Archives pour ‘Politique’ category

Bock-Côté contre le pluralisme… contre la diversité?

24 décembre 2009

Qu’on ne s’y trompe pas, ce contre quoi Mathieu Bock-Côté en a, en réalité, c’est le pluralisme, c’est-à-dire la gestion de la diversité dans le respect des droits et des prérogatives de chacun. Cette philosophie fait partie des grandes leçons tirées des horreurs de la dernière guerre mondiale, des mouvements de décolonisation du XXe siècle et des luttes d’émancipation des groupes opprimés (autochtones, femmes, minorités religieuses ou raciales, et autres).

Elle est partagée aujourd’hui par toutes les nations véritablement démocratiques. Là où celles-ci diffèrent, c’est dans la façon d’appliquer cette philosophie, dans la manière de la traduire en orientations, en politiques, en programmes.


— Gérard Bouchard, Réplique à Mathieu Bock-Côté – Prudence et rigueur dans le débat public, LeDevoir, 20 mai 2009.

Il y a 25 ans, Bhopal… une vidéo

9 décembre 2009

Il y a 25 ans, une trentaine de tonnes de gaz toxique s’échappait de l’usine d’Union Carbide à Bhopal. On ne sait pas combien de morts pleurer: de 5000 à 8000 morts la nuit même; et au cours des années suivantes, 20 000 autres, victimes des conséquences de l’exposition à des gaz toxiques ou à la consommation de l’eau contaminée. Des centaines de milliers de personnes souffrent de maladies du système respiratoire, immunitaire, de cancers, de problèmes ophtalmiques, gynécologiques. Encore aujourd’hui, des enfants naissent avec des malformations physiques et des déficiences mentales. On craint que le poison ait causé des dommages génétiques irrémédiables, laissant dans son sillage des générations d’enfants handicapés.


— Sylvie Joly et Louis Roy, «Bhopal, l’anniversaire oublié», LeDevoir, 3 déc. 2009.

Mme Joly nous invite à diffuser la vidéo qu’ils ont réalisée à ce sujet. Ce que je fais avec joie.

H1N1: pourquoi se faire vacciner selon Amir Khadir, partie 2

6 novembre 2009

Petite vidéo de Trotsky

28 octobre 2009

Non mais! Comment enseigner l’histoire sans Youtube?!?

Rencontre du Front commun en Outaouais

27 octobre 2009

250 personnes!Belle rencontre ce soir pour les membres du Front commun du secteur public de l’Outaouais. La salle était pleine à craquer pour entendre les représentants des différentes centrales. Louis Roy de la CSN, Daniel Boyer de la FTQ et Gilles Dussault du SISP ont fait applaudir la foule plus d’une fois par leur discours au sujet des prochaines négociations.

Voyez les quelques photos que j’y ai prises!

Selon ces militants de nos centrales, il est impératif de déboulonner les grands mythes concernant les employés du secteur public.

De ces mythes, en voici quelques-uns:

1. Les fonctionnaires se poignent le beigne : Avons-nous vraiment besoin d’en parler! Partout dans le secteur public, on réduit les services depuis des années. Les jeunes quittent en masse le secteur public pour se trouver des employés ayant de meilleures conditions. Nous faisons un travail essentiel et nous avons trop rarement les ressources pour le faire comme il le devrait!

2. Les employés de l’État sont bien payés : L’écart entre le salaire des employés du secteur public et celui des employés du privé est de l’ordre de 7,7%. Point!

3. Les employés du secteur public ont la sécurité d’emploi : Quelle farce! Avec les départs à la retraite sans remplacement et le fait que nous ne sommes plus en mesure d’assurer la relève avec des jeunes qui sortent de nos écoles et de nos universités, elle est belle la sécurité d’emploi!

Louis Roy, de la CSN, nous a par ailleurs rappeler que malgré la crise économique actuelle, le gouvernement Charest s’est amusé à donner quelque 42 milliards de dollars pour les infrastructures à des entrepreneurs privés. Avec une marge de profit de 15%, on parle donc d’environ 6 milliards donnés directement en profit au privé… Les augmentations salariales que nous demandons, pour 475 000 employés qui, eux aussi font rouler l’économie, se chiffrent à à peine 3,3 milliards!

Le gouvernement utilise l’argent dans des magouilles et nous dit ensuite qu’il n’en a plus pour ses employés. C’est à un choix de société auquel nous sommes confrontés! Si, à 475 000 syndiqués, nous ne sommes pas en mesure de rappeler au gouvernement qu’il doit enfin bien gérer l’argent des contribuables et leur donner les services dont ils ont besoin, nous aurons un sérieux problème!

Un intervenant nous a par ailleurs fait remarquer qu’au rythme où vont les choses, on est en droit de se demander si le gouvernement ne met pas tout en oeuvre pour que les services publics soient dysfonctionnels. Lorsque tous les services seront réduits au strict minimum, il sera d’autant plus facile de faire avaler la pilule de la privatisation!

Enfin, un dernier intervenant ajoute : «Le gouvernement Charest est un virus! C’est un virus bien pire que le H1N1!».

