This crippling of individuals I consider the worst evil of capitalism. Our whole educational system suffers from this evil. An exaggerated competitive attitude is inculcated into the student, who is trained to worship acquisitive success as a preparation for his future career.
I am convinced there is only one way to eliminate these grave evils [namely through the establishment os a socialist economy, accompanied by an educational systeme which would be oriented toward social goals. In such an economy, the means of production are owned by society itself and are utilized in a planned fashion. A planned economy, which adjusts production to the needs of the community, would distribute the work to be done among all thoses able to work and would garantee a livelihood to every man, woman, and child. The education of the individual, in addition to promoting his own innate abilities, would attempt to develop in him a sense of responsability for his fellow men in place of glorification of power and success in our present society.
— Albert Einstein, 1949.
Archive pour le ‘Éducation’ catégorie
Les concepts historiques!
22 août 2009Ai lu ce matin dans le journal : « Il fait partie de la petite bourgeoisie prolétaire. »
Pour l’amour de Dieu!!! Après, on nous rabat les oreilles sur l’imbécillité des jeunes qui ne connaissent pas la date de la Confédération canadienne! Que dire ce de celui qui peut confondre bourgeoisie et prolétariat!?! Quelle erreur est la plus dramatique? Celui de ne pas connaître une date ou celui de ne pas être en mesure de maîtriser des concepts de base?
Merdre!
Paulo Freire, le pédagogue de la liberté
19 août 2009
« Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde. » (Paulo Freire, 1969)
Peu de pédagogues auront fait couler plus d’encre au cours de la deuxième moitié du XXe siècle que l’éducateur brésilien Paulo Freire. À tout seigneur, tout honneur, Freire avait tout pour déranger les bien-pensants (et les non-pensants) du domaine de l’éducation.
Freire a découvert le métier d’enseignant dans un contexte bien particulier, un contexte qui allait marquer ses pratiques enseignantes et ses réflexions sur la pédagogie. Après un détour par le droit, Freire s’est en effet lancé dans l’enseignement alors que la question de l’alphabétisation des paysans du Brésil se posait cruellement. Au cours de ses travaux, il prend rapidement conscience que l’éducation de quelque discipline que ce soit a toujours une fonction ou une série de finalités. C’est dans cette optique que Freire a choisi de faire, à travers ses programmes d’alphabétisation des paysans, une pédagogie de la libération.
Une pédagogie d’émancipation
En 1964, Freire publie son premier livre de pédagogie, L’Éducation comme pratique de la liberté. Accessoirement, c’est aussi en 1964 qu’il sera emprisonné — et finalement déporté — comme subversif par les militaires du général Onganía porté au pouvoir lors d’un coup d’État sanglant. Dans ce livre, il affirme pour la première fois que toutes les pratiques éducatives ne sont pas égales sur le plan de l’émancipation. Il soutient en effet qu’il existe des façons d’enseigner qui perpétuent une forme d’aliénation alors que d’autres favorisent une réelle émancipation. Les programmes d’alphabétisation qu’il met en place à cette époque attaquent ainsi l’enseignement de l’écriture dans une option de libération. À partir de la réalité des apprenants, il cherche non seulement à donner un sens à ce qui les entoure (favelas, propriétaires, etc.) mais à leur donner un certain pouvoir leur vie et leur devenir.
Avec la publication de son œuvre maîtresse, La Pédagogie des opprimés (1969), Freire va beaucoup plus loin. Il attaque de front ce qu’il appelle l’éducation « bancaire » dans laquelle l’apprenant est considéré comme un récipient vide que l’enseignant doit remplir. Cette conception de l’enseignement implique qu’il existerait un savoir objectif (prédéterminé par un programme de formation… apolitique) et que l’enseignant devrait se borner à le livrer à l’étudiant. Une fois l’enseignement réalisé, l’étudiant devra quant à lui remettre ce « dépôt » tel qu’il lui a été présenté question d’être à même de le comparer à un savoir étalon.
Freire avance pour sa part que l’éducation doit d’abord et avant servir la liberté des apprenants. Il est donc non seulement impératif de guider l’étudiant en fonction de ce qu’il connaît déjà, mais aussi de lui permettre de mieux comprendre sa réalité, le monde dans lequel il vit et de savoir y intervenir. L’éducation doit donc être critique et émancipatrice. Dans un tel contexte, l’enseignant ne peut être considéré comme un fonctionnaire de l’éducation ou un technicien de la pédagogie. Il doit savoir quelles fins le système dans lequel il évolue sert et s’y positionner. L’enseignant ne peut en être un agent passif. Il doit ni plus ni moins qu’accepter son rôle politique, rôle qui lui est dévolu qu’il l’admette ou non.
