Archive pour octobre 2009

Petite vidéo de Trotsky

28 octobre 2009

Non mais! Comment enseigner l’histoire sans Youtube?!?

street view

27 octobre 2009

Tiens. La maison de ma belle-mère est sur street-view… avec la voiture du beau-frère devant ;)


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Rencontre du Front commun en Outaouais

27 octobre 2009

250 personnes!Belle rencontre ce soir pour les membres du Front commun du secteur public de l’Outaouais. La salle était pleine à craquer pour entendre les représentants des différentes centrales. Louis Roy de la CSN, Daniel Boyer de la FTQ et Gilles Dussault du SISP ont fait applaudir la foule plus d’une fois par leur discours au sujet des prochaines négociations.

Voyez les quelques photos que j’y ai prises!

Selon ces militants de nos centrales, il est impératif de déboulonner les grands mythes concernant les employés du secteur public.

De ces mythes, en voici quelques-uns:

1. Les fonctionnaires se poignent le beigne : Avons-nous vraiment besoin d’en parler! Partout dans le secteur public, on réduit les services depuis des années. Les jeunes quittent en masse le secteur public pour se trouver des employés ayant de meilleures conditions. Nous faisons un travail essentiel et nous avons trop rarement les ressources pour le faire comme il le devrait!

2. Les employés de l’État sont bien payés : L’écart entre le salaire des employés du secteur public et celui des employés du privé est de l’ordre de 7,7%. Point!

3. Les employés du secteur public ont la sécurité d’emploi : Quelle farce! Avec les départs à la retraite sans remplacement et le fait que nous ne sommes plus en mesure d’assurer la relève avec des jeunes qui sortent de nos écoles et de nos universités, elle est belle la sécurité d’emploi!

Louis Roy, de la CSN, nous a par ailleurs rappeler que malgré la crise économique actuelle, le gouvernement Charest s’est amusé à donner quelque 42 milliards de dollars pour les infrastructures à des entrepreneurs privés. Avec une marge de profit de 15%, on parle donc d’environ 6 milliards donnés directement en profit au privé… Les augmentations salariales que nous demandons, pour 475 000 employés qui, eux aussi font rouler l’économie, se chiffrent à à peine 3,3 milliards!

Le gouvernement utilise l’argent dans des magouilles et nous dit ensuite qu’il n’en a plus pour ses employés. C’est à un choix de société auquel nous sommes confrontés! Si, à 475 000 syndiqués, nous ne sommes pas en mesure de rappeler au gouvernement qu’il doit enfin bien gérer l’argent des contribuables et leur donner les services dont ils ont besoin, nous aurons un sérieux problème!

Un intervenant nous a par ailleurs fait remarquer qu’au rythme où vont les choses, on est en droit de se demander si le gouvernement ne met pas tout en oeuvre pour que les services publics soient dysfonctionnels. Lorsque tous les services seront réduits au strict minimum, il sera d’autant plus facile de faire avaler la pilule de la privatisation!

Enfin, un dernier intervenant ajoute : «Le gouvernement Charest est un virus! C’est un virus bien pire que le H1N1!».

C.-A.

Souvenir de jeunesse…

18 octobre 2009

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin avait toujours été un peu bizarre pour nous, les jeunes d’à côté. Il reste au deuxième étage d’une grande maison blanche. Une immense demeure au fond. Beaucoup plus grande que la nôtre. Et le sous-sol y est fini! Une fois, il nous avait fait entrer dans son antre, moi et mon frère. Un superbe appartement. Au fond, une petite cuisine et un perron duquel il s’amusait parfois à viser, sans grand succès les écureuils du coin à l’aide de son fusil à plombs. À droite, en entrant, un puits d’escalier qui monte à la chambre. Une pièce magnifique où l’intimité se commande, comme il se doit, par un rideau de perles de bois. Et les lucarnes! Et au cœur de cet appartement, un salon. Un grand salon au centre duquel trôné un de ces systèmes de son dont rêvent tous les jeunes garçons — et dont je rêve toujours, je dois l’avouer.

— Des JBL! Voilà ce qu’il te faut, Marc. Ton ampli, ça va, mon tes haut-parleurs : ils ne valent pas un clou!

