Archive pour le ‘Éducation’ catégorie

Giroux au sujet du concept de citoyenneté

14 septembre 2015

Citizenship, like democracy itself, is part of a historical tradition that represents a terrain of struggle over the forms of knowledge, social practices, and values that constitute the critical elements of that tradition…Once we acknowledge the concept of citizenship as a socially constructed historical practice, it becomes all the more imperative to recognize that categories like citizenship and democracy need to be problematized and reconstructed for each generation.

Giroux, H. A. (2005). Schooling and the struggle for public life: Democracy’s promise and educational challenge (2nd Ed.). Boulder: Paradigm Publishers. (p. 6)

Le cynisme de M. Blais

11 septembre 2015

**Le cynisme de M. Blais**

J’ai toujours eu une propension au cynisme et au sarcasme. Depuis tout petit, je suis un vendu. *Charlie hebdo*, le *Canard enchaîné*, la *Soirée est [encore] jeune* sont mes sources d’inspiration. De toute façon, en avril dernier une étude est parue qui me confortait dans mon amour du cynisme et du sarcasme. On y apprenait en effet que les gens sarcastiques seraient plus intelligents et plus séduisants. En toute modestie, j’en suis! Cela dit, je ne pensais jamais me faire damer le pion par un ministre. C’est bien une magistrale leçon de cynisme que nous sert notre bon ministre Blais lorsqu’il prévient les enseignants qu’il y a toujours bien des limites à ne pas franchir et qu’il ne faut surtout pas perturber l’enseignement (2015-08-28). Je suis soufflé!

Son gouvernement est responsable d’une attaque frontale sans précédent contre l’école publique de tous les niveaux d’enseignement par des compressions qui sont dénoncées non seulement par les parents, les enseignants, mais même par des présidents de commission scolaire et le président de la Fédération des cégeps. Pourtant, les moyens de pression pourraient être jugés inacceptables sous prétexte qu’ils viendraient perturber l’enseignement? Quel maître! Bravo l’artiste! Notre bon ministre de l’éducation est-il en train de nous dire que les compressions de son gouvernement n’ont pas d’impact sur l’enseignement? Est-il en train d’affirmer que la tâche des enseignants n’est pas sensiblement alourdie par les compressions de son gouvernement? Notre bon ministre de l’éducation a-t-il l’audace de prétendre que les moyens de pression des enseignants auront plus d’impact sur l’enseignement que les compressions qu’il défend? Franchement, chapeau! « J’aime! » comme dirait mon plus jeune.

Charles-Antoine Bachand,
doctorant en sciences de l’éducation

(LeDroit, 9 sept. 2015)

M. Giddy au sujet de l’éducation pour tous (1807)

9 avril 2015

« Un certain Mr. Giddy qui fit par la suite président de la Société royale, fit des objections (il s’agit du projet de loi qui fit présenté au Parlement britannique en 1807, pour la création d’écoles subventionnées) qui auraient pu être présentées en n’importe quel autre pays : « Tout bénéfique que puisse être, en théorie, le projet de donner une éducation aux travailleurs des classes pauvres, il serait préjudiciable pour leur moral et leur bonheur. Il leur apprendrait à mépriser leur tâche dans la société, au lieu de faire d’eux de bons serviteurs pour l’agriculture et d’autres emplois. Il les rendrait rebelles et réfractaires, au lieu de leur enseigner la subordination, comme cela s’est vu dans les comtés industriels. Il les mettrait en mesure de lire des ouvrages séditieux, des livres pervers et des publications contre la chrétienté. Il les rendrait insolents envers leurs supérieurs et, en peu d’années, le législateur serait contraint de lever sur eux le bras fort du pouvoir ».

 

Reinhold Niebhur in. Freire (1973). La pédagogie des opprimés. Maspero, 202 pages.

 

Il semble que M. Giddy ait eu tout à fait raison. Si seulement l’école était demeurée réservée aux élites, nous n’en serions pas à rappeler leur place de serviteurs à ces jeunes, nourris de livres séditieux, qui cherchent plus de liberté et de justice.

 

 

L’école mobilisée pour former des citoyens (Le Monde, janv. 23 2015, Page10)

27 janvier 2015

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L’ironie de la reddition de compte

7 mai 2014

«The irony is that, because of this new accountability culture, funding that could have been used to improve a student’s educational experience must often be redirected toward institutional research to document that a student has had an improved educational experience. Academic quality ends up being hampered by the measures the business model of education adopted to improve it.»

