Archive pour le ‘Résistance’ catégorie

Il y a 25 ans, Bhopal… une vidéo

9 décembre 2009

Il y a 25 ans, une trentaine de tonnes de gaz toxique s’échappait de l’usine d’Union Carbide à Bhopal. On ne sait pas combien de morts pleurer: de 5000 à 8000 morts la nuit même; et au cours des années suivantes, 20 000 autres, victimes des conséquences de l’exposition à des gaz toxiques ou à la consommation de l’eau contaminée. Des centaines de milliers de personnes souffrent de maladies du système respiratoire, immunitaire, de cancers, de problèmes ophtalmiques, gynécologiques. Encore aujourd’hui, des enfants naissent avec des malformations physiques et des déficiences mentales. On craint que le poison ait causé des dommages génétiques irrémédiables, laissant dans son sillage des générations d’enfants handicapés.


— Sylvie Joly et Louis Roy, «Bhopal, l’anniversaire oublié», LeDevoir, 3 déc. 2009.

Mme Joly nous invite à diffuser la vidéo qu’ils ont réalisée à ce sujet. Ce que je fais avec joie.

420 trésors à préserver!

2 décembre 2009

Après plus de 11 semaines en grève, agissons!

« Les membres de l’AFPC qui travaillent au Musée des civilisations et au Musée de la guerre sont en grève depuis septembre. Après des semaines sans rencontres, puis une semaine de pourparlers infructueux, les 420 grévistes ont demandé que le conflit soit réglé par une tierce partie neutre.

Mais, la direction des musées a refusé.

La population doit s’y mettre et faire des pressions sur la direction jusqu’à ce qu’elle change d’idée.

Aidez à régler ce conflit. »

— Site Grève au Musée des civilisations et au Musée de la guerre

Petite vidéo de Trotsky

28 octobre 2009

Non mais! Comment enseigner l’histoire sans Youtube?!?

Rencontre du Front commun en Outaouais

27 octobre 2009

250 personnes!Belle rencontre ce soir pour les membres du Front commun du secteur public de l’Outaouais. La salle était pleine à craquer pour entendre les représentants des différentes centrales. Louis Roy de la CSN, Daniel Boyer de la FTQ et Gilles Dussault du SISP ont fait applaudir la foule plus d’une fois par leur discours au sujet des prochaines négociations.

Voyez les quelques photos que j’y ai prises!

Selon ces militants de nos centrales, il est impératif de déboulonner les grands mythes concernant les employés du secteur public.

De ces mythes, en voici quelques-uns:

1. Les fonctionnaires se poignent le beigne : Avons-nous vraiment besoin d’en parler! Partout dans le secteur public, on réduit les services depuis des années. Les jeunes quittent en masse le secteur public pour se trouver des employés ayant de meilleures conditions. Nous faisons un travail essentiel et nous avons trop rarement les ressources pour le faire comme il le devrait!

2. Les employés de l’État sont bien payés : L’écart entre le salaire des employés du secteur public et celui des employés du privé est de l’ordre de 7,7%. Point!

3. Les employés du secteur public ont la sécurité d’emploi : Quelle farce! Avec les départs à la retraite sans remplacement et le fait que nous ne sommes plus en mesure d’assurer la relève avec des jeunes qui sortent de nos écoles et de nos universités, elle est belle la sécurité d’emploi!

Louis Roy, de la CSN, nous a par ailleurs rappeler que malgré la crise économique actuelle, le gouvernement Charest s’est amusé à donner quelque 42 milliards de dollars pour les infrastructures à des entrepreneurs privés. Avec une marge de profit de 15%, on parle donc d’environ 6 milliards donnés directement en profit au privé… Les augmentations salariales que nous demandons, pour 475 000 employés qui, eux aussi font rouler l’économie, se chiffrent à à peine 3,3 milliards!

Le gouvernement utilise l’argent dans des magouilles et nous dit ensuite qu’il n’en a plus pour ses employés. C’est à un choix de société auquel nous sommes confrontés! Si, à 475 000 syndiqués, nous ne sommes pas en mesure de rappeler au gouvernement qu’il doit enfin bien gérer l’argent des contribuables et leur donner les services dont ils ont besoin, nous aurons un sérieux problème!

Un intervenant nous a par ailleurs fait remarquer qu’au rythme où vont les choses, on est en droit de se demander si le gouvernement ne met pas tout en oeuvre pour que les services publics soient dysfonctionnels. Lorsque tous les services seront réduits au strict minimum, il sera d’autant plus facile de faire avaler la pilule de la privatisation!

