Archive pour le ‘Éducation’ catégorie

Deux citations d’Einstein au sujet de l’éducation

28 février 2010

To me the worst thing seems to be a school principally to work with methods of fear, force and artificial authority. Such treatment destroys the sound sentiments, the sincerity and the self-confidence of pupils and produces a subservient subject.

It is, in fact, nothing short of a miracle that the modern methods of education have not yet entirely strangled the holy curiosity of inquiry; for this delicate little plant, aside from stimulation, stands mainly in need of freedom; without this it goes to wrack and ruin without fail. It is a very grave mistake to think that the enjoyment of seeing and searching can be promoted by means of coercion and a sense of duty. To the contrary, I believe that it would be possible to rob even a healthy beast of prey of its voraciousness, if it were possible, with the aid of a whip, to force the beast to devour continuously, even when not hungry, especially if the food, handed out under such coercion, were to be selected accordingly.
-Albert Einstein

Pourquoi et comment haïr les mathématiques

8 octobre 2009

Depuis le début de l’année, il est entendu que le premier examen (je ne vous en dirai pas la forme!) de «436» (parce que les élèves l’appellent toujours comme ça) servira à séparer le bon grain de l’ivraie.

3h par jour de devoir et d’étude! Vivement ce premier examen pour que l’on puisse enfin avoir du plaisir à comprendre ce que l’on découvre dans ce merveilleux monde des mathématiques!

Fat chance! L’enseignement est si rapide, l’examen si salaud : impossible que tous réussissent. Et de toute façon, c’est l’objectif avoué depuis le début. La classe de 40 élèves ne compte même pas assez de tables pour tous les élèves. Inutile de pallier à ce petit problème, dans quelques semaines, on aura sûrement plus de place. Le premier examen se chargera de faire le tri.

Le drame pour les élèves, c’est que, non seulement le cours est rapide et qu’ils veulent réellement réussir (et travaillent vachement fort pour ce faire — une élève au bras cassé aura assisté à son cours de math alors qu’elle devait être en convalescence!), mais qu’en plus, ils font face à l’élimination. C’est les séries en début d’année! Et ce n’est pas une mince histoire. C’est les séries de leur vie. S’ils échouent ce premier examen, ils seront invités à quitter non seulement les «436», mais aussi le programme dans lequel ils se sont inscrits! Adieu les amis! Ça fait trois ans que nous cheminons ensemble, mais voilà, je suis nul en math alors je ne peux poursuivre… (impossible de connaître ce qui fait, selon ces gentils administrateurs, la nécessité de réussir les «436» dans un programme d’éducation à la citoyenneté internationale, mais c’est un autre débat!).

Et voilà, après 5 semaines, sans repos et au rythme d’un stress intense, le verdict tombe : votre enfant est invité à quitter. «Bien entendu, vous comprenez, nous cherchons à éviter les situations d’échecs» Et blablabla et blablabla… Éviter les situations d’échec?!? Depuis 5 semaines, vous les «ridez» comme des mulets au front! Depuis 5 semaines, vous escamotez les questions et roulez à la vitesse grand V! Vous avez au contraire tout mis en oeuvre pour qu’il y ait des échecs! Mais même ça, vous seriez prêts à l’admettre! «Mieux vaut qu’ils échouent ici avant la possibilité d’intégrer l’autre groupe que plus tard» me direz-vous. Mais si réellement telle était votre préoccupation, pourquoi ne pas avoir sérieusement discuté avec les élèves l’an dernier avant qu’ils ne choisissent de faire comme leurs amis et d’entrer en «436» alors qu’ils n’en ont rien à cirer! Et pourquoi exiger les «436» pour tel ou tel programme (surtout lorsque le mandat de ce programme devait être la citoyenneté internationale, non la performance!) au risque, qu’après 3 ans, vous deviez expulser des élèves de leur programme non pas en raison d’un choix de parcours, mais en raison d’un échec ce qui, vous en conviendrez, est tout de même assez différent!

Et le culot ensuite de nous faire parvenir cette lettre. Quelle farce que l’école! Quelle farce que l’enseignement des mathématiques! Votre système est tout simplement inhumain. Il crée des drames humains pour le plaisir de l’épuration et de la classification. Dans votre esprit, quelle finalité pouvez-vous bien croire servir? L’apprentissage? L’enseignement? La réussite de vos élèves?

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The Myths of Digital Literacy (The Agenda, TVO)

2 octobre 2009

Très belle émission avec une discussion très intéressante sur l’impact des TIC sur les compétences en écriture des étudiants.

