Archive pour le ‘Éducation’ catégorie

L’ironie de la reddition de compte

7 mai 2014

«The irony is that, because of this new accountability culture, funding that could have been used to improve a student’s educational experience must often be redirected toward institutional research to document that a student has had an improved educational experience. Academic quality ends up being hampered by the measures the business model of education adopted to improve it.»

– ACADEMIC LEADERSHIP 2.0. Par : BULLER, JEFFREY L., Academe, 01902946, May/Jun2013, Vol. 99, Edition 3

Différence entre leader et gestionnaire

26 mars 2014

Burns (1978) describes managers as transactors and leaders as transformers. Managers concern themselves with procurement, coordination and distribution of human and material resources needed by an organization (Ubben and Hughes, 1987). Leaders facilitate the identification of organizational goals. They initiate the development of a vision of what their organization is about:
Management controls, arranges, does things right; leadership unleashes energy, sets the vision so we do the right thing (Bennis and Nanus, 1985, p. 21).

– Kurland, H., Peretz, H., & Hertz-Lazarowitz, R. (2010). Leadership style and organizational learning: the mediate effect of school vision. Journal of Educational Administration, 48(1), 7–30. doi:10.1108/09578231011015395

Une réelle littératie, c’est donner du pouvoir

24 novembre 2013

« Proper literacy enhences people’s controle controle over their lives and their capacity for dealing rationally with decisions by enabling them to identify, understand, and to act to transform, social relations and pratices in which power is structured unequally… Improper literacy either fails to promote, or else actively impedes, such understanding and action.»

– Colin Lankshear et Moira Lawler (1987). Literacy, Schooling and Revolution, London: Falmer, page 74.

La pédagogie n’est pas faite pour les «gagnants»

4 août 2013

Allez, avouons-le franchement: la pédagogie n’est pas faite pour les « gagnants ». Ce n’est pas une « affaire d’hommes », de « vrais »! On la tolère en maternelle, on se résigne à y faire appel pour les tout jeunes enfants, les oubliés de la croissance et les handicapés de la vie. Mais, pour les autres, bon sang, foin de ces prothèses et de ces fadaises! Un peu de tenue s’il vous plaît! Silence et garde-à-vous devant Verlaine, Mercator et Pythagore! Puisqu’on vous dit que c’est important, qu’il suffit de vous rendre spirituellement disponibles, d’oublier tout ce que cous vivez par ailleurs, de partir en classe comme au combat… de vous comporter en mec, quoi! Halte au compassionnisme féminin, aux gesticulations des vieux pédophiles, aux bricolages des éclopés de la science reconvertis en didactiques! Vive les enseignants décomplexés! (p. 41)

– Meirieu, P. (2008). Pédagogie : le devoir de résister. ESF Editeur. page 41.

Les antipédagogues sont des incompétents…

4 août 2013

Enfin et, peut-être tout simplement, les antipédagogues sont des incompétents : en effet, ce n’est pas parce qu’on met l’élève en position de « construire son propre savoir » qu’on abolit l’autorité de maître. Bien au contraire : pour mettre en place une situation où l’élève va, grâce aux consignes et aux ressources qu’on lui fournit, travailler vraiment « dans sa tête » à élaborer des connaissances, il faut que le professeur maîtrise parfaitement ces dernières. Plus encore : il faut qu’il prospecte, parmi tous les documents et toutes les méthodes à sa disposition, ceux et celles qui vont pouvoir être les plus efficaces. Aucune abdication de l’autorité, pas le moindre soupçon de non-directivité… En revanche, l’enseignant qui se contente de « faire cours », sans s’assurer de l’activité intellectuelle de chacun de ses élèves, est vraiment, lui, non-directif : il parle… ceux qui peuvent et veulent suivent; les autres rêvent ou font autre chose malgré les rappels réguliers et pathétiques à l’attention: « Écoutez-moi donc… C’est important… »

– Meirieu, P. (2008). Pédagogie : le devoir de résister. ESF Editeur. (p. 40)

Deux méthodes pour changer l’école…

4 août 2013

« Il y a deux voies qui s’ouvrent à ceux qui veulent transformer l’école. Étudier les enfants et prouver scientifiquement que les modèles d’éducation actuels sont défectueux, et doivent être changés. Ou bien, fonder des écoles dans lesquels les principes sont directement appliqués au service de leur idéal. La première méthode offre de grands avantages, est en harmonie et correspond à la façon progressive dont les hommes de sciences pensent arriver à leurs buts. Ils ont théoriquement raison […]. Néanmoins je ne crois pas que ceux qui veulent travailler à la régénération de l’humanité aient beaucoup à attendre de cette voie. Les dirigeants ont toujours pris soin de contrôler l’éducation du peuple; ils savent mieux que quiconque que leur pouvoir repose entièrement sur l’école et c’est pourquoi ils insistent pour en garder le monopole. » (p. 47-48)