Enfin, un dernier intervenant ajoute : «Le gouvernement Charest est un virus! C’est un virus bien pire que le H1N1!».

C.-A.

Paulo Freire, le pédagogue de la liberté

19 août 2009

Paulo_Freire.jpg« Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde. » (Paulo Freire, 1969)

Peu de pédagogues auront fait couler plus d’encre au cours de la deuxième moitié du XXe siècle que l’éducateur brésilien Paulo Freire. À tout seigneur, tout honneur, Freire avait tout pour déranger les bien-pensants (et les non-pensants) du domaine de l’éducation.

Freire a découvert le métier d’enseignant dans un contexte bien particulier, un contexte qui allait marquer ses pratiques enseignantes et ses réflexions sur la pédagogie. Après un détour par le droit, Freire s’est en effet lancé dans l’enseignement alors que la question de l’alphabétisation des paysans du Brésil se posait cruellement. Au cours de ses travaux, il prend rapidement conscience que l’éducation de quelque discipline que ce soit a toujours une fonction ou une série de finalités. C’est dans cette optique que Freire a choisi de faire, à travers ses programmes d’alphabétisation des paysans, une pédagogie de la libération.

Une pédagogie d’émancipation

En 1964, Freire publie son premier livre de pédagogie, L’Éducation comme pratique de la liberté. Accessoirement, c’est aussi en 1964 qu’il sera emprisonné — et finalement déporté — comme subversif par les militaires du général Onganía porté au pouvoir lors d’un coup d’État sanglant. Dans ce livre, il affirme pour la première fois que toutes les pratiques éducatives ne sont pas égales sur le plan de l’émancipation. Il soutient en effet qu’il existe des façons d’enseigner qui perpétuent une forme d’aliénation alors que d’autres favorisent une réelle émancipation. Les programmes d’alphabétisation qu’il met en place à cette époque attaquent ainsi l’enseignement de l’écriture dans une option de libération. À partir de la réalité des apprenants, il cherche non seulement à donner un sens à ce qui les entoure (favelas, propriétaires, etc.) mais à leur donner un certain pouvoir leur vie et leur devenir.

Avec la publication de son œuvre maîtresse, La Pédagogie des opprimés (1969), Freire va beaucoup plus loin. Il attaque de front ce qu’il appelle l’éducation « bancaire » dans laquelle l’apprenant est considéré comme un récipient vide que l’enseignant doit remplir. Cette conception de l’enseignement implique qu’il existerait un savoir objectif (prédéterminé par un programme de formation… apolitique) et que l’enseignant devrait se borner à le livrer à l’étudiant. Une fois l’enseignement réalisé, l’étudiant devra quant à lui remettre ce « dépôt » tel qu’il lui a été présenté question d’être à même de le comparer à un savoir étalon.

Freire avance pour sa part que l’éducation doit d’abord et avant servir la liberté des apprenants. Il est donc non seulement impératif de guider l’étudiant en fonction de ce qu’il connaît déjà, mais aussi de lui permettre de mieux comprendre sa réalité, le monde dans lequel il vit et de savoir y intervenir. L’éducation doit donc être critique et émancipatrice. Dans un tel contexte, l’enseignant ne peut être considéré comme un fonctionnaire de l’éducation ou un technicien de la pédagogie. Il doit savoir quelles fins le système dans lequel il évolue sert et s’y positionner. L’enseignant ne peut en être un agent passif. Il doit ni plus ni moins qu’accepter son rôle politique, rôle qui lui est dévolu qu’il l’admette ou non.

De même, il remet en question la dichotomie maître/élèves. En ce sens, il soutient que même si les enseignants et les étudiants ne se retrouvent pas sur un pied d’égalité dans les systèmes éducatifs, l’autorité de l’enseignant ne doit jamais devenir autoritaire. Cette idée d’une forme de partage du pouvoir au sein d’une classe est sans doute l’essai le plus accompli d’insérer une démocratie réelle dans l’école. Il faut bien comprendre ici que Freire affirme que l’école ne doit pas simplement enseigner la démocratie, mais doit la pratiquer le plus fidèlement possible, et ce, autant dans les relations entre les enseignants et leurs étudiants que dans la relation entre le ministère et les établissements ou dans la relation entre les directions et les enseignants. Ainsi, les pratiques enseignantes même deviennent des objets d’apprentissage.

C’est dans cette optique que des pédagogues, des universitaires, des travailleurs sociaux et — dans le cas de la mission des capucins de Hull, par exemple — même des prêtres se sont inspirés de ses écrits pour élaborer des activités pédagogiques qui, au-delà de l’enseignement de contenus ou de savoirs, permettaient une compréhension nouvelle de leur réalité et leur donnaient un pouvoir d’y intervenir.

