Archive pour le ‘C’est vraiment n’importe quoi’ catégorie

Souvenir de jeunesse…

18 octobre 2009

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin avait toujours été un peu bizarre pour nous, les jeunes d’à côté. Il reste au deuxième étage d’une grande maison blanche. Une immense demeure au fond. Beaucoup plus grande que la nôtre. Et le sous-sol y est fini! Une fois, il nous avait fait entrer dans son antre, moi et mon frère. Un superbe appartement. Au fond, une petite cuisine et un perron duquel il s’amusait parfois à viser, sans grand succès les écureuils du coin à l’aide de son fusil à plombs. À droite, en entrant, un puits d’escalier qui monte à la chambre. Une pièce magnifique où l’intimité se commande, comme il se doit, par un rideau de perles de bois. Et les lucarnes! Et au cœur de cet appartement, un salon. Un grand salon au centre duquel trôné un de ces systèmes de son dont rêvent tous les jeunes garçons — et dont je rêve toujours, je dois l’avouer.

— Des JBL! Voilà ce qu’il te faut, Marc. Ton ampli, ça va, mon tes haut-parleurs : ils ne valent pas un clou!

Les haut-parleurs. Un sujet d’une violente polémique entre mon père et le voisin. Une polémique qui animait des débats tout aussi intenses que ceux que j’entendais parfois au sujet d’une révolution qui aurait dû être permanente. Une lutte sans merci. Pionner ou JBL, qui aurait le dessus. Au son, à l’oreille, j’aurais sans hésité cru le voisin. D’autant, que la nuit, ses fichus haut-parleurs pouvaient aussi bien me réveiller à minuit qu’à deux heures du matin. À travers le mur, on entendait surtout la basse, mais tout de même, quelle puissance!

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin était de ces bizarres de types qui sont en mesure de jouer aussi bien au hockey qu’au frisbee en ne portant au pied qu’une paire de pauvres gougounes en caoutchouc ne tenant sur le pied que par un morceau de plastique glissé entre le gros orteil et le majeur du pied. Quelle élégance! Au mois d’août, dans un short Adidas blanc et bleu, il nous ridiculisait tous. Il maniait le frisbee comme Gretzky la rondelle et il pouvait nous crisser toute une volée si nous avions enfin l’audace de lui emprunter ses bâtons d’hockey pour jouer dans la rue.
— À la condition que je joue aussi!

Et tout ça, malgré ses gougounes et son short Adidas blanc et bleu.

Le voisin avait aussi comme caractéristique qu’il vivait toujours dans la maison qui l’avait vu naître. Pas dans le même appartement assurément, mais sa mère et son père vivaient toujours au rez-de-chaussée. Son père était postier. Si j’ai déjà su son nom, il est depuis oublié. Nous l’appelions Monsieur. Les soirs d’Halloween, ils étaient notre premier arrêt. Immanquablement, ils nous faisaient chanter. Pourquoi fallait-il absolument nous faire souffrir ainsi? Nous venions cependant préparés! Une chanson toute prête! Nous avions presque hâte. Faut dire que chanter pour ces voisins c’était tout de même un moindre mal. La voisine d’en face aurait quant à elle bien pu nous manger! Nous étions en effet particulièrement chanceux. Notre pâté de maisons pouvait compter sur les bons services de deux sorcières! La première, à quelques maisons à gauche, ne bornait à nous engueuler lorsque nous marchions sur son trottoir. L’autre, laide, vivait juste en face. Sa maison avait un balcon vert pâle qui n’avait pas été rafraîchi d’une nouvelle couche de peinture depuis des années. Elle ne sortait jamais. Parfois, nous la voyons. Elle semblait vivre avec une autre dame. Sa fille? Une consœur? Il ne nous aurait jamais traversé l’esprit qu’elle aurait pu avoir une amante. Nous n’avions pas l’âge… Nous ne la voyons pour ainsi dire qu’une fois par année : le soir de l’Halloween! Le soir où les sorcières sortaient. Le soir où la gourmandise avait le dessus sur la couardise. Elle pouvait nous manger si elle nous voulait. Un caramel mou et quelques sous pour l’Unicef nous rendaient notre témérité.

— Hé! Ho! Les gars, franchement!

On vient de faire éclater une bouteille vide sur une roche. Nous sommes trois à retenir notre souffle. Quel son! Malheureusement, le frère du voisin au père fonctionnaire a aussi un frère fonctionnaire. L’un au fédéral. L’autre au municipal. Police municipale. Heureusement, il ne vient pas souvent. Il doit voir ses parents une fois par mois. On se tient tranquille. Une journée. Ce qui rend ses visites plus sympathiques cependant c’est que parfois, il vient avec ses filles. Au nombre de deux. Nous sommes trois. Elles sont deux. L’un un brin trop jeune. Elle peut jouer avec le petit frère, pour ce que nous en avons à foutre. L’autre par contre! L’autre, il faut l’épater. Nous avons tout fait pour l’épater. Des folies. Des âneries. Son père lui aura sans doute expliqué quel genre de crétins nous étions.

— J’en vois tous les jours de ces jeunes truands, Marjorie. Fais-moi confiance, ils finiront sûrement en prison.

