Conférence d’AbouSoufian Abdelrazik en Outaouais
Le samedi 3 octobre à 13 h : Briser le silence et mettre fin à la peur. Université du Québec en Outaouais, boul. Alexandre Taché Salle C-0416
Abousfian Abdelrazik, de retour depuis peu d’un exil forcé de 6 ans au Soudan, sera en tournée au Québec et au Canada, du 24 septembre au 15 octobre, accompagné de membres du projet Retour au bercail. Malgré le fait qu’Abdelrazik soit maintenant de retour au Canada et qu’il ait pu retrouver sa famille, son nom demeure sur la liste 1267 de l’ONU et personne n’a été tenu responsable pour les graves injustices et les violences dont il a souffert. Alors qu’il entreprend des démarches afin que sa famille et lui-même puissent à nouveau vivre pleinement dans la dignité et le respect de ses droits les plus élémentaires, le projet Retour au bercail organise cette tournée pour qu’il puisse rencontrer les gens qui l’on soutenu et raconter son histoire en personne. Plus que tout, cette tournée vise à contribuer à briser le silence et la peur, conséquences directes de l’injustice et du racisme propagés au nom de la «sécurité nationale » au Canada. Cette tournée vise à encourager toutes les personnes à se réunir, s’exprimer et résister.
Archive pour septembre 2009
Conférence d’AbouSoufian Abdelrazik en Outaouais
20 septembre 2009Au sujet de l’émission de Mme Charette de jeudi dernier portant sur le renouveau pédagogique
20 septembre 2009
Je viens de me payer le débat sur le renouveau pédagogique de jeudi dernier à C. Charette en faisant le ménage de la voiture.
C’était beaucoup mieux que je l’ai craint. Un peu comme si, lorsque venait le temps de défendre leur position, ceux qui s’opposent au renouveau s’essoufflent. J’ai bien aimé que Boutin nous explique la vaste histoire du socioconstructivisme tout comme j’ai aimé les nuances apportées par Lafortune au sujet de ce qu’elle n’appelle pas une approche. J’ai aussi beaucoup aimé l’exemple de Desjardins quant à sa progression dans le changement au cours des trois dernières années. Voilà un exemple fort pertinent et qui montre à quel point toute cette histoire est bien loin d’être une forme de magie noire.
Je trouve cependant dommage qu’on n’ait pas eu la chance de démolir l’exemple du père qui disait que son bacc. en rédaction française ne lui servait à rien lorsque venait le temps d’aider sa fille avec ses devoirs. Comme si la linguistique et la grammaire, comme n’importe quel champ d’études, n’étaient pas dynamiques et, partant, en évolution constante. Sans compter que les changements à l’enseignement du français langue première ont été réalisés avant l’implantation du renouveau pédagogique (en 1995, ce me semble!). Dommage aussi que personne n’ait eu la chance de profiter de la porte ouverte par la dame, mère de jumeaux, qui expliquait essentiellement — et le prof de français a tenu un argument similaire — que le renouveau était un échec parce que chaque enseignant l’appliquait à sa façon! Hilarant! Si le renouveau avait laminé toutes les autres pratiques, serait-il meilleur?
J’ai, en ce sens, assez mal compris ce que reprochait l’enseignant de français au renouveau pédagogique… La nouvelle grammaire? La nouvelle orthographe? Les compétences? Il semblait appliquer certains changements sans s’en rendre compte… À moins qu’il en voulait simplement au fait que l’on remettait en question ses pratiques enseignantes. Ce qui était clair cependant, ce fut son malaise quant à ce qu’il décrit comme était le dogme du socioconstructivisme dans la formation des maîtres. Étrange commentaire qui non seulement se base sur une assez mauvaise compréhension de ce qui se passe en formation des maîtres et semble aussi oublier que pour plusieurs futurs enseignants, la seule approche qu’ils ont vécue en était une qui était magistro-centrée. Cela dit, il était loin d’être clair que ce même enseignant pratiquait ce qu’il prêchait, à savoir une certaine diversité dans ses approches.
Outre ça, je n’ai pas vu beaucoup de force dans les arguments des tenants du « contre », mais je crains que ce ne soit suffisant pour convaincre la population que nous sommes sur une voie intéressante avec le renouveau. Je crois qu’il nous faudra un jour attaquer de front ce qui est véritablement mal compris et perçu par la population, soit les compétences transversales ou toute la question des bulletins. Étrangement, nous évitons ces sujets alors que nous avons tous les outils pour présenter les tenants et aboutissants réels des débats initiés autour de ces sujets. Il est en effet relativement simple d’expliquer, en discréditant ceux qui soutiennent la chose incompréhensible et risible, la notion des compétences transversales. Il en va de même, ce me semble, pour le débat sur les bulletins et, partant, sur l’évaluation.