Sur le plan de la remise en question des relations de pouvoir qui existent au sein des systèmes scolaires et du rôle que doit jouer l’enseignant critique dans un tel système, nul n’est allé plus loin que Freire. La question qu’il soulève est donc celle de s’assurer que nous sommes bien l’enseignant qui participe à l’émancipation de nos étudiants.


Pour en savoir plus :


Au sujet des droits d’auteur…

6 août 2009

Dans une conférence récente, le philosophe marxiste Slavoj Žižek, s’est permis de rapidement traiter de l’actuel débat au sujet des droits d’auteur. Il y mentionne entre autres que :

What is all the struggle for Intellectual property if not an attempt to deprive us of the symbolic substance of our lives? (Žižek, 2009)

Cela dit, pour bien comprendre ce qui est en jeu dans tous les palabres actuels au sujet des droits d’auteurs, il est impératif de se rappeler l’histoire même de la naissance et de l’évolution de ces droits au cours des deux derniers siècles. On prend rapidement conscience que même à ses tout débuts, l’idée du droit d’auteur cherchait à créer un équilibre équitable entre les droits de l’auteur et ceux de la communauté qui héberge celui-ci… Étonnamment, l’agent, l’éditeur, le producteur, ou quelque autre forme de «propriétaire» de droits d’auteur n’entrait tout simplement en ligne de compte. Bien entendu, entre les 14 années de droits exclusifs initiaux, ce que demandaient les auteurs eux-mêmes (Mark Twain a été un très grand militant de l’octroi de droits d’auteur plus complets) et ce qui existe aujourd’hui au Canada et aux États-Unis, il existe une marge qui, si elle est particulièrement impressionnante, demeure relativement simple à expliquer. L’importance jadis accordée aux droits collectifs, aux droits de la communauté a été complètement revue au cours du XXe siècle. Ce réaménagement de l’équilibre entre droits individuels et droits collectifs a bien entendu aussi eu un impact majeur sur la nation même de droits d’auteur. Ainsi, l’équilibre entre les droits du «propriétaire» de droits d’auteur (parce qu’il s’agit rarement de l’auteur lui-même) et les droits de la communauté a été complètement revu.

En ce sens, l’exemple «Mickey Mouse» est particulièrement éloquent.

Most famously, the Disney Corporation copyrighted Mickey Mouse in 1928 and renewed the copyright until 1984 [à l'époque, il était impératif d'entreprendre une démarche pour renouveler les droits d'auteur sur une oeuvre]. But the 1976 law gave him another nineteen years of copyright life (to 2003). Thanks to the Copyright Term Extension Act, Mickey can lounge profiably under the Disney umbrella for another twenty years (until 2023). (Cohen & Rosenzweig, 2006)

Ainsi, Mickey Mouse aura été protégé pendant près de 100 ans (et ce, même si Walt lui-même est décédé en 1947).

L’année dernière, la très bonne émission radiophonique de la CBC, Ideas, faisait un reportage complet d’une heure sur le thème de la propriété intellectuelle. Cette émission que je ne saurais trop recommander met en lumière cette histoire étrange de la propriété des idées.

[The] slow expansion of the laws of intellectual property through the 20th century, and more recently the emergence of new digital technologies, the Internet in particular, have upset the delicate balance between the rights of creators and the rights of the public. Copyright law has been changed, again and again, in what many perceive as an expansion of the rights and control of the emerging « content industries. » Copyright law today covers more kinds of expression, lasts considerably longer, and comes with considerably more stringent enforcement than it has in the past.

De même, le bibliothécaire Olivier Charbonneau publiait aujourd’hui un article fort intéressant dans Le Devoir. Il rappelle entre autres que :

aux États-Unis, le «fair use» permet beaucoup plus que sa version canadienne. Sa définition est ouverte puisque les fins de «fair use» ne sont pas toutes énumérées. Entre autres exemples, les créateurs ont droit à la satire, les enseignants ont le droit de montrer des films en classe, et ce, sans devoir obtenir une permission. Ces usages sont actuellement proscrits selon la logique actuelle de l’utilisation équitable au Canada. Le Canada devrait adopter une définition «ouverte» de l’utilisation équitable comme celle des États-Unis, incorporer les contraintes imposées à celle-ci par la Cour suprême en 2004 dans l’arrêt CCH et assister les institutions du pays à adopter des politiques qui définissent l’utilisation équitable pour le contexte précis de leurs communautés. (Charbonneau, 2009)