– Ferrer in. Chambat (2011)

 

Trop près pour une perspective historique, mais…

12 mai 2012

Nous sommes sans doute encore trop près des événements de ce printemps au Québec pour en avoir une réelle perspective historique, mais il semble néanmoins possible d’aisément inscrire la grève étudiante ayant cours au Québec depuis plus de 80 jours maintenant dans une perspective beaucoup plus large de revendications populaires, de luttes contre des mesures d’austérité et dans une dynamique de redéfinition des exigences démocratiques.

En effet, au cours des derniers mois seulement, le citoyen du monde aura assisté à des luttes qui semblent avoir quelques dénominateurs communs (mouvements spontanés, absence de leadership politique clair, absence de revendications précises, processus délibératif et décisionnel décentralisé, prise d’actions illégales parce que jugées légitimes, etc.).

Dans le désordre :

  • Lutte des étudiants chiliens
  • Occupation de l’Assemblée législative de l’État du Wisconsin
  • Mouvements des indignés espagnols (mouvement 15-M)
  • Printemps arabes (au pluriel)
  • Mouvement Occupy au É-U et au Canada
  • Lutte contre les mesures d’austérité en Grèc

Autant de mouvements populaires spontanés, sans leader ou orientation politique bien définie, qui ont marqué le cours paisible du capitalisme mondial ou de l’oppression à grande échelle

Il sera plus qu’intéressant d’analyser tout ça plus avant dans quelques mois, mais je crois que dans l’immédiat, qu’il est néanmoins possible de tirer de ces quelques mouvements populaires et de la forme qu’ils prennent quelques enseignements qui pourraient être utiles dans le cadre de la grève étudiante qui ébranle le Québec

En effet, il faut d’abord admettre que la lutte que mènent les étudiants s’inscrit dans un contexte beaucoup plus vaste que les simples inspirations néolibérales du gouvernement Charest. Il faut aussi admettre que les revendications des étudiants dépassent (et dépassaient dès le départ sans doute) la simple question de la hausse des frais de scolarité. À ce titre, il est possible d’identifier des revendications beaucoup plus vastes qui s’inscrivent justement dans cette dynamique mondiale.

À gros traits, nous pourrions parler de :

  1. L’éducation est un bien commun qui ne peut avoir de valeur marchande;
  2. Rien ne doit limiter l’accessibilité à l’éducation;
  3. le système de gouvernement ne permet pas une représentation réelle des intérêts et besoins de la population.

Outre ces revendications — qui permettent de comprendre la force de la mobilisation à laquelle assiste le Québec –, le fait de comprendre la grève étudiante dans un contexte mondial permet aussi d’envisager la suite possible — voire souhaitable — des événements.

D’abord, si les étudiants articulent leurs revendications autour de leur conception de la démocratie et de la justice, il est fort à parier que quelque ordonnance que ce soit, imposée par la force, ne permettra jamais de résoudre ce conflit.

Ensuite, si les étudiants ont des revendications beaucoup plus larges que la simple question de la hausse des frais de scolarité, il faut alors admettre que celles-ci pourraient — ou devraient — être portées par une frange beaucoup plus vaste de la société que les seuls étudiants.

Enfin, il paraît possible de croire que le mouvement actuel, si réellement il s’inscrit dans une dynamique mondiale plus vaste, n’est pas près de s’estomper. Il est en effet possible de croire que le mouvement pourrait de radicaliser plus avant. Il est possible de croire qu’après les actions de mobilisation actuelles (manifestations, bris d’injonction, etc.), la mobilisation et le mouvement se consolident et se formalisent même en dehors des associations étudiantes qui portaient le mouvement au départ. Il est possible de croire que les étudiants et la société civile en arrivent à créer des espaces où leurs processus délibératifs et décisionnels ne s’appliqueraient plus qu’à la seule question de la grève étudiante, mais à d’autres facettes de la vie en société. Les indignés, le mouvement Occupy tout comme les Égyptiens de la Place Tahrir en sont arrivés à quelques belles expériences en procédant à l’occupation de places publiques et en consolidant leurs actions et leurs discours. Il est possible de croire, toujours si le mouvement étudiant s’inscrit dans une perspective mondiale que la prochaine étape du mouvement sera justement cette étape de consolidation et de formalisation des outils et du discours développés.

