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Les peintures ruprestres du lac Mazinaw

4 août 2009


Peu de gens le savent semble-t-il, mais il existe dans la région de l’Outaouais et de l’Est ontarien des oeuvres d’art qui sont hors du commun. Alors que plusieurs croient que les peintures rupestres ne sont le lot que des Lascaux et autres cavernes d’Europe, il existe bel et bien des exemples extraordinaires de ces peintures de la préhistoire dans la région immédiate de la rivière des Outaouais.

Étonnamment, peu de recherches — et encore moins de publications — rendent compte de ces merveilles de notre préhistoire. Or, à quelques heures de route d’Ottawa, il est possible d’admirer deux des plus importants sites de peintures rupestres de l’Amérique du Nord! Le rocher du Lac Mazinaw à lui seul compterait quelque 295 peintures.

Ainsi, outre le rocher du Lac Mazinaw dans l’Est ontarien, à quelque 50 km au nord de Napanee, l’Outaouais offre aussi le magnifique Rocher à l’Oiseau qui se situe à l’endroit où la Rivière des Outaouais est la plus profonde.

Il semble que ces endroits où la paroi rocheuse, les profondeurs aquatiques (le lac Mazinaw est parmi les plus profonds de l’Ontario) et les cieux se rencontraient étaient des endroits idéals pour raconter en images la vie et les croyances de ces artistes de notre préhistoire.

Malheureusement, l’ocre rouge dont sont faites ces peintures magnifiques est un minéral. Il est donc particulièrement difficile de dater avec précision ces oeuvres. Cela dit, plusieurs chercheurs au cours des dernières années ont laissé entendre que ces peintures de la vallée de l’Outaouais pouvaient avoir 400 ans. Ces peintures datent vraisemblablement d’avant l’arrivée des Blancs dans cette région.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est possible de visiter ces oeuvres de notre préhistoire sans autre forme de formalité que celle de se charger d’un canot ou d’un kayak… ce que je me suis permis de faire à deux reprises au cours des dernières années.


quelques liens d’intérêts :


Les bâtisseurs fossoyeurs

14 mai 2009

En réponse à un texte publié dans l’édition du journal LeDroit de lundi dernier, ce même quotidien publie un de mes textes aujourd’hui.

Le texte auquel je réagis se trouve ICI.

Les bâtisseurs fossoyeurs[1]
LeDroit, le 14 mai 2009. »

C’est tout de même assez rare que nous ayons l’occasion de lire des lettres ouvertes aussi pleines de mauvaise foi et de démagogie! L’œuvre de M. Beaulieu, des entreprises de constructions Beaulieu, se démarque par cette mauvaise foi qui caractérise ces entrepreneurs bornés qui se croient tout permis. En ce sens, le texte de M. Beaulieu est une perle. Sa dissertation au sujet du droit inaliénable du propriétaire de faire ce que bon lui semble sur ses propriétés : quelle merveille! Je pensais justement m’ouvrir un dépotoir à ciel ouvert sur mon terrain au centre-ville de Buckingham! « Achalez-moi pas! » Je suis un bâtisseur! Un visionnaire!

M. Beaulieu oublie — et ça tombe sous le sens — dans son analyse des 2X4 pourris que la ville de Hull a, depuis des lunes, payé le prix fort de ces « entrepreneurs » qui les ont laissés pourrir ces 2X4 sous prétexte que la valeur du terrain dépassait de beaucoup celle des bâtiments qui s’y trouvaient. À l’époque, nous appelions ça de la spéculation foncière. Ça fait combien d’années au juste que l’Hôtel Chez Henri pourrit de l’intérieur? Et maintenant, parce que c’est trop compliqué à réparer il faudrait tout raser? M. Beaulieu oublie aussi que les clauses de l’entente avec la ville sur ce que le propriétaire avait le droit ou non de faire à ce bâtiment étaient signées de longue date. Il y a eu engagement! Si le propriétaire n’était pas suffisamment lucide pour savoir ce que cet engagement impliquait ne devrait-il pas en payer le prix? À moins bien sûr qu’il n’ait jamais eu l’intention de respecter ces engagements — hypothèse que je n’oserais jamais avancer. Je rappelle qu’en août 2008, la journaliste Justine Mercier nous apprenait, en ces pages que « De l’extérieur, le bâtiment existant préservera la même image. Quelques briques trop usées devront être remplacées, mais ce qui peut être préservé le sera. »

