Archive pour le ‘C.-A. Bachand’ catégorie

La CCN, toujours à la recherche du parfait décor

3 décembre 2012

Première sortie en kayak depuis mon accident 2012-05-21

26 mai 2012

Célébrer les jumeaux

8 mars 2011

Le week-end dernier, mes fils ont célébré leur 15e anniversaire de naissance. 15 ans!

Je pourrais faire plusieurs commentaires sur le temps qui passe trop vite et au sujet des plates aléas de la vie qui nous volent ce temps si précieux, mais je préfère souligner et célébrer les magnifiques jeunes hommes que mes fils deviennent. Chaque jour, je vois ces jeunes hommes devenir des citoyens généreux, sensibles, honnêtes et courageux. Chaque jour, je suis impressionné de leur intérêt pour les autres et de leur sensibilité envers leur monde. Mes fils deviennent de jeunes hommes beaux et bons.

Je n’ai plus aucun doute qu’ils seront heureux dans leur vie peu importe ce qu’elle leur balance, et qu’ils sauront contribuer au bonheur de leurs amis, de leur famille et de leurs concitoyens. Une vie bonne, pour des jeunes hommes bons.

Et n’oubliez pas, les garçons, le courage de nos convictions, le courage d’agir alors que personne ne lève le doigt, c’est parmi les choses les plus complexes et les plus exigeantes, mais ça permet de pouvoir se regarder en face le matin et d’être fier de celui qui se trouve dans le miroir… tout comme je suis fier de vous!

Petite promenade en canot à Plaisance

31 juillet 2010

Quelques photos de notre promenade autour au Lac Pink

27 juillet 2010

Petite promenade en kayak

16 juillet 2010

Ma maison sur Google «street view»

19 mars 2010

Je suis assez impressionné. Nous avions passé la tondeuse ;-)

Le drapeau est celui de la Confédération des Cinq nations iroquoises.


Agrandir le plan

street view

27 octobre 2009

Tiens. La maison de ma belle-mère est sur street-view… avec la voiture du beau-frère devant ;)


Agrandir le plan

Souvenir de jeunesse…

18 octobre 2009

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin avait toujours été un peu bizarre pour nous, les jeunes d’à côté. Il reste au deuxième étage d’une grande maison blanche. Une immense demeure au fond. Beaucoup plus grande que la nôtre. Et le sous-sol y est fini! Une fois, il nous avait fait entrer dans son antre, moi et mon frère. Un superbe appartement. Au fond, une petite cuisine et un perron duquel il s’amusait parfois à viser, sans grand succès les écureuils du coin à l’aide de son fusil à plombs. À droite, en entrant, un puits d’escalier qui monte à la chambre. Une pièce magnifique où l’intimité se commande, comme il se doit, par un rideau de perles de bois. Et les lucarnes! Et au cœur de cet appartement, un salon. Un grand salon au centre duquel trôné un de ces systèmes de son dont rêvent tous les jeunes garçons — et dont je rêve toujours, je dois l’avouer.

— Des JBL! Voilà ce qu’il te faut, Marc. Ton ampli, ça va, mon tes haut-parleurs : ils ne valent pas un clou!

Les haut-parleurs. Un sujet d’une violente polémique entre mon père et le voisin. Une polémique qui animait des débats tout aussi intenses que ceux que j’entendais parfois au sujet d’une révolution qui aurait dû être permanente. Une lutte sans merci. Pionner ou JBL, qui aurait le dessus. Au son, à l’oreille, j’aurais sans hésité cru le voisin. D’autant, que la nuit, ses fichus haut-parleurs pouvaient aussi bien me réveiller à minuit qu’à deux heures du matin. À travers le mur, on entendait surtout la basse, mais tout de même, quelle puissance!