— ACADEMIC LEADERSHIP 2.0. Par : BULLER, JEFFREY L., Academe, 01902946, May/Jun2013, Vol. 99, Edition 3

Différence entre leader et gestionnaire

26 mars 2014

Burns (1978) describes managers as transactors and leaders as transformers. Managers concern themselves with procurement, coordination and distribution of human and material resources needed by an organization (Ubben and Hughes, 1987). Leaders facilitate the identification of organizational goals. They initiate the development of a vision of what their organization is about:
Management controls, arranges, does things right; leadership unleashes energy, sets the vision so we do the right thing (Bennis and Nanus, 1985, p. 21).

— Kurland, H., Peretz, H., & Hertz-Lazarowitz, R. (2010). Leadership style and organizational learning: the mediate effect of school vision. Journal of Educational Administration, 48(1), 7–30. doi:10.1108/09578231011015395

Une réelle littératie, c’est donner du pouvoir

24 novembre 2013

« Proper literacy enhences people’s controle controle over their lives and their capacity for dealing rationally with decisions by enabling them to identify, understand, and to act to transform, social relations and pratices in which power is structured unequally… Improper literacy either fails to promote, or else actively impedes, such understanding and action.»

– Colin Lankshear et Moira Lawler (1987). Literacy, Schooling and Revolution, London: Falmer, page 74.

La pédagogie n’est pas faite pour les «gagnants»

4 août 2013

Allez, avouons-le franchement: la pédagogie n’est pas faite pour les « gagnants ». Ce n’est pas une « affaire d’hommes », de « vrais »! On la tolère en maternelle, on se résigne à y faire appel pour les tout jeunes enfants, les oubliés de la croissance et les handicapés de la vie. Mais, pour les autres, bon sang, foin de ces prothèses et de ces fadaises! Un peu de tenue s’il vous plaît! Silence et garde-à-vous devant Verlaine, Mercator et Pythagore! Puisqu’on vous dit que c’est important, qu’il suffit de vous rendre spirituellement disponibles, d’oublier tout ce que cous vivez par ailleurs, de partir en classe comme au combat… de vous comporter en mec, quoi! Halte au compassionnisme féminin, aux gesticulations des vieux pédophiles, aux bricolages des éclopés de la science reconvertis en didactiques! Vive les enseignants décomplexés! (p. 41)

— Meirieu, P. (2008). Pédagogie : le devoir de résister. ESF Editeur. page 41.

Les antipédagogues sont des incompétents…

4 août 2013

Enfin et, peut-être tout simplement, les antipédagogues sont des incompétents : en effet, ce n’est pas parce qu’on met l’élève en position de « construire son propre savoir » qu’on abolit l’autorité de maître. Bien au contraire : pour mettre en place une situation où l’élève va, grâce aux consignes et aux ressources qu’on lui fournit, travailler vraiment « dans sa tête » à élaborer des connaissances, il faut que le professeur maîtrise parfaitement ces dernières. Plus encore : il faut qu’il prospecte, parmi tous les documents et toutes les méthodes à sa disposition, ceux et celles qui vont pouvoir être les plus efficaces. Aucune abdication de l’autorité, pas le moindre soupçon de non-directivité… En revanche, l’enseignant qui se contente de « faire cours », sans s’assurer de l’activité intellectuelle de chacun de ses élèves, est vraiment, lui, non-directif : il parle… ceux qui peuvent et veulent suivent; les autres rêvent ou font autre chose malgré les rappels réguliers et pathétiques à l’attention: « Écoutez-moi donc… C’est important… »

— Meirieu, P. (2008). Pédagogie : le devoir de résister. ESF Editeur. (p. 40)

Deux méthodes pour changer l’école…

4 août 2013

« Il y a deux voies qui s’ouvrent à ceux qui veulent transformer l’école. Étudier les enfants et prouver scientifiquement que les modèles d’éducation actuels sont défectueux, et doivent être changés. Ou bien, fonder des écoles dans lesquels les principes sont directement appliqués au service de leur idéal. La première méthode offre de grands avantages, est en harmonie et correspond à la façon progressive dont les hommes de sciences pensent arriver à leurs buts. Ils ont théoriquement raison […]. Néanmoins je ne crois pas que ceux qui veulent travailler à la régénération de l’humanité aient beaucoup à attendre de cette voie. Les dirigeants ont toujours pris soin de contrôler l’éducation du peuple; ils savent mieux que quiconque que leur pouvoir repose entièrement sur l’école et c’est pourquoi ils insistent pour en garder le monopole. » (p. 47-48)

– Ferrer in. Chambat (2011)