 professeurs de l’Université de Sherbrooke ont signifié leur appui.

Marlene Jennings, députée libérale de Notre-Dame-de-Grâces-Lachine, a en effet ajouté son nom aux signataires la semaine dernière. De même qu’Alexandre Boulerice, candidat du NPD dans Rosemont-Petite-Patrie. Parallèlement, de Sherbrooke, les signatures de professeurs et d’étudiants affluaient, plaçant pour l’instant cette université en t députée, et pas moins de 25 professeurs de l’Universiête de liste pour le nombre de signataires.

Initiée par l’Agence Science-Presse ( http://www.sciencepresse.qc.ca ) et inspirée de l’initiative américaine ( http://www.sciencedebate2008.com ) Science Debate 2008, Je vote pour la science en appelle à un débat public au cours duquel les candidats aux prochaines élections, aussi bien québécoises que canadiennes devront partager leur vision sur l’environnement, la santé et la médecine, la science et la technologie.

« La science et la technologie sont et seront au coeur de la plupart des enjeux et des défis que nous réserve le futur », écrit Normand Baillargeon, auteur bien connu et professeur à l’Université du Québec à Montréal. « Refuser d’en débattre collectivement, c’est refuser de faire bénéficier la conversation démocratique de certaines des lumières qui lui sont indispensables si elle ne veut pas sombrer dans la propagande. »

Plus tôt cette année, l’Acfas (Association francophone pour le savoir) est devenue la première organisation à annoncer son appui. La semaine dernière, la directrice générale de l’Agence Science-Presse, Josée Nadia Drouin, et le président de l’Acfas, Pierre Noreau, ont accordé une entrevue à l’émission Les Années-lumière (Radio-Canada), qu’on peut écouter ici: http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/anneeslumiere/niveau2_liste16_200809.shtml

Pour en savoir plus, lisez la liste des sept enjeux qui pourraient animer les candidats: http://jevotepourlascience.blogspot.com/2007/01/je-vote-pour-la-science.html

Signez la pétition! http://jevotepourlascience.blogspot.com/

Parlez-en sur votre blogue ou signalez-le aux blogues que vous savez être sympathiques à la science!

Pour information:
Josée Nadia Drouin
Agence Science-Presse
nadia@sciencepresse.qc.ca

Benjamin Zander: Classical music with shining eyes

10 septembre 2008

Une magnifique vidéo avec un homme tout aussi magnifique. 20 minutes vachement bien perdues. Merci Jacques Cool.

Accélérateur de particules Google

10 septembre 2008

J’adore l’image de Google d’aujourd’hui.

google.png

Un CP barré?

8 septembre 2008

Une des particularités d’être conseiller pédagogique, c’est le fait que nous nous retrouvons très souvent à jouer un rôle «d’entremetteur» entre la direction et les enseignants. À ce titre, il n’est pas rare de devoir justement rappeler à certains enseignants que nous ne sommes pas de l’administration. Ce qui est tout à fait juste! Il demeure cependant certains CP qui comprennent parfois mal cette distinction et qui se trouvent bien heureux de faire comme s’ils avaient une quelconque autorité. Or, ce que ces CP comprennent mal, c’est que dans ce cas, autant travailler seul dans son coin! En effet, un CP qui n’est pas en mesure d’avoir la confiance des enseignants et qui peine à se faire recevoir par ceux-ci se coupe lui-même de sa principale fonction et ne pourra que rester dans son bureau à palabrer avec les quatre murs.

Cette semaine, nous avons la visite d’un CP d’un autre cégep. Un mec bien. Alors que nous discutions justement de cette facette commune de notre travail, ce sympathique CP nous a merveilleusement servi une phrase que j’aime de plus en plus: «Et si tu es barré chez les profs, eh bien, tu es aussi bien d’appliquer sur un poste d’adjoint!»

J’adore!

La religion comme médicament (ou drogue)

7 septembre 2008

Intéressante citation que rejoint exactement comment je m’explique que certaines personnes, qui autrement semblent parfois tout à fait saines, s’enlisent dans un discours où la rationalité ne joue plus aucun rôle et, donc, où toute discussion devient impossible.

MAX BLUMENTHAL: [...] And I asked this woman, you know, “Your daughters have pledged to stay pure until marriage, but what about Sarah Palin’s daughter?” And she said, “Well, this happens a lot, you know, in our communities. And Sarah Palin is at least practicing what she preaches by not having an abortion.” And so many of the people I speak—I talked to in the Christian right, they have a born-again experience, where they go through a personal crisis, and they use this evangelical religion to medicate their crisis. So, in a sense, this scandal could actually be an asset for Sarah Palin.

Democracy Now!, 2 sept. 2007.

Bien entendu, on peut alors repenser à la célèbre phrase de Marx qui soutenait que la religion était l’opium des peuples parce qu’elle servait de drogue pour cacher une douleur qui pouvait très bien être réelle.