Conférence de Pascale Otis : Québec-Costa Rica

2 octobre 2009

Gatineau, le mardi 29 septembre 2009 – Le 14 octobre prochain, le Cégep de l’Outaouais accueillera la biologiste Pascale Otis à l’auditorium du campus Gabrielle-Roy dans le cadre d’une conférence s’intitulant De l’Arctique à l’Antarctique : une planète à protéger. Tous les profits de cette conférence iront à l’expédition scientifique Québec-Costa Rica 2010.

La biodiversité au cœur des changements climatiques

Dans le contexte où l’année 2010 vient d’être proclamée Année internationale de la biodiversité par l’Assemblée générale des Nations Unies, Pascale Otis nous entretiendra, visuel à l’appui, de l’importance pour tous de partager nos connaissances scientifiques et de les mettre au service de l’humanité en protégeant au maximum les écosystèmes de la planète.

Pascale Otis, une grande passionnée

Rappelons que Pascale Otis était la biologiste responsable du volet scolaire de l’équipe de Jean Lemire dans le cadre de Mission Antarctique où elle a passé plus de 400 jours à bord du voilier SEDNA IV dans l’archipel Melchior. Pascale est également spécialiste des oiseaux migrateurs. Elle parcourt les deux pôles du globe dans le cadre de ses recherches, l’Arctique canadien avec les oies blanches et l’Antarctique avec les manchots. Elle étudie la résistance aux basses températures de la Grande Oie des neiges et de la Bernache du Canada.

Québec-Costa Rica, un projet unique et rassembleur

Le Costa Rica est reconnu comme le paradis de la biodiversité dans le monde. L’expédition scientifique Québec-Costa Rica 2010 développera la collaboration multidisciplinaire nécessaire à la réalisation de travaux scientifiques scolaires axés sur l’étude de la biodiversité tropicale. Cette expédition scientifique permettra à une équipe de huit étudiants du Cégep de l’Outaouais issus de quatre programmes d’études d’intégrer leurs compétences et contribuera à mettre en valeur la biodiversité mondiale et sa conservation par nos partenaires costaricains.

Les billets sont en vente au coût de 10 $ dans les librairies Coopsco du Cégep de l’Outaouais et de l’Université du Québec en Outaouais. Pour plus de détails sur ce projet consultez le www.quebec-costarica.org.

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Information : François Lahaie

Expédition scientifique Québec-Costa Rica

819 770-4012, poste 2425

flahaie@cegepoutaouais.qc.ca

This is Jeopardy!

2 octobre 2009

In response to John Macfarlane’s Editor’s note in the September 2009 issue of the Walrus Magazine.



We have to admit, we were thrilled to receive our September issue of the Walrus. “Two 18th century soldiers on the cover, this is going to be good!” we thought. We were glad to see that one of our favourite magazines was going to devote an issue to the 1759 Battle of the Plains of Abraham. But then we read the Editor’s note. What ?!? Are we still there? After more than a century of analysis of what history as a science should be?

After the works of Marc Bloch, Foucault, E.P. Thompson, Carr, Collingwood and the like, it seems surreal to see that some still think that the principal reason some people devote their lives to the study of the past is so that everybody will know the narrative of our great nation by heart! “The year of the Canadian Confederation.” “What is 1867, Alex ?” This is not history, its Jeopardy! Would the Editor be shocked to learn that historians and History don’t exist so we can display our vast knowledge or so we can answer Trivial Pursuit questions? History exists so we can understand the world we live in. Macfarlane explains that the Battle of the Plains of Abraham is a “iconic moment in the country’s historical narrative: literally the beginning of the story of Canada.” Brilliant! Had Canada no history before then? Did Canada not exist before 1759? Funny thing, we thought Canada was one of New France’s colonies… and we actually thought that regardless of the issue of the battle, the war was actually won (or lost, it depends) in Europe…

What that short sentence of Macfarlane’s also puts forth is the existence (or lack thereof) of a single or absolute Canadian “historical narrative”. That narrative — who could possibly say the contrary — is made of facts (regardless of our opinions) of our national history. 1759, 1812, 1867, 1982, etc. Well, that’s fine, but where are the women, where are the First Nations, where are the immigrants in this narrative? Easy, the First Nations exist before 1534 (or 1492, it depends on your perspective) and women, well they’re there and then they get the right to vote and, voilà! The idea of a single, common historical narrative is not only narrow-minded and false, it is also dangerous!