Un bel exercice donc, mais je ne suis pas convaincu qu’il permettra de faire remonter le renouveau pédagogique dans les sondages…
image : Ernesto MoralesEncore les connaissances et la culture générale…
18 septembre 2009Ce matin à Christiane Charrette, nous avons encore dû subir notre dose hebdomadaire d’inepties au sujet de la « réforme » — qui, soit dit en passant, n’est plus une réforme, mais bien le programme officiel du MELS. Tant de commentaires si peu éclairés sur le renouveau pédagogique, c’est à pleurer.
J’aimerais d’abord rappeler à Mme Petrowski qu’elle peut décrier le manque de culture générale des collègues de classe de son fils autant qu’elle le voudra, ça ne changera pas le fait que les élèves qui ont vécu le renouveau pédagogique ne sont pas encore au collégial! Si ces jeunes sont si ignares, ce n’est pas « la faute de la réforme » cette fois.
Par ailleurs, j’aimerais bien savoir quelles études permettent à Mme Legault, du haut de sa tribune, de déclarer l’échec du socioconstructivisme. Bien entendu, si l’on se borne à voir l’école comme un entraînement pour répondre aux questions de Génie en Herbe ou à celles de Jeopardy, on peut se poser des questions quant à la puissance du socioconstructivisme. Or, je suis loin d’être convaincu que le rôle de l’école se limite à répondre à des questions de « culture générale ». Si l’école est plutôt vue comme le principal outil que nous ayons pour construire la société de demain et pour faire en sorte qu’elle soit meilleure que celle d’aujourd’hui, alors là, on doit admettre que de ce limiter à « acquérir des connaissances » est un brin handicapant. Certains seront sans doute un peu surpris d’apprendre que ce qui fait une science ce n’est pas uniquement une somme de connaissance, mais bien une méthode (qui peut même permettre de remettre en question des parties du cadre théorique de son champ d’études). Or, l’enseignement d’une science exige nécessairement qu’on s’attarde aussi à ses méthodes et à son fonctionnement… et non seulement aux conclusions qu’elle tire à un moment donné de son histoire. On se targue de vouloir des citoyens qui soient critiques. Comment être critique si l’on vous a appris depuis des années qu’il n’y avait qu’une bonne réponse possible à une question donnée ou si l’on vous a fait croire que les connaissances étaient objectives et fixées une fois pour toutes? L’enseignement des méthodes permet d’éviter cette embuche. Un cadre théorique avec une méthode permettra à l’étudiant de savoir comment réagir face à une nouvelle situation, à un nouveau discours ou même face à un « fait » que la science vient nuancer (pourquoi ne plus célébrer Dollard des Ormeaux?).
Si la notion de « culture générale » est quant à elle fort sympathique et qu’il est impératif que plus de citoyens puissent y avoir accès, elle est aussi un outil particulièrement utile lorsque vient le temps de déterminer qui fait partie de l’élite et qui doit en être exclu. Sans compter que celui qui a une bonne culture générale a tout le loisir de déclarer que seule cette culture générale a quelque mérite ! Et si je vous disais que la culture générale a tendance à toujours faire des exclus ? Savoir que la communauté juive est au Québec depuis la fin du XVIIIe siècle, est-ce de la culture générale ? Le saviez-vous ? Êtes-vous ignares pour autant ? Et qui était cet anarchiste assassiné dans les rues de Québec par les forces policières à la fin du XIXe siècle ? Édouard Beaudoire, ça sonne une cloche? Qui était Kondiaronk? Saviez-vous que les routes commerciales et diplomatiques des Premières Nations couvraient l’ensemble de l’Amérique du Nord? Étrangement, cette «culture générale» ne semble pas aussi importante que celle de savoir qui a été Frontenac ou ce que fit Iberville.
La culture générale est une question de choix. Un groupe décide ce qui fait ou non partie de la culture générale à acquérir et fait ce choix à même sa propre culture générale. Pourtant, ce faisant, il exclut grand nombre d’événements ou de savoirs tout aussi importants. Miser sur les méthodes, sur ce qui fait réellement une science et un champ d’étude dans l’espoir de permettre aux étudiants de construire leur culture générale et, surtout, d’être à même de réfléchir autrement que dans le seul objectif de compléter avec succès le prochain examen, voilà un mandat digne de l’école publique!
L’apprentissage…
9 septembre 2009Lors d’une discussion avec une enseignante de Techniques d’éducation à l’enfance aujourd’hui, elle me servit une image et une idée qui mérite que l’on s’y attarde.
Lorsqu’un enfant apprend à manger avec une cuillère et qu’il se met des patates partout dans la figure, on ne se fâche rarement. On comprend que l’enfant est en apprentissage. Pourquoi en serait-il autrement de l’enfant qui apprend à vivre avec les autres? Un enfant qui crie, saute et dérange les autres est aussi en apprentissage. Il faut être aussi compréhensif avec lui qu’avec l’autre qui se couvre de patate.
J’adore! Tant de beauté dans un cégep!