 

===================

Sources :

Raphaël Kempf (2012). «De Londres à Santiago, la révolte des déclassés», Le Monde diplomatique, mai 2012.

Philippe Teisceira-Lessard (2012). «Un groupe étudiant radical appelle à viser les médias»LaPresse, 2012-05-12.

 

Le Cégep de l’Outaouais réagit de façon unie à une menace d’injonction

21 avril 2012

 

Pour une version en mp3, cliquez ici.

Des frais de scolarité de 4712$/an n’auraient aucun impact sur l’accessibilité? Quelle farce!

22 mars 2012

Je me permets de citer ici un très bon texte d’information qui illustre bien l’importance de la hausse des frais de scolarité annoncée.

Du magnifique travail.

Selon la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), les frais afférents, également appelés droits d’administration ou frais institutionnels obligatoires (FIO), correspondent aux « droits exigés des étudiants par les universités, qui sont inhérents à la présence des étudiants dans les universités, mais qui ne sont pas des droits de scolarité ».


Ces frais, qui varient d’un établissement à l’autre et parfois même à l’intérieur d’un même établissement, comprennent les frais généraux, soit les frais d’inscription, d’admission, d’examens, de stages, mais également les frais liés aux technologies, les frais de service aux étudiants, les diverses contributions à la vie étudiante, les frais de droits d’auteur, les primes relatives à certaines assurances obligatoires, les frais reliés aux services de sports et de loisirs ainsi que tous les autres frais tels que les relevés de notes, les émissions de diplômes, l’utilisation des laboratoires, les uniformes, etc (MELS, 2008). En moyenne, pour un étudiant de premier cycle à temps plein, ces frais étaient de 624,25$ pour l’année 2010-2011.





Source : http://lahausse.ca/frais-afferents/

Une réponse à l’intimidation de l’état

3 mars 2012

L’accès à l’éducation est un droit à tous les ordres d’enseignement, incluant le postsecondaire, enchâssé entre autres dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (…) Le Canada en est signataire et reconnaît que « l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite ». Il appartient donc à l’état de garantir ce droit.

 

Or, l’état québécois attaque l’inviolabilité de ce droit (…) Pourtant, seuls les étudiants sont mobilisés. Cette situation est inacceptable et la société entière doit empêcher cette attaque contre le droit à l’éducation en tant qu’enjeu de nature intergénérationnelle. Tous concernés par les décisions gouvernementales, nous nous déresponsabilisons comme société lorsque nous acceptons que ceux qui nous suivent doivent s’endetter pour avoir accès à ce qui leur revient de droit.

 

Il nous est impensable qu’en 2012 des étudiants québécois aient à se battre pour faire valoir ce droit inaliénable à l’éducation. Il est tout aussi impensable qu’ils soient punis pour avoir assumé seuls une responsabilité qui incombe à nous tous. La liberté d’expression, l’égalité devant la loi et la liberté d’association sont également des droits et nul préjudice ne peut découler de leur exercice.

 

La marchandisation de l’éducation proposée par le gouvernement Charest, sous prétexte de renflouer les universités, le soustrait de sa responsabilité de financement de la formation post-secondaire affirmée et légiférée depuis le Rapport Parent de 1965. La hausse proposée ne représente que l’équivalent de 1,2 % du budget annuel du ministère de l’éducation, mais elle fermera, selon plusieurs études scientifiques récentes, la porte de l’éducation post-secondaire à des dizaines de milliers de jeunes québécois, ce qui est contraire aux principes des diverses déclarations de droits. Accepterions-nous de devoir payer pour notre liberté d’expression, notre égalité devant la loi, notre droit d’association ?

 

L’éducation est une responsabilité collective et nous devrions tous, parents, enseignants, formateurs, administrateurs, décideurs, être aux côtés des étudiants et nous mobiliser pour protéger ce droit fondamental. Nous appuyons ainsi la lutte des étudiants pour la défense du droit et de l’accès à l’éducation. Nous reconnaissons la pleine légitimité des moyens utilisés pour mener ce combat et appelons la société entière à appuyer les étudiants dans cette lutte. Par principe, un droit ne peut être affaibli et son intégrité attaquée ; sinon, ce n’est plus un droit.

 

 

3 mars 2012 | Le Droit

Stéphanie Demers, Judith Émery-bruneau, Catherine Lanaris, David Lefrançois, Geneviève Lessard, Ruth Philion, Madeleine Doffouchi Tchimou, Francine Sinclair, Département des sciences de l’éducation, Université du Québec en Outaouais