What if we put forth an innovative idea ? What if we say that to know the date of Confederation doesn’t help you a bit when comes time to really understand our country and what it is in the 21st century? We’d go even further… what if we say that we don’t care that our students can’t tell the difference between MacDonald and Olivier (as Macfarlane puts it)? What we care about though is that our students understand, really understand that Canada is a nation rich with diversity, a diversity which has often caused problems in our living together but that helped us create a nation like no other..

What needs to be known and taught is not the date of Confederation, but the conditions under which it was achieved. Can we really understand Canada without exploring the importance of the railroad barons in forging this grand and lucrative dream? Shouldn’t we also explore what Confederation really meant for workers, immigrants, First Nations? The 1867 Confederation is an important moment of our history and it needs to be studied — and taught — in context, through the eyes of its actors (all of its actors, those who had power to make it happen, those who resisted, those who had to adapt to its immediate consequences) and the rigorous, methodological analysis of sources, including the interests of their authors. That is the nature of history, historical work, and the core purpose of learning history : to understand human agency in constructing the meaning of our lives, our collective experiences, the historicity of all things human.

As for Macfarlane’s own lament about the National Commission of Battlefields “capitulating” before some sovereignists’ complaint: nobody’s arguing that the outcome of the Battle of the Plains of Abraham is anything else but the complete victory of the British forces. That is not the question! That being said, what Macfarlane chooses to forget, as Granatstein does, is that our brilliant historical narrative tends to put a lid on the suffering of hundreds of thousands of men, women and children that are not of the elite. What the Battle of the Plains meant for thousands was the destruction of their land and homes; just as Confederation meant, for the Métis nation, the beginning of systematic persecution involving our great Mounted Police; or as the colonisation of the St-Lawrence River by the French meant, for the First Nations, a violent restructuring of their way of life, a loss of their land and even death.

If history really is nothing but a sum of facts in a subjective narrative, one could ask why did we not commemorate the Acadian Deportation by such a re-enactment as was planned for the events of 1759? What about a re-enactment of the opening of the first Residential schools? Or a re-enactment of the Battle of Batoche? These are all facts! They are not disputed! Of course that could send a strange message to part of the Canadian population, as a re-enactment of the 1759 Battle would have done… unless, of course, Quebecers aren’t really part of the “historical narrative”. The problem is that the idea of commemorating is intrinsically linked to a positivistic conception of history that belongs more in the field of propaganda than in that of history. A commemoration is always ideologically situated, it serves the purpose of those promoting it. It this case, the people promoting re-enactment would like Canadians to believe that we all see the defeat of the French (and the first Canadiens) at the Plains of Abraham as a positive, nation-building moment. Denying that such an enterprise is ideological in nature does not make it any less so. It only underscores the importance of teaching history not as a chronological alignment of facts, but as human, contextualized, subjective interpretation, only rendered scientific through the use of critical historical method. Had all actors in this story been taught how to think historically and critically, has they had historical consciousness, such commemoration would never have been considered. In sum, if you really need an example of our lack of real historical teaching and learning, it is not to be found in the answers of pollees to absurd questions but in the fact that somebody, somewhere thought that such a re-enactment could actually be a good idea… or even a moral idea!

To be clear, we’re not saying people can’t have heroes or celebrate events, we’re saying that we should probably re-evaluate what we understand to be a “great Canadian moment”. Granatstein’s critique on what social historians have done to the collective psyche of our nation is simply ridiculous! The narrative that he seems to want to glorify and celebrate excludes large numbers of our compatriots! Wouldn’t we be better off celebrating our diversity and the events that really had an importance on our capacity to live together as a nation? But, of course, that means that History as a scientific discipline and as a school subject can’t be a simple game of Jeopardy!




Charles-Antoine Bachand
Education advisor
Cégep de l’Outaouais
cabachand@cegepoutaouais.qc.ca



Stéphanie Demers
Ph.D. candidate
Université du Québec en Outaouais
stephanie.demers@uqo.ca


Au sujet de l’émission de Mme Charette de jeudi dernier portant sur le renouveau pédagogique

20 septembre 2009

Je viens de me payer le débat sur le renouveau pédagogique de jeudi dernier à C. Charette en faisant le ménage de la voiture.