Cette idée du «fair use» ou de l’utilisation équitable semble être un strict minimum. En ce sens, les historiens Cohen et Rosenzweig (2009) appelaient à une utilisation de plus en plus militante du «fair use» de crainte de le voir réduire à sa plus simple expression ou même de crainte de perdre des oeuvres dont les propriétaires qui bien qu’ils ne voient pas l’intérêt de les rééditer (par manque d’intérêt des consommateurs potentiels) se refusent catégoriquement à les remettre dans le domaine public. Ces historiens croient qu’il est plus que probable que les règles actuelles et la philosophie même du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle risquent d’avoir des conséquences importantes sur la pérennité de certaines oeuvres ou de certaines idées.

En ce sens, il semble impératif de réévaluer ce que nous entendus par les droits de l’auteur et de revoir de fond en comble les assises mêmes de la «propriété intellectuelle».

Sources :
CBC Radio | Ideas | Features | Who Owns Ideas?
Olivier Charbonneau (2009). Pour une réforme équitable du droit d’auteur, LeDevoir, 2009-08-06.
Daniel J. Cohen & Roy Rosenzweig (2006). Digital History, University of Pennsylvania Press, 316 pages.
Slavoj Žižek, What does it mean to be a revolutionary today? Marxism 2009.


Francis Jeanson (1922-2009)

3 août 2009

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d’un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie (réseau dit des « porteurs de valise »), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux, a-t-on appris auprès de sa famille. Auteur de nombreux ouvrages notamment sur Jean-Paul Sartre dont il était très proche, collaborateur de la revue Les Temps modernes, Francis Jeanson est mort à la Clinique d’Arès, à 45 km de Bordeaux, a précisé son fils Olivier. (AFP)

On apprenait aujourd’hui le décès du philosophe Francis Jeanson. Le très bon Richard Seymour écrivait à son sujet un article particulièrement intéressant. Je vous invite à y jeter un oeil.

More important than any of this, though, Jeanson was one of the few in the French left who took an early and consistent stance against the French empire in Algeria. His sympathy for anticolonial struggle was evident in his preface to the first edition of Frantz Fanon’s Black Skin, White Masks. But having visited Algeria in 1948, three years after the repression of the Setif uprising (during which the communist faily L’Humanite had described the insurgents as ‘Hitlerite killers’), he set up what became known as the Jeanson Network, an alliance of leftists and avant garde intellectuals supporting self-determination for Algeria. The book Jeanson co-wrote with his wife Colette Jeanson about the FLN’s rebellion, based on their visits to Algeria, explicitly took the side of the rebels, and would provide Sartre with the ammunition to denounce the pitiless colonial system, particularly those who favoured a ‘good’ colonialism and who worried about ‘abandoning’ Algeria. The Network didn’t just passively support the uprising: it funnelled money and documents to the Front de Libération Nationale (FLN) after the group’s formation in 1954, and was important in winning thargument in the left for solidarity with the anticolonial movement. (Lenin’s Tomb, 2009-08-03)

Je suis assez attristé d’apprendre que ce grand homme vient de nous quitter… je le suis encore plus de découvrir aujourd’hui seulement son existence! Je commence sérieusement à désespérer que voir tous ces hommes courageux et ses femmes courageuses nous quitter sans véritablement être remplacé. Ce n’est sûrement pas les Bock-Côté de ce monde qui auront le courage d’analyser l’injustice, de la dénoncer et de réellement agir pour y remédier! Et ceux et celles qui ont la capacité d’analyse nécessaire à cette forme d’action… trop souvent, ce me semble, se taisent ou écrivent seulement dans des journaux que personne ne lit…

Sources :

AFP: Décès du philosophe Francis Jeanson, créateur d’un réseau de soutien au FLN
LENIN’S TOMB: Francis Jeanson RIP


Far right launch campaign of violence and intimidation against opponents

3 août 2009

Dans le Guardian d’aujourd’hui, on apprend qu’un groupe d’extrême droite britannique vient de se lancer dans un assaut spectaculaire contre des militants anti-BNP. Pour mémoire, rappelons que le British National Party a réussi à faire élire plusieurs députés lors du dernier scrutin pour la députation britannique au Parlement européen. Nous étions en droit d’être inquiets lors de cette étrange élection, mais dorénavant, il n’est plus permis de douter : les fascistes et l’extrême droite entendent profiter de la place qui lui est offerte pour reprendre le poil de la bête qu’elle a perdu en Europe de l’Ouest.

