Depuis maintenant plus de 50 jours les travailleuses et travailleurs du la société de transport collectif OC Tranpo d’Ottawa sont à leur poste… sur les lignes de piquetage. Dès les débuts de cette grève, les médias et les autorités ont mis l’accent sur l’impact qu’a ce mouvement de débrayage chez les employés d’OC-Tranpo sur les citoyens de la région de la Capitale nationale. Encore récemment, Radio-Canada (désolé, je ne n’écoute jamais autre chose) organisait un « forum » où la société d’État invitait les citoyens à exposait au grand public les maux que leur cause cette grève. On y demandait comment on vivait ce débrayage, si les employés avaient le droit faire la grève, si les transports collectifs devaient dorénavant être considérés comme des services essentiels, etc. Lors de cet exercice, comme depuis plus de 50 jours maintenant, les grands absents de ces discussions sur la place publique demeurent les véritables responsables de cette triste situation qui nuit à tous les citoyens de la région!
Depuis plus de 50 jours, on nous rabat les oreilles au sujet des méchants syndiqués qui nuisent à la quiétude générale. Depuis plus de 50 jours, on nous rappelle à quel point nous souffrons tous en raison de cette décision étrange des employés d’OC-Transpo de quitter le travail en décembre dernier. Pourtant, au cours de ces deux mois jamais il ne fut mention de la responsabilité de chacun d’entre nous dans cette histoire. Qu’avons-nous fait, nous, pour aider à régler ce conflit de travail désastreux? Comment sommes-nous intervenus au cours des dernières semaines auprès des élus d’Ottawa, ceux qui détiennent le réel pouvoir de régler ce conflit, pour leur demander de négocier honnêtement avec leurs employés? Combien d’entre nous s’est demandé si le fait d’avoir élu, il y a quelques années, un maire issu de l’entreprise privée et résolument ancré dans une optique de relation de pouvoir (et cde n’est pas la première fois qu’il le démontre!) avait eu un impact sur le cours des négociations entre les employés d’OC-Transpo et la municipalité? Est-il possible de croire que certaines des décisions que nous avons prises collectivement comme citoyens de la région auraient une incidence sur ce que nous vivons? Avons-nous, aussi, une part de responsabilité?
Les vrais responsables du conflit de travail actuel chez OC-Transpo, ce ne sont pas les employés qui, en somme, demandent ce que chacun d’entre nous aimerait avoir dans nos milieux de travail : un minimum de respect pour le travail accompli, un minimum de contrôle sur nos conditions de travail et la possibilité de négocier honnêtement. Non! Les vrais responsables de ce que vit la région depuis plus de 50 jours, ce sont nos élus, ce maire O’Brien, qui se complaît dans une situation de relation de pouvoir et nous, qui n’avons pas su appuyer les employés d’OC-Transpo plus tôt en exigeant de nos élus qu’ils négocient pour que nous n’ayons pas à souffrir cette situation plus longtemps!
Si OC-Transpo a su doter Ottawa d’un réseau de transport collectif qui fait l’envie de plusieurs des grandes villes du Canada avec tout ce que ça implique d’organisation et de coordination, pourquoi serait-il si complexe de permettre aux employés d’avoir leur mot à dire quant à leurs conditions quotidiennes de travail? Étonnamment, depuis près de deux mois, personne n’a souligné la détermination des syndiqués d’OC-Transpo. Ils ont su demeurer solidaires sous un froid hors du commun, sous un tapage médiatique ne leur laissant que rarement la parole et même sous une pluie de menaces et de violence physique et verbale. Il est grandement temps d’enfin identifier les vrais responsables de ce que vit la région et d’intervenir pour que les employés d’OC-Transpo puissent retourner au travail.