C’était beaucoup mieux que je l’ai craint. Un peu comme si, lorsque venait le temps de défendre leur position, ceux qui s’opposent au renouveau s’essoufflent. J’ai bien aimé que Boutin nous explique la vaste histoire du socioconstructivisme tout comme j’ai aimé les nuances apportées par Lafortune au sujet de ce qu’elle n’appelle pas une approche. J’ai aussi beaucoup aimé l’exemple de Desjardins quant à sa progression dans le changement au cours des trois dernières années. Voilà un exemple fort pertinent et qui montre à quel point toute cette histoire est bien loin d’être une forme de magie noire.

Je trouve cependant dommage qu’on n’ait pas eu la chance de démolir l’exemple du père qui disait que son bacc. en rédaction française ne lui servait à rien lorsque venait le temps d’aider sa fille avec ses devoirs. Comme si la linguistique et la grammaire, comme n’importe quel champ d’études, n’étaient pas dynamiques et, partant, en évolution constante. Sans compter que les changements à l’enseignement du français langue première ont été réalisés avant l’implantation du renouveau pédagogique (en 1995, ce me semble!). Dommage aussi que personne n’ait eu la chance de profiter de la porte ouverte par la dame, mère de jumeaux, qui expliquait essentiellement — et le prof de français a tenu un argument similaire — que le renouveau était un échec parce que chaque enseignant l’appliquait à sa façon! Hilarant! Si le renouveau avait laminé toutes les autres pratiques, serait-il meilleur?

J’ai, en ce sens, assez mal compris ce que reprochait l’enseignant de français au renouveau pédagogique… La nouvelle grammaire? La nouvelle orthographe? Les compétences? Il semblait appliquer certains changements sans s’en rendre compte… À moins qu’il en voulait simplement au fait que l’on remettait en question ses pratiques enseignantes. Ce qui était clair cependant, ce fut son malaise quant à ce qu’il décrit comme était le dogme du socioconstructivisme dans la formation des maîtres. Étrange commentaire qui non seulement se base sur une assez mauvaise compréhension de ce qui se passe en formation des maîtres et semble aussi oublier que pour plusieurs futurs enseignants, la seule approche qu’ils ont vécue en était une qui était magistro-centrée. Cela dit, il était loin d’être clair que ce même enseignant pratiquait ce qu’il prêchait, à savoir une certaine diversité dans ses approches.

Outre ça, je n’ai pas vu beaucoup de force dans les arguments des tenants du « contre », mais je crains que ce ne soit suffisant pour convaincre la population que nous sommes sur une voie intéressante avec le renouveau. Je crois qu’il nous faudra un jour attaquer de front ce qui est véritablement mal compris et perçu par la population, soit les compétences transversales ou toute la question des bulletins. Étrangement, nous évitons ces sujets alors que nous avons tous les outils pour présenter les tenants et aboutissants réels des débats initiés autour de ces sujets. Il est en effet relativement simple d’expliquer, en discréditant ceux qui soutiennent la chose incompréhensible et risible, la notion des compétences transversales. Il en va de même, ce me semble, pour le débat sur les bulletins et, partant, sur l’évaluation.

Un bel exercice donc, mais je ne suis pas convaincu qu’il permettra de faire remonter le renouveau pédagogique dans les sondages…

image : Ernesto Morales

Encore les connaissances et la culture générale…

18 septembre 2009

Ce matin à Christiane Charrette, nous avons encore dû subir notre dose hebdomadaire d’inepties au sujet de la « réforme » — qui, soit dit en passant, n’est plus une réforme, mais bien le programme officiel du MELS. Tant de commentaires si peu éclairés sur le renouveau pédagogique, c’est à pleurer.

J’aimerais d’abord rappeler à Mme Petrowski qu’elle peut décrier le manque de culture générale des collègues de classe de son fils autant qu’elle le voudra, ça ne changera pas le fait que les élèves qui ont vécu le renouveau pédagogique ne sont pas encore au collégial! Si ces jeunes sont si ignares, ce n’est pas « la faute de la réforme » cette fois.