Far-right activists have launched a campaign of intimidation and violence against political opponents including a series of death threats and physical attacks. Hardline fascists are targeting students and leading anti-racism activists who campaigned against the British National party in June’s European elections.

A group calling itself the Aryan Martyrs’ Brigade has issued threats including a « death warrant » sent to Weyman Bennett, the joint secretary of Unite Against Fascism, stating he will be killed before the end of the year « for crimes against all loyal white patriots and British nationalists ».

The threat, which the police are investigating and has a picture of Bennett in cross hairs, states: « We know exactly what you look like and what venues you frequent and can strike at will. The police, special branch, MI5, Searchlight cannot save you from the bullets coming your way. No matter where you are, we will get you, all we need is a lock on your mobile phone signal and you are one dead nigger. » (Taylor, 2009)

À ce titre, ajoutons que Le Monde diplomatique du mois de juillet publiait un très bon article sur la place qu’occupe l’extrême droite sur l’échiquier politique autrichien. L’histoire des crimes fascistes y semble très mal étudiée ce que permet à terme que certaines idées xénophobes de l’extrême droite puissent même se retrouver dans les plateformes de parti plutôt centristes.

À ce titre, nous y apprenions non seulement que :

Le 9 mai 2009, des néonazis autrichiens ont attaqué des survivants de Mauthausen, lors de la journée annuelle de commémoration de la libération de ce camp, le plus important d’Autriche.

mais, plus affreusement que :

Sur la place centrale de la capitale de la Carinthie [le samedi 18 octobre 2008], vingt-cinq mille personnes venues de tout le pays attendent en silence le transfert de la dépouille du dirigeant de l’extrême droite autrichienne et gouverneur de la région, Jörg Haider, mort quelques jours plus tôt dans un accident automobile. [...] Au premier rang, aucun des hommes politiques autrichiens ne manque à l’appel. Parmi eux, M. Heinz Fischer, président de la République et membre du Parti social-démocrate autrichien (SPÖ), le chancelier Alfred Gusenbauer (SPÖ), tous les ministres du gouvernement, ainsi que les dirigeants de tous les partis. « De véritables funérailles nationales », admet M. Gusenbauer [...] Et tout cela pour un homme qui [...] à l’occasion d’un rassemblement, à Krumpendorf, le 30 septembre 1995, exprima son admiration pour les vétérans des Waffen-SS, « ces hommes intègres, restés fidèles jusqu’à aujourd’hui à leurs convictions, malgré les vents contraires » (Daum, 2009). [je souligne]

Un travail monumental sera à faire pour lutter contre cette nouvelle poussée de l’acné fasciste.


Sources :

Taylor (2009). Far right launch campaign of violence and intimidation against opponents | World news | guardian.co.uk
Daum (2009). En Autriche, l’amer bilan des années Haider, Le Monde diplomatique


Capitalism Hits the Fan: A Marxian View

11 janvier 2009

Une présentation remarquable de M. Rick Wolff, professeur d’économie à la University of Massachusetts – Amherst


Capitalism Hits the Fan: A Marxian View from UVC-TV 19 on Vimeo.

Worker’s Republic… Windows and Doors

11 janvier 2009

Comme toujours, de par le monde, des mouvements ouvriers nous montrent la voie vers ce qui devraient être possible pour tous. Les travailleurs syndiqués de l’usine Republic Windows and Doors ont fait acte de résistance en décembre dernier et ont gagné!

Les victoires de nos concitoyens méritent d’être partagées et célébrées!

When the workers at Republic Windows and Doors — in Chicago, USA — were notified their factory would close in three days, they took matters into their own hands. The unionised workers seized control of the factory for six days to demand the entitlements they were owed by law. They also demanded that Bank of America, which was « bailed out » with taxpayers’ money just weeks before, make funds available to the company to pay the workers. On the sixth day, December 10, 2008, of their occupation, they won all their demands, and showed the world’s working class a classic example of people’s power.

suite de l’article : Workers’ Republic – Scenes from a successful factory occupation, LINKS, déc. 2008.

Sans résistance, il ne peut y avoir de victoire!

[MàJ : Peter Dreier dans le Monde diplomatique du mois de janvier fait un travail remarquable de présenter cette victoire du syndicat de l'usine Republic Windows and Doors. On y apprend entre autre l'organisation dont ont fait preuve les leaders syndicaux et on y découvre aussi le contexte dans lequel s'inscrit cette l'occupation de l'usine. En effet, les gestionnaires de l'usine avaient non seulement acheté une entreprise concurrent où les employés n'étaient pas syndiqués au mois d'octobre et avait même commencer à y transférer des équipements.]