Chomsky au sujet de la violence

4 juillet 2010 par Charles-Antoine Bachand Laisser une réponse »

Interrogé sur l’utilité de la violence dans la lutte politique, Chomsky répond en analysant les motivations qui sous-tendent ce type d’action.

Oublions un instant les principes et concentrons-nous sur la tactique. Vous devez choisir une tactique qui a une chance d’aboutir, sinon, tout ce que vous faites, c’est gesticuler. Si vous recherchez une tactique qui permet d’aboutir à un résultat, vous ne devez pas accepter le terrain de bataille que préfère l’ennemi. Le pouvoir étatique, lui, adore la violence : il en a le monopole. Peu importe le degré de violence des manifestants, l’État en déploiera davantage. C’est pourquoi, dès les années 1960, quand je parlais aux étudiants de militantisme, je leur conseillais de ne pas porter de casque pour les manifestations. Certes, la police est violente, mais si vous arborez un casque, elle le deviendra encore plus. Si vous arrivez avec un fusil, ils viendront avec un tank; si vous venez avec un tank, ils débarqueront avec un B52 : c’est une bataille que vous allez forcément perdre. Chaque fois que nous prenez des décisions tactiques, vous devez vous poser la question : qui est-ce que j’essaie d’aider? Est-ce que vous cherchez à vous donner bonne conscience? Ou est-ce que vous essayez d’aider des gens, de faire quelque chose pour eux?

– N. Chomsky (2010). «Dialogue avec Noam Chomsky», Le Monde diplomatique, juillet 2010.

Publicité

1 Tweet

Laisser un commentaire

Additional comments powered by BackType