Les haut-parleurs. Un sujet d’une violente polémique entre mon père et le voisin. Une polémique qui animait des débats tout aussi intenses que ceux que j’entendais parfois au sujet d’une révolution qui aurait dû être permanente. Une lutte sans merci. Pionner ou JBL, qui aurait le dessus. Au son, à l’oreille, j’aurais sans hésité cru le voisin. D’autant, que la nuit, ses fichus haut-parleurs pouvaient aussi bien me réveiller à minuit qu’à deux heures du matin. À travers le mur, on entendait surtout la basse, mais tout de même, quelle puissance!

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin était de ces bizarres de types qui sont en mesure de jouer aussi bien au hockey qu’au frisbee en ne portant au pied qu’une paire de pauvres gougounes en caoutchouc ne tenant sur le pied que par un morceau de plastique glissé entre le gros orteil et le majeur du pied. Quelle élégance! Au mois d’août, dans un short Adidas blanc et bleu, il nous ridiculisait tous. Il maniait le frisbee comme Gretzky la rondelle et il pouvait nous crisser toute une volée si nous avions enfin l’audace de lui emprunter ses bâtons d’hockey pour jouer dans la rue.
— À la condition que je joue aussi!

Et tout ça, malgré ses gougounes et son short Adidas blanc et bleu.

Le voisin avait aussi comme caractéristique qu’il vivait toujours dans la maison qui l’avait vu naître. Pas dans le même appartement assurément, mais sa mère et son père vivaient toujours au rez-de-chaussée. Son père était postier. Si j’ai déjà su son nom, il est depuis oublié. Nous l’appelions Monsieur. Les soirs d’Halloween, ils étaient notre premier arrêt. Immanquablement, ils nous faisaient chanter. Pourquoi fallait-il absolument nous faire souffrir ainsi? Nous venions cependant préparés! Une chanson toute prête! Nous avions presque hâte. Faut dire que chanter pour ces voisins c’était tout de même un moindre mal. La voisine d’en face aurait quant à elle bien pu nous manger! Nous étions en effet particulièrement chanceux. Notre pâté de maisons pouvait compter sur les bons services de deux sorcières! La première, à quelques maisons à gauche, ne bornait à nous engueuler lorsque nous marchions sur son trottoir. L’autre, laide, vivait juste en face. Sa maison avait un balcon vert pâle qui n’avait pas été rafraîchi d’une nouvelle couche de peinture depuis des années. Elle ne sortait jamais. Parfois, nous la voyons. Elle semblait vivre avec une autre dame. Sa fille? Une consœur? Il ne nous aurait jamais traversé l’esprit qu’elle aurait pu avoir une amante. Nous n’avions pas l’âge… Nous ne la voyons pour ainsi dire qu’une fois par année : le soir de l’Halloween! Le soir où les sorcières sortaient. Le soir où la gourmandise avait le dessus sur la couardise. Elle pouvait nous manger si elle nous voulait. Un caramel mou et quelques sous pour l’Unicef nous rendaient notre témérité.

— Hé! Ho! Les gars, franchement!

On vient de faire éclater une bouteille vide sur une roche. Nous sommes trois à retenir notre souffle. Quel son! Malheureusement, le frère du voisin au père fonctionnaire a aussi un frère fonctionnaire. L’un au fédéral. L’autre au municipal. Police municipale. Heureusement, il ne vient pas souvent. Il doit voir ses parents une fois par mois. On se tient tranquille. Une journée. Ce qui rend ses visites plus sympathiques cependant c’est que parfois, il vient avec ses filles. Au nombre de deux. Nous sommes trois. Elles sont deux. L’un un brin trop jeune. Elle peut jouer avec le petit frère, pour ce que nous en avons à foutre. L’autre par contre! L’autre, il faut l’épater. Nous avons tout fait pour l’épater. Des folies. Des âneries. Son père lui aura sans doute expliqué quel genre de crétins nous étions.

— J’en vois tous les jours de ces jeunes truands, Marjorie. Fais-moi confiance, ils finiront sûrement en prison.

Échec sur toute la ligne.