De même, il remet en question la dichotomie maître/élèves. En ce sens, il soutient que même si les enseignants et les étudiants ne se retrouvent pas sur un pied d’égalité dans les systèmes éducatifs, l’autorité de l’enseignant ne doit jamais devenir autoritaire. Cette idée d’une forme de partage du pouvoir au sein d’une classe est sans doute l’essai le plus accompli d’insérer une démocratie réelle dans l’école. Il faut bien comprendre ici que Freire affirme que l’école ne doit pas simplement enseigner la démocratie, mais doit la pratiquer le plus fidèlement possible, et ce, autant dans les relations entre les enseignants et leurs étudiants que dans la relation entre le ministère et les établissements ou dans la relation entre les directions et les enseignants. Ainsi, les pratiques enseignantes même deviennent des objets d’apprentissage.
C’est dans cette optique que des pédagogues, des universitaires, des travailleurs sociaux et — dans le cas de la mission des capucins de Hull, par exemple — même des prêtres se sont inspirés de ses écrits pour élaborer des activités pédagogiques qui, au-delà de l’enseignement de contenus ou de savoirs, permettaient une compréhension nouvelle de leur réalité et leur donnaient un pouvoir d’y intervenir.
Sur le plan de la remise en question des relations de pouvoir qui existent au sein des systèmes scolaires et du rôle que doit jouer l’enseignant critique dans un tel système, nul n’est allé plus loin que Freire. La question qu’il soulève est donc celle de s’assurer que nous sommes bien l’enseignant qui participe à l’émancipation de nos étudiants.
Pour en savoir plus :
- le tout nouveau site www.freireproject.org
- http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/pedagogie_des_opprimes.pdf
Sources d’inspiration pour un futur Groupe québécois d’éducation nouvelle
6 août 2009Hole in the wall
26 février 2009Vous connaissez peut-être l’expérience faite par le chercheur indien Sugata Mitra. Comme je le soulignais en août dernier[1], lors d’une célèbre présentation des TED, M. Mitra expliquait les grandes lignes de son expérience indienne. Essentiellement, lui et son équipe cherchaient à comprendre ce que des enfants des bidonvilles indiens feraient d’un ordinateur sans l’aide des adultes. Les résultats de son enquête sont tout simplement extraordinaires. Non seulement les enfants ont-ils su apprendre les compétences TIC moyennes en quelques mois, mais ils se sont rapidement mis à s’enseigner leurs découvertes.
Dans cet épisode de la très bonne émission Thinking Allowed de la BBC, l’animateur profite de la sortie du film Slumdog Millionaires pour procéder à une courte entrevue avec M. Mitra. M. Mitra rappelle en quelques minutes les grandes lignes de son expérience indienne, mais traite aussi une dernière expérience menée dans les contrées dévastées par le tsunami de 2004 en Indonésie.
Dans le cadre de cette dernière expérience, M. Mitra cherchait à démontrer qu’il y avait une limite à ce que pouvait apprendre les enfants par eux-mêmes… Les résultats de son enquête sont étonnants!
Payez-vous ce luxe de quelques minutes et écouter l’extrait de l’entrevue : Thinking allowed, 21 jan. 2008.
Bloguer pour enseigner et apprendre
19 janvier 2009Après de longs mois de travail (et de procrastination de ma part), le Site Profweb.qc.ca publie cette semaine un dossier de mon cru traitant de l’utilisation des blogues dans le cadre de l’enseignement et de l’apprentissage. L’objectif de ce dossier est de brièvement présenter ce qu’est un blogue et ce qu’il est possible d’en faire comme enseignant.
Profweb présente donc ainsi ce nouveau dossier :
Bloguer pour enseigner et apprendre. Un dossier très, très attendu de Charles-Antoine Bachand du cégep de l’Outaouais. Un petit conseil : faites de ce dossier votre lecture de la semaine! Une façon efficace de tout savoir sur le blogue comme outil pédagogique!
L’article est aussi disponible en anglais, Teaching and Learning Using Blogs.
Le cynisme des chiens.
16 décembre 2008La semaine dernière, je soulignais à mes amis dans Twitter un événement plus que scandaleux. Dans une école de Marciac, dans le Gers en France. Les policiers sont intervenus en force avec leurs chiens dans une école.
Une monstruosité qu’il faut dénoncer.
