J’adore la psychologie sociale! Elle nous offre tant d’outils pour comprendre notre monde et comprendre le rôle que nous y jouons… souvent malgré nous. Elle nous rappelle que nous sommes des êtres résolument sociaux, des êtres qui sont issus de nos communautés, influencés pour notre monde et qu’il est primordial de tenir compte de cette réalité lorsque vient le temps d’étudier les comportements humains.
Comme j’en ai parlé ailleurs[1] [2] [3], la psychologie sociale nous offre des outils d’une puissance hors du commun pour bien cerner les dangers de réduire, comme nous le faisons trop souvent, nos actions à notre seule responsabilité individuelle. Au cours des dernières décennies, le mouvement de psychologisation aura fait de la psychologie traditionnelle une sorte de PacMan gobant tout sur son passage, réduisant nos sociétés à de simples amalgames d’actions individuelles sans égard à l’influence du contexte sur nos actions. On a fait — et faisons toujours — grand cas de l’ordre, de la norme et de l’importance de ces concepts pour assurer la paix sociale de nos sociétés modernes. Ce n’est pas sans raison que ces concepts sont fort appréciés par la droite conservatrice. En effet, ces mêmes concepts ont aussi comme revers les dangers de l’obéissance, de la soumission ou plus simplement du conformisme.
La psychologie sociale sert de remède à ces maux et aux dangers qui leur sont inhérents. Elle nous apprend que le contexte a, malgré nous, une incidence majeure sur les décisions que nous prenons. Elle nous apprend aussi les dangers qu’un enseignant, un travailleur social ou un policier fait courir à la société lorsqu’ils usent de son pouvoir pour faire régner l’ordre ou plus simplement la norme. Ces apprentissages sociaux que nous valorisons risquent, et la démonstration scientifique a été plus que faite, de nourrir l’indifférence, l’apathie, voire même l’obéissance servile chez des individus autrement doter de raison et de convictions. L’histoire nous montre les conséquences désastreuses de la servilité.
Encore une fois, une conférence de la TED illustre mon propos. Malgré que le conférencier est par trop ancré dans des concepts judéo-chrétiens un peu démodés, il montre magnifiquement les dangers de la soumission librement consentie et l’importance d’enseigner ses dangers. Le chercheur termine en effet son allocution à lançant un : « To be a hero, you have to learn to be a deviant, because you’re always going against the conformity of the group. » qui devrait résonner chez tous ceux et celles qui ont à cœur un système d’éducation qui saura faire des citoyens éclairés et actifs.
Attention : la section traitant d’Abu-Graïb demeure difficile à regarder malgré les coupures de la TED
Vous connaissez la chanson de Bécaud, L’Indifférence ?

Bonsoir Charles-Antoine,
« On a fait — et faisons toujours — grand cas de l’ordre, de la norme et de l’importance de ces concepts pour assurer la paix sociale de nos sociétés modernes. Ce n’est pas sans raison que ces concepts sont fort appréciés par la droite conservatrice. En effet, ces mêmes concepts ont aussi comme revers les dangers de l’obéissance, de la soumission ou plus simplement du conformisme. »
Dans le même ordre d’idée:
« 2° J’ai dit ensuite que l’existence d’une criminalité avait une utilité généralement indirecte et quelquefois directe; indirecte, parce que le crime ne pourrait cesser d’être que si la conscience collective s’imposait aux consciences individuelles avec une autorité tellement inéluctable que toute transformation morale serait rendue impossible ; directe, en ce que parfois, mais parfois seulement, le criminel a été un précurseur de la morale à venir. »
Émile Durkheim (1895); «Crime et santé sociale»
Une de mes grandes découvertes de mes premières années universitaires.
Oups, j’ai oublié de mettre le lien vers le texte de Durkheim. Le voici:
http://classiques.uqac.ca/classique...
Magnifique!
Merci cher ami!!!