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin aura toujours été un assez étrange. Mais nous l’aimions bien. Il est impossible de décrire la fierté que j’ai pu ressentir lorsque j’ai su lui répondre, lorsque j’ai su répondre à cette question qu’il nous posait invariablement. Je savais qu’en répondant, je faisais dorénavant partie d’un groupe bien sélect. De ce groupe de gens qui savent apprécier la musique et qui savent ce qu’est la beauté. Je savais, en répondant, que le voisin, aussi bizarre fut-il, allait ressentir une fierté tout aussi puissante que la mienne en pensant à l’éducation musicale qu’il avait réussi à donner au fils du voisin.

— Tarkus. Emmerson, Lake and Palmer.

Enfin. Je l’ai eu. Il prend une autre gorgée de sa bière — de la Bleue — et sourit.

Pourquoi et comment haïr les mathématiques

8 octobre 2009

Depuis le début de l’année, il est entendu que le premier examen (je ne vous en dirai pas la forme!) de «436» (parce que les élèves l’appellent toujours comme ça) servira à séparer le bon grain de l’ivraie.

3h par jour de devoir et d’étude! Vivement ce premier examen pour que l’on puisse enfin avoir du plaisir à comprendre ce que l’on découvre dans ce merveilleux monde des mathématiques!

Fat chance! L’enseignement est si rapide, l’examen si salaud : impossible que tous réussissent. Et de toute façon, c’est l’objectif avoué depuis le début. La classe de 40 élèves ne compte même pas assez de tables pour tous les élèves. Inutile de pallier à ce petit problème, dans quelques semaines, on aura sûrement plus de place. Le premier examen se chargera de faire le tri.

Le drame pour les élèves, c’est que, non seulement le cours est rapide et qu’ils veulent réellement réussir (et travaillent vachement fort pour ce faire — une élève au bras cassé aura assisté à son cours de math alors qu’elle devait être en convalescence!), mais qu’en plus, ils font face à l’élimination. C’est les séries en début d’année! Et ce n’est pas une mince histoire. C’est les séries de leur vie. S’ils échouent ce premier examen, ils seront invités à quitter non seulement les «436», mais aussi le programme dans lequel ils se sont inscrits! Adieu les amis! Ça fait trois ans que nous cheminons ensemble, mais voilà, je suis nul en math alors je ne peux poursuivre… (impossible de connaître ce qui fait, selon ces gentils administrateurs, la nécessité de réussir les «436» dans un programme d’éducation à la citoyenneté internationale, mais c’est un autre débat!).

Et voilà, après 5 semaines, sans repos et au rythme d’un stress intense, le verdict tombe : votre enfant est invité à quitter. «Bien entendu, vous comprenez, nous cherchons à éviter les situations d’échecs» Et blablabla et blablabla… Éviter les situations d’échec?!? Depuis 5 semaines, vous les «ridez» comme des mulets au front! Depuis 5 semaines, vous escamotez les questions et roulez à la vitesse grand V! Vous avez au contraire tout mis en oeuvre pour qu’il y ait des échecs! Mais même ça, vous seriez prêts à l’admettre! «Mieux vaut qu’ils échouent ici avant la possibilité d’intégrer l’autre groupe que plus tard» me direz-vous. Mais si réellement telle était votre préoccupation, pourquoi ne pas avoir sérieusement discuté avec les élèves l’an dernier avant qu’ils ne choisissent de faire comme leurs amis et d’entrer en «436» alors qu’ils n’en ont rien à cirer! Et pourquoi exiger les «436» pour tel ou tel programme (surtout lorsque le mandat de ce programme devait être la citoyenneté internationale, non la performance!) au risque, qu’après 3 ans, vous deviez expulser des élèves de leur programme non pas en raison d’un choix de parcours, mais en raison d’un échec ce qui, vous en conviendrez, est tout de même assez différent!

Et le culot ensuite de nous faire parvenir cette lettre. Quelle farce que l’école! Quelle farce que l’enseignement des mathématiques! Votre système est tout simplement inhumain. Il crée des drames humains pour le plaisir de l’épuration et de la classification. Dans votre esprit, quelle finalité pouvez-vous bien croire servir? L’apprentissage? L’enseignement? La réussite de vos élèves?

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The Myths of Digital Literacy (The Agenda, TVO)

2 octobre 2009

Très belle émission avec une discussion très intéressante sur l’impact des TIC sur les compétences en écriture des étudiants.