Le témoignage d’un enseignant des lieux est particulièrement éprouvant. Il nous raconte entre autres que :
Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »
En réponse à cette histoire le philosophe Jacky Dahomay partage ses réflexions qui méritent d’être largement diffusées.
Le cynisme des chiens.
Le récit ahurissant fait par un enseignant du Gers concernant l’intrusion dans sa classe de gendarmes et d’un chien, m’a littéralement bouleversé. Et j’ai pleuré. De rage bien entendu. Je suis un vieil enseignant, à la veille de la retraite. Ce métier a été ma seule vocation. Je me suis toujours tenu pour le seul maître dans ma classe après Dieu (s’il existe bien entendu !) et personne n’y rentre sans mon autorisation, ni chef d’établissement, ni inspecteur, ni ministre et, à fortiori, ni gendarme ni chien. Impossible ! A moins d’un cas de force majeure grave que le chef d’établissement devra m’expliquer au préalable. Je le dis donc tout net : si une telle chose m’arrivait je donnerais l’ordre aux élèves de désobéir. Telle est mon éthique de professeur. J’estime ma mission d’enseignant plus haute que ma propre sécurité. En vérité, depuis quelques années, les enseignants s’accommodent de bien de choses inacceptables. Oublient-ils ce principe républicain qui veut que l’instruction publique vise aussi à former des citoyens incommodes ?
Comment en est-on arrivé là ? Tout se passe aujourd’hui comme s’il y avait une redoutable confusion des rôles, des institutions comme de leurs fonctionnaires .De toute évidence, au niveau des responsables de l’Etat comme au sein de la population, il y a confusion entre l’espace public propre à l’école et d’autres formes d’espaces publics ou communs. Or, l’école n’est pas publique au sens ou peuvent l’être les chemins de fer, les télécommunications ou la place du marché. Cela fait des années qu’on croit bien faire en ouvrant l’école sur l’extérieur. La rue y est rentrée, avec son lot de désagréments. Si la rue peut enrichir l’expérience, seule l’école donne une véritable instruction. Comment des vérités aussi élémentaires peuvent-t-elles avoir été oubliées ?
Admettons qu’un policier ait toute légitimité pour procéder à des fouilles dans les aéroports et dans la rue (à condition bien sûr que cela ne s’adressent pas qu’aux basanés !). Cela lui donne-t-il pour autant le droit de se substituer à l’autorité du maître dans sa classe ? On a souvent du mal à distinguer entre le maître qui impose une domination et le maître qui exerce un magistère. Et comme ce principe s’est perdu, le maître-chien, fût-il gendarme, se sent autorisé lui aussi à prendre la place de l’enseignant à l’école. Et quand un magistrat se permet de croire que la peur du gendarme introduite brutalement à l’école est ce qui préservera les élèves de la délinquance on se demande, bien que n’étant pas gaulois, si le ciel n’est pas tombé sur notre tête ! La peur et la répression ont remplacé la mission éducative de l’école. Quel échec ! Sait-on simplement que lorsque le chien et le gendarme se substituent à l’autorité du maître à l’école, c’est que les loups hurlent déjà aux portes de nos villes. Il s’ensuit en général un bruit de bottes sur les trottoirs.
Mon cœur donc gronde de colère et qu’on le laisse faire ! Il y a des moments où la raison raisonnante devient impuissante et laisse place à l’indignation. Toutefois, des chiens, préservons-nous de leur rage et de leur cynisme. J’emprunte cette expression « le cynisme des chiens » à Chateaubriand qui, dans ses Mémoires d’Outre-tombe, l’utilise pour qualifier les révolutionnaires qui, sous la Terreur, bons père de famille, emmenaient leurs enfants se promener le dimanche en prenant soin de leur montrer en passant le dada des charrettes qui conduisaient des citoyens à la guillotine. Le cynisme est dans la contradiction voulue et assumée opposant les grands principes humanitaires qu’on affiche et la pratique quotidienne du massacre de citoyens.