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin était de ces bizarres de types qui sont en mesure de jouer aussi bien au hockey qu’au frisbee en ne portant au pied qu’une paire de pauvres gougounes en caoutchouc ne tenant sur le pied que par un morceau de plastique glissé entre le gros orteil et le majeur du pied. Quelle élégance! Au mois d’août, dans un short Adidas blanc et bleu, il nous ridiculisait tous. Il maniait le frisbee comme Gretzky la rondelle et il pouvait nous crisser toute une volée si nous avions enfin l’audace de lui emprunter ses bâtons d’hockey pour jouer dans la rue.
— À la condition que je joue aussi!

Et tout ça, malgré ses gougounes et son short Adidas blanc et bleu.

Le voisin avait aussi comme caractéristique qu’il vivait toujours dans la maison qui l’avait vu naître. Pas dans le même appartement assurément, mais sa mère et son père vivaient toujours au rez-de-chaussée. Son père était postier. Si j’ai déjà su son nom, il est depuis oublié. Nous l’appelions Monsieur. Les soirs d’Halloween, ils étaient notre premier arrêt. Immanquablement, ils nous faisaient chanter. Pourquoi fallait-il absolument nous faire souffrir ainsi? Nous venions cependant préparés! Une chanson toute prête! Nous avions presque hâte. Faut dire que chanter pour ces voisins c’était tout de même un moindre mal. La voisine d’en face aurait quant à elle bien pu nous manger! Nous étions en effet particulièrement chanceux. Notre pâté de maisons pouvait compter sur les bons services de deux sorcières! La première, à quelques maisons à gauche, ne bornait à nous engueuler lorsque nous marchions sur son trottoir. L’autre, laide, vivait juste en face. Sa maison avait un balcon vert pâle qui n’avait pas été rafraîchi d’une nouvelle couche de peinture depuis des années. Elle ne sortait jamais. Parfois, nous la voyons. Elle semblait vivre avec une autre dame. Sa fille? Une consœur? Il ne nous aurait jamais traversé l’esprit qu’elle aurait pu avoir une amante. Nous n’avions pas l’âge… Nous ne la voyons pour ainsi dire qu’une fois par année : le soir de l’Halloween! Le soir où les sorcières sortaient. Le soir où la gourmandise avait le dessus sur la couardise. Elle pouvait nous manger si elle nous voulait. Un caramel mou et quelques sous pour l’Unicef nous rendaient notre témérité.

— Hé! Ho! Les gars, franchement!

On vient de faire éclater une bouteille vide sur une roche. Nous sommes trois à retenir notre souffle. Quel son! Malheureusement, le frère du voisin au père fonctionnaire a aussi un frère fonctionnaire. L’un au fédéral. L’autre au municipal. Police municipale. Heureusement, il ne vient pas souvent. Il doit voir ses parents une fois par mois. On se tient tranquille. Une journée. Ce qui rend ses visites plus sympathiques cependant c’est que parfois, il vient avec ses filles. Au nombre de deux. Nous sommes trois. Elles sont deux. L’un un brin trop jeune. Elle peut jouer avec le petit frère, pour ce que nous en avons à foutre. L’autre par contre! L’autre, il faut l’épater. Nous avons tout fait pour l’épater. Des folies. Des âneries. Son père lui aura sans doute expliqué quel genre de crétins nous étions.

— J’en vois tous les jours de ces jeunes truands, Marjorie. Fais-moi confiance, ils finiront sûrement en prison.

Échec sur toute la ligne.

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin aura toujours été un assez étrange. Mais nous l’aimions bien. Il est impossible de décrire la fierté que j’ai pu ressentir lorsque j’ai su lui répondre, lorsque j’ai su répondre à cette question qu’il nous posait invariablement. Je savais qu’en répondant, je faisais dorénavant partie d’un groupe bien sélect. De ce groupe de gens qui savent apprécier la musique et qui savent ce qu’est la beauté. Je savais, en répondant, que le voisin, aussi bizarre fut-il, allait ressentir une fierté tout aussi puissante que la mienne en pensant à l’éducation musicale qu’il avait réussi à donner au fils du voisin.

— Tarkus. Emmerson, Lake and Palmer.

Enfin. Je l’ai eu. Il prend une autre gorgée de sa bière — de la Bleue — et sourit.

Le géocaching et notre géomob familiale

7 septembre 2009