Échec sur toute la ligne.

— Écoute, Charles! Écoute! C’est quoi? C’est qui?

Le voisin aura toujours été un assez étrange. Mais nous l’aimions bien. Il est impossible de décrire la fierté que j’ai pu ressentir lorsque j’ai su lui répondre, lorsque j’ai su répondre à cette question qu’il nous posait invariablement. Je savais qu’en répondant, je faisais dorénavant partie d’un groupe bien sélect. De ce groupe de gens qui savent apprécier la musique et qui savent ce qu’est la beauté. Je savais, en répondant, que le voisin, aussi bizarre fut-il, allait ressentir une fierté tout aussi puissante que la mienne en pensant à l’éducation musicale qu’il avait réussi à donner au fils du voisin.

— Tarkus. Emmerson, Lake and Palmer.

Enfin. Je l’ai eu. Il prend une autre gorgée de sa bière — de la Bleue — et sourit.

Le 30 oct. Welles et la Guerre des mondes

30 octobre 2008

tripod Il y a 70 ans aujourd’hui, Orson Welles diffusait son War of the Worlds à la radio et passait ainsi à l’histoire une première fois…

source

Cup Of Brown Joy – Elemental

18 mai 2008

hihihi, je n’ai pu résister! Pour mes amis qui ne jurent que par le thé.

Une question d’outil

30 août 2007

Chaque outil d’analyse a été conçu pour mesurer certaines variables bien précises. Utiliser le mauvais outil, c’est comme chercher à planter un clou avec une hache : les chances sont que le clou finisse par rentrer tout croche et que on y perde un doigt.

C’est tout de même quelque chose

15 août 2007

[source : Nasa]

Une nouvelle façon d’ajuster ses rétroviseurs

29 juillet 2007

mirror

Depuis quelques jours maintenant je fais l’essai d’une toute nouvelle façon d’ajuster mes rétroviseurs. La chose peut paraître étrange, mais il semble qu’il existe, depuis peu, une façon plus efficace d’ajuster les rétroviseurs de notre voiture pour réduire les angles-morts au stricte minimum. Aussi surprenant que la chose paraître, le truc semble vachement bien fonctionner.

Essesntiellement, cet ajustement permet au conducteur de voir les voitures de façon continue d’un rétroviseur à l’autre sans devoir se déplacer ou tourner la tête. Bien entendu, cette façcon de procéder demander une période d’ajustement… période que je me donne pour déterminer si la chose me plaît ou non.

mirror2

For years, we’d been setting our side-view mirrors so that they gave us a view of the back corner of our cars. This is the way it’s been done for generations – from grandfather, to father, to us! But we finally discovered something very interesting. The back corner of the car never moves. It always stays in the same exact place. So there’s really no reason to keep an eye on it. (source : Car Talk)

BobHarris.com

4 décembre 2005

La meilleure photo que j’ai vue depuis longtemps!

via BobHarris.com.

Gaffe de proportion encyclopédique

30 septembre 2005

Le 23 septembre dernier le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples publiait un communiqué décriant la banalisation de stéréotypes racistes que présente la dernière mouture du Nouveau Petit Littré. Le MRAP soulignait que dans ce dictionnaire usuel on pouvait lire des définitions telles :

« Juif : (…) Etre riche comme un juif, être fort riche. Fig. et famil. Celui qui prête à usure ou qui vend exorbitamment cher, et en général quiconque cherche à gagner de l’argent avec âpreté. »

« Ghetto n.m. Quartier d’une ville où vit essentiellement une population juive. (…) »

« Arabe n.m. Qui est originaire d’Arabie. Fig. Usurier, homme avide. (…) »

« Nègre (…) adj. Qui appartient à la race des nègres. Nation, race nègre. (…) »

« Jaune (…) Race jaune ou mongolique, race d’hommes occupant la Chine et la Tartarie. Subst. Les jaunes, les hommes de la race jaune. » (source)

Bien entendu, la défense de l’éditeur n’a pas tardé. Selon ses dires, il semble que la chose soit due à un « bug informatique » (Le « bug informatique » qui vaut au « Petit Littré » une accusation de racisme, Le Monde, le 29 septembre 2005).

Je ne sais pas pour vous, mais bug ou pas bug, c’est le genre de truc pour lequel je ne vois tout simplement d’excuse possible. N’ont-ils pas trois ou quatre réviseurs? Non mais, c’est d’une absurdité consommée! Un danger public! Je peux bien croire que la compétition les pousse à publier rapidement, mais il demeure qu’on ne peut publier n’importe quoi!

Je comprends vraiment mal comment une telle chose peut se produire. Je serais submergé par la honte.

(via Citrouille)

Happy campers

9 août 2005

« It used to be about soggy canvas, rubbish sleeping bags and articulated camp beds that always collapsed. But now the kit is modern and fabulous – and we’re flocking to the great outdoors. »

Happy campers, The Guardian, le 9 août 2005.

Never Too Late!

1 août 2005

Damn! They’re good!

never to late

Image issue de : Never Too Late!: Life on the front line part II.

Avec un peu de chance, c’est un gag… [soupir].