Aujourd’hui, nous avons affaire à une autre forme de cynisme. Dans le spectacle que donne à voir par exemple le Gouvernement actuel de la France. Le président, Nicolas Sarkozy le premier. Loin de moi l’idée de vouloir l’affilier à une quelconque gent canine. Mais son cynisme consiste à affirmer une chose et son contraire, à soutenir un ministre un jour, à le désavouer le lendemain, à parler constamment à la place de ses ministres. Dans son agitation ultra médiatisée, il procède à une véritable désymbolisation constante des institutions de la république. Il y a bien là un travail d’affaiblissement de l’autorité de ces dernières. Pour parodier Hannah Arendt, disons qu’il a y aussi perte d’autorité quand les adultes refusent d’assumer le monde dans lequel ils ont mis les enfants, les vouant ainsi à une culture de la violence. Le refus de l’éducation est l’étalage de la répression et le culte de la sécurité. On croit que la sécurité n’est qu’une affaire de police alors qu’elle réside avant tout dans le contrat liant les citoyens, contrat implicite et symbolique comme sortie de l’état de nature. C’est ce refus de l’éducation qui pousse à vouloir incarcérer des enfants de 12 ans. Reste maintenant à obliger des psychiatres à inventer une substance antiviolence qu’on inoculerait aux femmes enceintes, sans leur consentement bien entendu.
Tout cela est grave, très grave. La démocratie ne fait pas toute la légitimité d’une république. Un pouvoir tyrannique peut se mettre en place démocratiquement. L’histoire comme on sait ne se répète pas et les formes de totalitarisme à venir sont forcément inédites. Nous sentons bien qu’une nouvelle sorte de régime politique, insidieusement, se met en place. Quand, à l’heure du laitier, un journaliste est brutalement interpelé chez lui, devant ses enfants ; quand des enfants innocents sont arrachés de l’école et renvoyés dans leur pays d’origine ; quand une association caritative est condamnée à de lourdes amendes pour être venue en aide aux sans abris ; quand….Même si nous n’avons pas encore tous les éléments théoriques permettant de penser ce régime inédit, il se présentifie déjà avec des signes certains de la monstruosité. Face à tout cela, le PS, principal parti d’opposition, se déchire lamentablement. L’heure serait-elle venue, pour nous enseignants du moins, d’entrer dans la désobéissance civile ?
Je ne parle peut-être pas d’outre tombe mais je suis d’Outre-mer. Comme beaucoup d’Antillais, j’ai aimé une certaine France malgré l’esclavage et la colonisation, malgré Vichy et la collaboration. Cette France qui à deux reprises, a su abolir l’esclavage, celle qu’on a cru ouverte aux Droits de l’homme et aux valeurs universelles. Celle dont l’école, malgré ses aspects aliénants pour nous, a su donner le sens de la révolte à un Césaire ou à un Fanon. Qu’il faille dépoussiérer cette vielle école républicaine ne signifie pas qu’on doive la jeter avec l’eau du bain. Est aussi à réviser cette identité républicaine hypocrite qui a du mal à s’ouvrir à la diversité. Et quand on constate que monsieur Brice Hortefeux, ministre de cet affreux ministère de « l’intégration, de l’identité nationale et de l’immigration », aux relents franchement vichyssois, se permet de réunir, à Vichy précisément, les ministres européens chargés des questions d’immigration on peut légitimement penser qu’il y a là une continuité conservatrice inquiétante. Ce ministre rend visite le 10 décembre au Haut Conseil à l’intégration. Je n’y serai pas. J’annonce ici publiquement ma démission du HCI. Cette France qui vient ou qui se met en place sournoisement, je ne l’aime pas. Devrions-nous alors, d’Outre-mer, faire dissidence ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr en tout cas c’est que la plus grave erreur serait de se dire, comme à l’accoutumée, que les chiens aboient et que la caravane passe.
Jacky Dahomay. Professeur de philosophie à la Guadeloupe
Démissionnaire du Haut Conseil à l’Intégration
Des publicités sur les examens!
27 novembre 2008Kevin Change said it was strange the first time he saw an advertisement across the bottom of his calculus test. But now he and his classmates look for them.
“It’s really interesting to see what it is each time,” said Change, 16, a junior at Rancho Bernardo High School.
Some are pithy one-liners, hawking the names of local businesses: “Brace Yourself for a Great Semester! Braces by Henry, Stephen P. Henry D.M.D.”
Others are inspirational quotes, like “Keep the company of those who seek the truth, and run from those who have found it – Vaclav Havel.”
— Linda Lou (2008). «Funds sliced, teacher sells ads on tests», signonsandiego.com, 22 nov. 2008.
Génial! Est-il possible de corrompre l’éducation davantage?
[via 2¢ Worth de David Warlick]
Introduction to K12 Online Conference Presentation
16 octobre 2008Le blogueur Alec Couros se propose de diffuser, d’ici une semaine, une conférence en-ligne destinée aux milieux de l’enseignement où il présenterait ses vues quant à ce qu’est et sera l’éducation «ouverte».
Son premier «teaser» est hilarant!


