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De colonies à pays du G8

18 octobre 2008

À constamment entendre parler du présent sommet de la francophonie, une idée m’est venue : n’est-il pas un brin étrange que de cette francophonie, il n’est que deux membres de cette francophonie qui soient aussi membres du G8 ou même faisant partie de ce que nous nommons étrangement l’Occident?

Or, si la francophonie est essentiellement un lègue de l’Empire français au même titre que le Commonwealth est un reste de ce que fut l’Empire britannique, il est relativement facile d’admettre que ces anciennes colonies, au service de leur métropole, ne se soient toujours pas remises des torts qui leur furent imposés… Mais comment expliquer alors que le Québec ou le Canada fassent aujourd’hui partie de l’Occident alors que les autres membres de la francophonie doivent encore se contenter du statut de pays en développement?

Serait-ce parce que le Québec et le Canada ont ultimement fait aussi partie de l’Empire britannique? La chose semble d’abord faire sens. Des colonies de jadis, les USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande sont parmi les seules qui ont atteint le club sélect des pays de l’Occident. Or, de ce même Empire britannique, les anciennes colonies que sont le Kenya ou le Zimbabwe sont bien loin du compte. Aussi, il semble évident que le simple fait d’avoir fait partie se l’Empire britannique ne peut tout simplement pas expliquer la croissance économique qu’ont connu le Canada, les USA ou la Nouvelle-Zélande. Il faut donc autre chose.

Et s’il s’agissait plutôt de l’implémentation d’une des politiques de l’Empire? Une politique qui aurait connu un certain succès dans ces anciennes colonies et pas ailleurs? Or, la première de ces politiques qui frappe l’esprit, c’est que ces colonies, devenues aujourd’hui pays riches, ont réussi, contrairement à toutes les autres, dans leurs politiques génocidaires à l’égard de leur population autochtone. En effet, là où le Kenya, le Zimbabwe ou l’Inde n’ont pas réussi, le Canada, les USA ou l’Australie ont connu un succès indéniable. Le cynique que je suis pourrait même soutenir que l’Afrique du Sud, qui est aujourd’hui un pays présentant une certaine richesse (au sens capitaliste du terme), a presque réussi à annihiler ses populations indigènes. Ainsi, il semble que le fait d’avoir réussi à faire disparaître, à toute fin pratique, leur population autochtone aurait eu un impact sur la croissance que connurent ces anciennes colonies une fois libres du joug impérial…

Serait-ce possible que le principal facteur qui aura permis à une ancienne colonie d’aujourd’hui de faire partie des pays riches ait été le fait de réduire leur population indigène respective à néant?

Unrepentant: le génocide des Premières Nations au Canada

24 août 2008

Unrepentant, un film de M. Kevin Annett au sujet du génocide des Premières Nations au Canada.

Nothing but the thruth…

24 août 2008

«As for the woman from Saskatchewan, she remembers having to hold open the furnace doors in her residential school as small bodies were shovelled in for incineration.»

Roy Macgregor[1]

Pour faire suite à mon précédent billet. 58 ans plus tard, l’État canadien — notre gouvernement — trouve le courage de s’excuser. Mais quelle réparation? Quelle réparation pour ces atrocités qui ne sont toute récente dans notre histoire… sans compter ce que ces nations et leurs membres doivent vivre encore aujourd’hui… sans compter les élans de haines que l’on perçoit encore chez nos concitoyens…

En réponse à cette question, le Rev. Kevin Annett répond — tenez-vous bien — en 6 points[2] :

  • A full International War Crimes Tribunal with the powers to prosecute those who can be held responsible for crimes or cover-ups at the native schools.
  • A nationwide search for the remains of children – Mr. Annett estimates some 50,000 – who died at these schools, by neglect or abuse, and were never given proper burials.
  • The creation of a National Aboriginal Holocaust Museum so Canadians will never forget the crimes against humanity that took place in these schools.
  • An official nationwide « Day of Mourning » for all victims, both dead and living, of residential schools.
  • An end to any federal tax exemptions for churches that had any involvement in establishing and running such institutions.
  • The abolishment of the Indian Act, the winding down of the federal Department of Indian and Northern Affairs – and the return of all « stolen lands and resources » to Canada’s indigenous nations.

¡Ya basta!

Notes

[1] Roy Macgregor (9 June). Nothing but the truth can give apology true substance. The Globe and Mail, A.2.

[2] ibid.

Des enfants de bandits!

22 août 2008

«Nous sommes les enfants des bandits qui leur ont volé leur territoire pour l’exploiter. Il faut au moins le reconnaître.»

Jacques Languirand.

Décidément, le type me plaît!

Quoique que personnellement, je soutiendrais plutôt que non seulement faut-il reconnaître ce passé colonialiste meurtrier, mais je considère primordial de nous rappeler que, si chacun de nos banlieusards peut jouir de sa cour et de sa piscine privée, ce n’est que parce que la terre sur laquelle chacune de nos maisons sont construites a été, un jour, tout simplement volée à celles et ceux qui l’habitaient! Mais pourquoi chercher à reconnaître ces faits, pourquoi même vouloir les dédommager? Ne sont-ils pas les vaincus? Comme les Berbères, les Kanaks, les Mayas, les Bochimans ou les Tibétains.

«C’est dans l’air. Ces gens-là ont été les premiers réfugiés environnementaux, en quelque sorte, rappelle le porte-parole du Jour de la Terre. Et ils avaient une éthique écologique, ça explique l’intérêt actuel pour ça. Les Amérindiens sont très à la mode parce que le problème va s’amplifier. Nous sommes les enfants des bandits qui leur ont volé leur territoire pour l’exploiter. Il faut au moins le reconnaître.

«Et je lève mon chapeau à Richard Desjardins, même si nos démarches sont différentes. Il n’y a pas de chaman dans son film parce que c’est déjà mort. Il n’y a déjà plus de relation avec la grande culture amérindienne. Ils ne vont pas aller parler de la Terre-Mère à des fonctionnaires!»

Ibid.