Archive pour février 2012

Camil Bouchard — Droits de scolarité : pourquoi une hausse aussi brutale ?

24 février 2012

Droits de scolarité : pourquoi une hausse aussi brutale ?

C’est à réfléchir en effet…

24 février 2012
C’est à réfléchir en effet… 
Texte envoyé au Droit le 22 février 2012 en réponse à la lettre de Mme Ross (LeDroit, 2012-02-22)
Ce matin, Mme Ross nous donnait à réfléchir avec une charmante citation d’un certain M. Adrian Rogers. Outre le fait que cette citation ne date pas de 1931, mais bien de 1984 — le type étant né en 1931, il aurait été un brin précoce! — et qu’elle fait des ravages depuis plusieurs années sur Internet, Mme Ross omet de rappeler qui était ce M. Rogers dont elle estime tant les propos.
Or, mieux connaître ce monsieur s’avère nécessaire. Le lecteur sera en ce sens heureux d’apprendre que M. Rogers était en fait un fondamentaliste protestant qui a à la fois milité contre l’homosexualité, contre Walt-Disney (parce que leurs productions auraient favorisé l’homosexualité), pour la prohibition d’alcool et du tabac! Tout pour consolider sa crédibilité donc! De telles positions allant contre la justice sociale sont tout de même étonnantes de la part d’un type qui se dit chrétien. Drôle de chrétien en effet que celui qui soutien qu’il vaut mieux laisser mourir de faim son voisin (son prochain) et sa famille que de travailler au partage de la richesse et des chances. Je ne connais pas beaucoup M. Jesus Christ, mais je doute qu’il eût été en accord avec une telle conception du vivre ensemble.
Charles-Antoine Bachand

Au sujet de l’économie planifiée (Che Guevara)

18 février 2012

Il [Che Guevara] défend surtout la planification comme l’axe central du processus de construction du socialisme, parce qu’elle « elle libère l’être humain de sa condition de chose économique ». Mais il reconnaît — dans la lettre à « Fidel » — qu’à Cuba « les travailleurs ne participent pas à la fabrication du plan ». Qui doit planifier? Le débat de 1963-1964 n’avait pas répondu à cette question. C’est à ce sujet qu’on trouve les avancées les plus intéressantes dans les « notes critiques » de 1965-1966 : certains passages posent clairement le principe d’une démocratie socialiste dans laquelle les grandes décisions économiques sont prises par le peuple lui-même. Les masses, écrit le « Che », doivent participer à la formulation du plan, tandis que son exécution est une affaire purement technique. En URSS, à son avis, la conception du plan comme « décision économique des masses, conscientes de leur rôle », a été remplacée par un placebo, les leviers économiques déterminent tout. Les masses, insiste-t-il, « doivent avoir la possibilité de diriger leur destin, décider combien va à l’accumulation et combien à la consommation »; la technique économique doit opérer avec ces chiffres — décidés par le peuple –, et « la conscience des masses doit assurer son accomplissement ».

— Michael Löwy (2012). «Che Guevra contre le modèle soviétique», Manière de voir 118, page 52.