Conférence de Pascale Otis : Québec-Costa Rica

2 octobre 2009

Gatineau, le mardi 29 septembre 2009 – Le 14 octobre prochain, le Cégep de l’Outaouais accueillera la biologiste Pascale Otis à l’auditorium du campus Gabrielle-Roy dans le cadre d’une conférence s’intitulant De l’Arctique à l’Antarctique : une planète à protéger. Tous les profits de cette conférence iront à l’expédition scientifique Québec-Costa Rica 2010.

La biodiversité au cœur des changements climatiques

Dans le contexte où l’année 2010 vient d’être proclamée Année internationale de la biodiversité par l’Assemblée générale des Nations Unies, Pascale Otis nous entretiendra, visuel à l’appui, de l’importance pour tous de partager nos connaissances scientifiques et de les mettre au service de l’humanité en protégeant au maximum les écosystèmes de la planète.

Pascale Otis, une grande passionnée

Rappelons que Pascale Otis était la biologiste responsable du volet scolaire de l’équipe de Jean Lemire dans le cadre de Mission Antarctique où elle a passé plus de 400 jours à bord du voilier SEDNA IV dans l’archipel Melchior. Pascale est également spécialiste des oiseaux migrateurs. Elle parcourt les deux pôles du globe dans le cadre de ses recherches, l’Arctique canadien avec les oies blanches et l’Antarctique avec les manchots. Elle étudie la résistance aux basses températures de la Grande Oie des neiges et de la Bernache du Canada.

Québec-Costa Rica, un projet unique et rassembleur

Le Costa Rica est reconnu comme le paradis de la biodiversité dans le monde. L’expédition scientifique Québec-Costa Rica 2010 développera la collaboration multidisciplinaire nécessaire à la réalisation de travaux scientifiques scolaires axés sur l’étude de la biodiversité tropicale. Cette expédition scientifique permettra à une équipe de huit étudiants du Cégep de l’Outaouais issus de quatre programmes d’études d’intégrer leurs compétences et contribuera à mettre en valeur la biodiversité mondiale et sa conservation par nos partenaires costaricains.

Les billets sont en vente au coût de 10 $ dans les librairies Coopsco du Cégep de l’Outaouais et de l’Université du Québec en Outaouais. Pour plus de détails sur ce projet consultez le www.quebec-costarica.org.

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Information : François Lahaie

Expédition scientifique Québec-Costa Rica

819 770-4012, poste 2425

flahaie@cegepoutaouais.qc.ca

This is Jeopardy!

2 octobre 2009

In response to John Macfarlane’s Editor’s note in the September 2009 issue of the Walrus Magazine.



We have to admit, we were thrilled to receive our September issue of the Walrus. “Two 18th century soldiers on the cover, this is going to be good!” we thought. We were glad to see that one of our favourite magazines was going to devote an issue to the 1759 Battle of the Plains of Abraham. But then we read the Editor’s note. What ?!? Are we still there? After more than a century of analysis of what history as a science should be?

After the works of Marc Bloch, Foucault, E.P. Thompson, Carr, Collingwood and the like, it seems surreal to see that some still think that the principal reason some people devote their lives to the study of the past is so that everybody will know the narrative of our great nation by heart! “The year of the Canadian Confederation.” “What is 1867, Alex ?” This is not history, its Jeopardy! Would the Editor be shocked to learn that historians and History don’t exist so we can display our vast knowledge or so we can answer Trivial Pursuit questions? History exists so we can understand the world we live in. Macfarlane explains that the Battle of the Plains of Abraham is a “iconic moment in the country’s historical narrative: literally the beginning of the story of Canada.” Brilliant! Had Canada no history before then? Did Canada not exist before 1759? Funny thing, we thought Canada was one of New France’s colonies… and we actually thought that regardless of the issue of the battle, the war was actually won (or lost, it depends) in Europe…

What that short sentence of Macfarlane’s also puts forth is the existence (or lack thereof) of a single or absolute Canadian “historical narrative”. That narrative — who could possibly say the contrary — is made of facts (regardless of our opinions) of our national history. 1759, 1812, 1867, 1982, etc. Well, that’s fine, but where are the women, where are the First Nations, where are the immigrants in this narrative? Easy, the First Nations exist before 1534 (or 1492, it depends on your perspective) and women, well they’re there and then they get the right to vote and, voilà! The idea of a single, common historical narrative is not only narrow-minded and false, it is also dangerous!

