Archive pour le ‘Littérature’ catégorie

To hear James Joyce

4 décembre 2005

Pour mon anniversaire, ma maman m’a offert une très jolie édition de Dubliners de James Joyce. Wow! Bien sûr, je l’ai déjà lu trois fois, mais une belle édition d’un livre qu’on aime est comme… dans le fond, c’est incomparable. À ce titre, j’aime bien mes Kipling du début du siècle dernier. Et que dire du Walter Scott de 1862 que j’avais trouvé sur Abebooks? Bon, ça fait plutôt littérature brit mon affaire, et pourtant, c’est tout récent dans mon cheminement littéraire ma découverte de ce pan de la littérature.

Toujours est-il qu’avec ce cadeau de ma maman, le goût d’explorer le monde de Joyce à violemment ressurgi. Dans mon exploration dominicale, j’ai eu le plaisir de retrouver ce court extrait sonore dans lequel on entend Joyce lire Finnekans Wake en 1931! D’entendre la voix d’un si grand homme, venue d’outre tombe… c’est tout de même assez… ouf.

James Joyce « Finnegans Wake »

La chose m’a aussi permis de découvrir cette section du site Salon.com.


saint-exEn terme d’audio de grands hommes, j’avais acheté, il y a de ça quelques années, un CD fait à partir des disques de cire que Saint-Ex envoyait à Renoir alors qu’il était en Afrique du Nord pour l’effort de guerre… Je l’écoute souvent dans la voiture, on goutte un peu l’homme qu’il fut.

Conspiracy of Silence

27 novembre 2005

cosMoi et ma douce nous sommes tapé un film assez intéressant, hier, que je me permets de brièvement en glisser mot. Conspiracy of Silence se déroule en Irlande d’une une petite paroisse où l’on retrouve un séminaire et les quelques séminaristes qui persistent à vouloir devenir prêtre malgré les positions arbitraires de l’Église. En fait, l’histoire tourne autour de la boîte de Pandore ouverte lorsque qu’un prêtre de la région s’enlève la vie.

Or, alors qu’un jeune journaliste cherche à faire la lumière sur cet incident pour le moins inhabituel (on se souviendra que le suicide est un des plus graves pêchés de l’Église catholique), une seconde et tierce trame narrative s’ouvre nous révélant la difficulté d’un d’un jeune séminariste à concilier sa passion pour le Christ et cette autre passion toute aussi vive qu’il a pour une jeune femme de son quartier.

Très bien fait (bien qu’un peu court, on regrette les maigres 100 minutes du film), le film permet d’explorer certaines facettes des dictats de l’Église comme celui du célibat à tout prix. À ce titre, un passage particulièrement intéressant du film demeure cette scène finale où tout ce joue dans un studio de télévision et lors de laquelle un professeur du Trinity College rappelle que loin d’un impératif religieux ou spirituel, le célibat fut imposé par l’Église pour empêcher les prêtres de remettre une partie de leurs avoirs à leur épouse par testament, ce qui posait de plus en plus problème. Il semble en effet, que les prêtres avaient tendance à léguer leurs biens à leur famille plutôt qu’à l’Église. Quels ingrats!

Très beau film donc qui outre l’aspect moral est tout aussi riche de sensibilité. L’histoire de ce prêtre amoureux d’un collègue ou l’histoire de cet autre sidatique sont autant d’aspects qui permettent à ce film d’allez au-delà de l’aspect formel qu’il aurait pu prendre pour explorer la vie des personnages.

The diaries of Franz Kafka, 1910-1923

17 septembre 2005

kafkaDepuis que j’ai lu pour la première fois Kafka (il me semble avoir débuté mon exploration par Le Procès) et ai découvert cet auteur d’une originalité époustouflante, je me promets d’un jour me payer ses carnets. Je n’ai malheureusement jamais pris la peine de faire le saut. Ses nouvelles, Le Château m’ont violemment interpellé. L’art de cet homme et sa sensibilité quant à l’expérience humaine me semble parmi les plus riches que j’ai eu la chance de découvrir.

Toujours est-il que je viens de découvrir une utilisation des cybercarnets à laquelle je n’avais (n’aurais) jamais pensé. Publier au jour le jour un blogue comme s’il s’agissait du journal d’un grand auteur maintenant disparu.

Grâce à La Feuille, je tombe sur cette géniale initiative d’un admirateur inconnu de Kafka*! Imaginer lire les journaux, devenus cybercarnets, au jour le jour, de grands auteurs tels Kafka, Gide ou même, pour quoi pas, Saint-Ex.

Je dois avouer que l’idée me séduit!

The diaries of Franz Kafka, 1910-1923


*[MàJ] : Après vérification, je crois que l’auteur de cette traduction des journaux de Kafka est en fait un étudiant au doctorat en littérature du nom de Paul Kerschen.

La colère de John Le Carré : la guerre en Irak

24 juillet 2005

Quel heureux hazard! Moi et ma conjointe avons passé la soirée d’hier à re-regarder l’extraordinaire film The Spy who Came in From the Cold et, ce matin, ma mère me fait parvenir cette entrevue avec John Le Carré.

La colère de John Le Carré : la guerre en Irak « a attisé le terrorisme », Le Monde, le 23 juillet 2005.

On peut par exemple y lire :

« Il n’y a aucune logique dans le terrorisme [...]. Lui trouver une logique serait déjà lui conférer une dignité qu’il ne mérite pas. On ne peut l’excuser. Mais on doit chercher à l’expliquer. Lorsque quelqu’un veut vous tuer, il est utile de savoir pourquoi. Et c’est quelque chose qu’on cherche à nous décourager de faire, parce que Bush et Blair ne peuvent pas laisser établir un lien entre les attentats et la guerre en Irak. »

Petite citation qui me fait du bien

7 juillet 2005

Joyce

« I will not serve that in which I no longer believe, whether it calls itself my home, my fatherland, or my church: and I will try to express myself in some mode of life or art as freely as I can and as wholly as I can, using for my defense the only arms I allow myself to use — silence, exile, and cunning. »

(James Joyce, Portrait of the Artist as a Young Man.)