C.-A.

Conférence d’AbouSoufian Abdelrazik en Outaouais

20 septembre 2009

Conférence d’AbouSoufian Abdelrazik en Outaouais
Le samedi 3 octobre à 13 h : Briser le silence et mettre fin à la peur. Université du Québec en Outaouais, boul. Alexandre Taché Salle C-0416

Abousfian Abdelrazik, de retour depuis peu d’un exil forcé de 6 ans au Soudan, sera en tournée au Québec et au Canada, du 24 septembre au 15 octobre, accompagné de membres du projet Retour au bercail. Malgré le fait qu’Abdelrazik soit maintenant de retour au Canada et qu’il ait pu retrouver sa famille, son nom demeure sur la liste 1267 de l’ONU et personne n’a été tenu responsable pour les graves injustices et les violences dont il a souffert. Alors qu’il entreprend des démarches afin que sa famille et lui-même puissent à nouveau vivre pleinement dans la dignité et le respect de ses droits les plus élémentaires, le projet Retour au bercail organise cette tournée pour qu’il puisse rencontrer les gens qui l’on soutenu et raconter son histoire en personne. Plus que tout, cette tournée vise à contribuer à briser le silence et la peur, conséquences directes de l’injustice et du racisme propagés au nom de la «sécurité nationale » au Canada. Cette tournée vise à encourager toutes les personnes à se réunir, s’exprimer et résister.

Des idées à rendre «mainstream»

9 septembre 2009

This is to my mind more than just a peculiarity of the Cuban process: it confirms the implications of Gramsci’s argument that for proletarian ideology—Marxist theory—to triumph, it must win the battle for hegemony and become “common sense.” Or to put it another way, the abstractions of Marxist theory must gel with the popular democratic traditions of a specific country before they can become hegemonic. This is perhaps the crucial error of most Communist (and also Trotskyist) parties: the idea that by preaching abstract Marxist-Leninist doctrine they can build an effective mass revolutionary movement.

— Diana Raby (2009). «Why Cuba Still Matters», Monthly Review, January 2009

Intéressante citation qui me ramène à l’un de mes principaux sujets de réflexion ces temps-ci. Comment se peut-il qu’il est si peu de place faite au contre-discours? Comment est-ce possible que la droite ait réussi à faire accepter ses idées et son discours de façon si étanche qu’ils font partie des idées reçues, du bon sens ou du «mainstream»? Comment se fait-il encore que la gauche n’ait pas réussi à faire mieux? Où est le discours de gauche? Quel est notre organe? Comment se fait-il qu’alors que tous sont hébétés de voir nos voisins États-uniens s’entre-déchirer au sujet de l’assurance maladie, que nous peinions à faire valoir des idées comme éole-Québec ou pharma-Québec? Comme s’il s’agissait là d’idées aussi farfelues que celle de l’assurance-maladie pour les États-uniens.

Il est impératif de prendre la place qui nous revient sur la place publique! Il est impératif de parler et d’écrire pour être entendus et lus! Il est impératif que celles et ceux qui ont quelque chose à dire, que celles et ceux qui ont développé au cours des ans des outils qui leur permettent de comprendre le monde, interviennent publiquement! Il est impératif que l’on cesse de sa gargariser dans des revues scientifiques ou des magazines de gauche que personne ne lit et qui sont, plus souvent qu’autrement, tout à fait indigestes, pour rendre notre discours intelligible. On ne convaincra personne si personne ne comprend de quoi on cause et si nos idées paraissent rigoureusement farfelues. Or, des idées sont parfois farfelues que parce qu’elles sont marginales et présentées comme telles… comme une assurance-maladie états-unienne.

Einstein au sujet de l’éducation

6 septembre 2009

This crippling of individuals I consider the worst evil of capitalism. Our whole educational system suffers from this evil. An exaggerated competitive attitude is inculcated into the student, who is trained to worship acquisitive success as a preparation for his future career.

I am convinced there is only one way to eliminate these grave evils [namely through the establishment os a socialist economy, accompanied by an educational systeme which would be oriented toward social goals. In such an economy, the means of production are owned by society itself and are utilized in a planned fashion. A planned economy, which adjusts production to the needs of the community, would distribute the work to be done among all thoses able to work and would garantee a livelihood to every man, woman, and child. The education of the individual, in addition to promoting his own innate abilities, would attempt to develop in him a sense of responsability for his fellow men in place of glorification of power and success in our present society.

— Albert Einstein, 1949.

David Harvey traite de la crise économique

5 août 2009

J’ai déjà parlé ailleurs de l’économiste David Harvey. Il s’agit d’un de nos grands penseurs actuels qui méritent d’être entendu. Il est particulièrement étonnant de se rendre compte à quel point les idées de ces penseurs qui remettent en question le système actuel de distribution des biens (parce que l’économie peut, ce me semble, se résumer à quelque comme la façon de faire en sorte que ceux qui ne cultivent les terres puissent avoir de quoi se nourrir) demeurent ignorées par les médias et les politiques. Il nous faut absolument et résolument rendre ces idées de plus en plus « mainstream », il faut les partager, les répéter pour qu’il soit dorénavant possible de penser de façon réellement holistiquement à des solutions aux problèmes économiques et sociaux auxquels nous devons faire face.