What if we put forth an innovative idea ? What if we say that to know the date of Confederation doesn’t help you a bit when comes time to really understand our country and what it is in the 21st century? We’d go even further… what if we say that we don’t care that our students can’t tell the difference between MacDonald and Olivier (as Macfarlane puts it)? What we care about though is that our students understand, really understand that Canada is a nation rich with diversity, a diversity which has often caused problems in our living together but that helped us create a nation like no other..

What needs to be known and taught is not the date of Confederation, but the conditions under which it was achieved. Can we really understand Canada without exploring the importance of the railroad barons in forging this grand and lucrative dream? Shouldn’t we also explore what Confederation really meant for workers, immigrants, First Nations? The 1867 Confederation is an important moment of our history and it needs to be studied — and taught — in context, through the eyes of its actors (all of its actors, those who had power to make it happen, those who resisted, those who had to adapt to its immediate consequences) and the rigorous, methodological analysis of sources, including the interests of their authors. That is the nature of history, historical work, and the core purpose of learning history : to understand human agency in constructing the meaning of our lives, our collective experiences, the historicity of all things human.

As for Macfarlane’s own lament about the National Commission of Battlefields “capitulating” before some sovereignists’ complaint: nobody’s arguing that the outcome of the Battle of the Plains of Abraham is anything else but the complete victory of the British forces. That is not the question! That being said, what Macfarlane chooses to forget, as Granatstein does, is that our brilliant historical narrative tends to put a lid on the suffering of hundreds of thousands of men, women and children that are not of the elite. What the Battle of the Plains meant for thousands was the destruction of their land and homes; just as Confederation meant, for the Métis nation, the beginning of systematic persecution involving our great Mounted Police; or as the colonisation of the St-Lawrence River by the French meant, for the First Nations, a violent restructuring of their way of life, a loss of their land and even death.

If history really is nothing but a sum of facts in a subjective narrative, one could ask why did we not commemorate the Acadian Deportation by such a re-enactment as was planned for the events of 1759? What about a re-enactment of the opening of the first Residential schools? Or a re-enactment of the Battle of Batoche? These are all facts! They are not disputed! Of course that could send a strange message to part of the Canadian population, as a re-enactment of the 1759 Battle would have done… unless, of course, Quebecers aren’t really part of the “historical narrative”. The problem is that the idea of commemorating is intrinsically linked to a positivistic conception of history that belongs more in the field of propaganda than in that of history. A commemoration is always ideologically situated, it serves the purpose of those promoting it. It this case, the people promoting re-enactment would like Canadians to believe that we all see the defeat of the French (and the first Canadiens) at the Plains of Abraham as a positive, nation-building moment. Denying that such an enterprise is ideological in nature does not make it any less so. It only underscores the importance of teaching history not as a chronological alignment of facts, but as human, contextualized, subjective interpretation, only rendered scientific through the use of critical historical method. Had all actors in this story been taught how to think historically and critically, has they had historical consciousness, such commemoration would never have been considered. In sum, if you really need an example of our lack of real historical teaching and learning, it is not to be found in the answers of pollees to absurd questions but in the fact that somebody, somewhere thought that such a re-enactment could actually be a good idea… or even a moral idea!

To be clear, we’re not saying people can’t have heroes or celebrate events, we’re saying that we should probably re-evaluate what we understand to be a “great Canadian moment”. Granatstein’s critique on what social historians have done to the collective psyche of our nation is simply ridiculous! The narrative that he seems to want to glorify and celebrate excludes large numbers of our compatriots! Wouldn’t we be better off celebrating our diversity and the events that really had an importance on our capacity to live together as a nation? But, of course, that means that History as a scientific discipline and as a school subject can’t be a simple game of Jeopardy!




Charles-Antoine Bachand
Education advisor
Cégep de l’Outaouais
cabachand@cegepoutaouais.qc.ca



Stéphanie Demers
Ph.D. candidate
Université du Québec en Outaouais
stephanie.demers@uqo.ca