Par ailleurs, j’aimerais bien savoir quelles études permettent à Mme Legault, du haut de sa tribune, de déclarer l’échec du socioconstructivisme. Bien entendu, si l’on se borne à voir l’école comme un entraînement pour répondre aux questions de Génie en Herbe ou à celles de Jeopardy, on peut se poser des questions quant à la puissance du socioconstructivisme. Or, je suis loin d’être convaincu que le rôle de l’école se limite à répondre à des questions de « culture générale ». Si l’école est plutôt vue comme le principal outil que nous ayons pour construire la société de demain et pour faire en sorte qu’elle soit meilleure que celle d’aujourd’hui, alors là, on doit admettre que de ce limiter à « acquérir des connaissances » est un brin handicapant. Certains seront sans doute un peu surpris d’apprendre que ce qui fait une science ce n’est pas uniquement une somme de connaissance, mais bien une méthode (qui peut même permettre de remettre en question des parties du cadre théorique de son champ d’études). Or, l’enseignement d’une science exige nécessairement qu’on s’attarde aussi à ses méthodes et à son fonctionnement… et non seulement aux conclusions qu’elle tire à un moment donné de son histoire. On se targue de vouloir des citoyens qui soient critiques. Comment être critique si l’on vous a appris depuis des années qu’il n’y avait qu’une bonne réponse possible à une question donnée ou si l’on vous a fait croire que les connaissances étaient objectives et fixées une fois pour toutes? L’enseignement des méthodes permet d’éviter cette embuche. Un cadre théorique avec une méthode permettra à l’étudiant de savoir comment réagir face à une nouvelle situation, à un nouveau discours ou même face à un « fait » que la science vient nuancer (pourquoi ne plus célébrer Dollard des Ormeaux?).

Si la notion de « culture générale » est quant à elle fort sympathique et qu’il est impératif que plus de citoyens puissent y avoir accès, elle est aussi un outil particulièrement utile lorsque vient le temps de déterminer qui fait partie de l’élite et qui doit en être exclu. Sans compter que celui qui a une bonne culture générale a tout le loisir de déclarer que seule cette culture générale a quelque mérite ! Et si je vous disais que la culture générale a tendance à toujours faire des exclus ? Savoir que la communauté juive est au Québec depuis la fin du XVIIIe siècle, est-ce de la culture générale ? Le saviez-vous ? Êtes-vous ignares pour autant ? Et qui était cet anarchiste assassiné dans les rues de Québec par les forces policières à la fin du XIXe siècle ? Édouard Beaudoire, ça sonne une cloche? Qui était Kondiaronk? Saviez-vous que les routes commerciales et diplomatiques des Premières Nations couvraient l’ensemble de l’Amérique du Nord? Étrangement, cette «culture générale» ne semble pas aussi importante que celle de savoir qui a été Frontenac ou ce que fit Iberville.

La culture générale est une question de choix. Un groupe décide ce qui fait ou non partie de la culture générale à acquérir et fait ce choix à même sa propre culture générale. Pourtant, ce faisant, il exclut grand nombre d’événements ou de savoirs tout aussi importants. Miser sur les méthodes, sur ce qui fait réellement une science et un champ d’étude dans l’espoir de permettre aux étudiants de construire leur culture générale et, surtout, d’être à même de réfléchir autrement que dans le seul objectif de compléter avec succès le prochain examen, voilà un mandat digne de l’école publique!

L’apprentissage…

9 septembre 2009

Lors d’une discussion avec une enseignante de Techniques d’éducation à l’enfance aujourd’hui, elle me servit une image et une idée qui mérite que l’on s’y attarde.

Lorsqu’un enfant apprend à manger avec une cuillère et qu’il se met des patates partout dans la figure, on ne se fâche rarement. On comprend que l’enfant est en apprentissage. Pourquoi en serait-il autrement de l’enfant qui apprend à vivre avec les autres? Un enfant qui crie, saute et dérange les autres est aussi en apprentissage. Il faut être aussi compréhensif avec lui qu’avec l’autre qui se couvre de patate.

J’adore! Tant de beauté dans un cégep!

Coup d’oeil sur l’éducation (septembre 2009)

8 septembre 2009

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Einstein au sujet de l’éducation

6 septembre 2009

This crippling of individuals I consider the worst evil of capitalism. Our whole educational system suffers from this evil. An exaggerated competitive attitude is inculcated into the student, who is trained to worship acquisitive success as a preparation for his future career.

I am convinced there is only one way to eliminate these grave evils [namely through the establishment os a socialist economy, accompanied by an educational systeme which would be oriented toward social goals. In such an economy, the means of production are owned by society itself and are utilized in a planned fashion. A planned economy, which adjusts production to the needs of the community, would distribute the work to be done among all thoses able to work and would garantee a livelihood to every man, woman, and child. The education of the individual, in addition to promoting his own innate abilities, would attempt to develop in him a sense of responsability for his fellow men in place of glorification of power and success in our present society.

— Albert Einstein, 1949.