Au sujet de la crise actuelle de l’économie qui, malgré le fait que M. Stockwell Day, du haut de sa chaire ministérielle, déclare qu’elle soit terminée, continue de miner l’emploi dans toutes les régions du Canada et des États-Unis, David Harvey écrivait déjà en 2005 que :

The upper classes, insisting on the sacrosanct nature of their rights, preferred to crash the system rather than surrender any of their privileges and power. In so doing they were not oblivious of their own interest, for if they position themselves aright they can, like good bankruptcy lawyers, profit from a collapse while the rest of us are caught most horribly in the deluge. A few of them may get caught and end up jumping out of Wall Street windows, but that is not the norm, the only fear they have is of political movement that threaten them with expropriation or revolutionary violence. While the can hope that the sophisticated military apparatus they now possess (thanks to the military industrial complex) will protect their wealth and power, the failure of that apparatus to easily pacify Iraq on the ground should give them pause. (Harvey, 2005) [je souligne]

Le 5 juillet dernier, M. Harvey faisait une présentation lors du très bon « festival » Marxism 2009. La technologie nous permet d’y assister :

Source :

David Harvey, A Brief History of Neoliberalism, Oxford, Oxford University Press, 2007 (2005), page 153.


Far right launch campaign of violence and intimidation against opponents

3 août 2009

Dans le Guardian d’aujourd’hui, on apprend qu’un groupe d’extrême droite britannique vient de se lancer dans un assaut spectaculaire contre des militants anti-BNP. Pour mémoire, rappelons que le British National Party a réussi à faire élire plusieurs députés lors du dernier scrutin pour la députation britannique au Parlement européen. Nous étions en droit d’être inquiets lors de cette étrange élection, mais dorénavant, il n’est plus permis de douter : les fascistes et l’extrême droite entendent profiter de la place qui lui est offerte pour reprendre le poil de la bête qu’elle a perdu en Europe de l’Ouest.

Far-right activists have launched a campaign of intimidation and violence against political opponents including a series of death threats and physical attacks. Hardline fascists are targeting students and leading anti-racism activists who campaigned against the British National party in June’s European elections.

A group calling itself the Aryan Martyrs’ Brigade has issued threats including a « death warrant » sent to Weyman Bennett, the joint secretary of Unite Against Fascism, stating he will be killed before the end of the year « for crimes against all loyal white patriots and British nationalists ».

The threat, which the police are investigating and has a picture of Bennett in cross hairs, states: « We know exactly what you look like and what venues you frequent and can strike at will. The police, special branch, MI5, Searchlight cannot save you from the bullets coming your way. No matter where you are, we will get you, all we need is a lock on your mobile phone signal and you are one dead nigger. » (Taylor, 2009)

À ce titre, ajoutons que Le Monde diplomatique du mois de juillet publiait un très bon article sur la place qu’occupe l’extrême droite sur l’échiquier politique autrichien. L’histoire des crimes fascistes y semble très mal étudiée ce que permet à terme que certaines idées xénophobes de l’extrême droite puissent même se retrouver dans les plateformes de parti plutôt centristes.

À ce titre, nous y apprenions non seulement que :

Le 9 mai 2009, des néonazis autrichiens ont attaqué des survivants de Mauthausen, lors de la journée annuelle de commémoration de la libération de ce camp, le plus important d’Autriche.

mais, plus affreusement que :

Sur la place centrale de la capitale de la Carinthie [le samedi 18 octobre 2008], vingt-cinq mille personnes venues de tout le pays attendent en silence le transfert de la dépouille du dirigeant de l’extrême droite autrichienne et gouverneur de la région, Jörg Haider, mort quelques jours plus tôt dans un accident automobile. [...] Au premier rang, aucun des hommes politiques autrichiens ne manque à l’appel. Parmi eux, M. Heinz Fischer, président de la République et membre du Parti social-démocrate autrichien (SPÖ), le chancelier Alfred Gusenbauer (SPÖ), tous les ministres du gouvernement, ainsi que les dirigeants de tous les partis. « De véritables funérailles nationales », admet M. Gusenbauer [...] Et tout cela pour un homme qui [...] à l’occasion d’un rassemblement, à Krumpendorf, le 30 septembre 1995, exprima son admiration pour les vétérans des Waffen-SS, « ces hommes intègres, restés fidèles jusqu’à aujourd’hui à leurs convictions, malgré les vents contraires » (Daum, 2009). [je souligne]

Un travail monumental sera à faire pour lutter contre cette nouvelle poussée de l’acné fasciste.


Sources :

Taylor (2009). Far right launch campaign of violence and intimidation against opponents | World news | guardian.co.uk
Daum (2009). En Autriche, l’amer bilan des années Haider, Le Monde diplomatique