J’aime bien aussi la diatribe de M. Beaulieu au sujet du pouvoir de l’entrepreneur de bâtir nos villes. Bien entendu, M. Beaulieu omet de rappeler que la ville a maintes fois offert des crédits d’impôt à ces bâtisseurs pour rénover l’hôtel Chez Henri. L’entrepreneur, si friand du « laisser-vivre », aurait donc bénéficié de l’aide financière des citoyens. Quelle mauvaise foi! « Si vous n’êtes pas contents, pourquoi ne pas l’avoir acheté ce taudis? » Imaginez la réaction de M. Beaulieu si la ville avait acheté l’hôtel! Imaginez sa réaction si les citoyens avaient décidé de s’approprier non seulement l’édifice, mais le terrain! Parce que l’on comprend bien que pour M. Beaulieu, le bâtiment n’a aucune valeur, c’est le terrain qui importe. Quel bâtisseur vous faites, M. Beaulieu! De la trempe de ces types qui ont cru que ce serait une idée bonne de démolir la maison Hammond pour y placer un concessionnaire dont il ne restera plus rien d’ici 20 ans. Peut-être M. Beaulieu daignera-t-il nous laisser habiter dans la ville qu’il se sera construite. Dites-moi, comment un édifice à bureau supplémentaire contribuera-t-il au bien-être des citoyennes et citoyens de notre ville, sinon si le propriétaire, en retour de l’avantage qui lui est donné, permet à ceux-ci de profiter de leur héritage?

On comprend bien, à lire M. Beaulieu, qu’il conçoit que la ville lui appartient et que tant qu’il aura l’argent pour y investir il peut bien la bâtir à son image sans soucis pour celles et ceux qui y habitent et y vivent, sans soucis pour celles et ceux qui aiment cette ville. Je rappelle par ailleurs à M. Beaulieu qu’il n’est pas inédit à ce qu’on exige réparation à des entrepreneurs irrespectueux en Outaouais. Peut-être vous souvenez-vous de l’affaire Dasken dans les années 1970 où la cour suprême avait finalement ordonné la démolition d’édifices nouvellement construits en contravention du règlement de zonage.

Charles-Antoine Bachand,
Gatineau.

Notes

[1] J’offre ici la version originale de mon texte et non celle publiée par LeDroit

De colonies à pays du G8

18 octobre 2008

À constamment entendre parler du présent sommet de la francophonie, une idée m’est venue : n’est-il pas un brin étrange que de cette francophonie, il n’est que deux membres de cette francophonie qui soient aussi membres du G8 ou même faisant partie de ce que nous nommons étrangement l’Occident?

Or, si la francophonie est essentiellement un lègue de l’Empire français au même titre que le Commonwealth est un reste de ce que fut l’Empire britannique, il est relativement facile d’admettre que ces anciennes colonies, au service de leur métropole, ne se soient toujours pas remises des torts qui leur furent imposés… Mais comment expliquer alors que le Québec ou le Canada fassent aujourd’hui partie de l’Occident alors que les autres membres de la francophonie doivent encore se contenter du statut de pays en développement?

Serait-ce parce que le Québec et le Canada ont ultimement fait aussi partie de l’Empire britannique? La chose semble d’abord faire sens. Des colonies de jadis, les USA, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande sont parmi les seules qui ont atteint le club sélect des pays de l’Occident. Or, de ce même Empire britannique, les anciennes colonies que sont le Kenya ou le Zimbabwe sont bien loin du compte. Aussi, il semble évident que le simple fait d’avoir fait partie se l’Empire britannique ne peut tout simplement pas expliquer la croissance économique qu’ont connu le Canada, les USA ou la Nouvelle-Zélande. Il faut donc autre chose.

Et s’il s’agissait plutôt de l’implémentation d’une des politiques de l’Empire? Une politique qui aurait connu un certain succès dans ces anciennes colonies et pas ailleurs? Or, la première de ces politiques qui frappe l’esprit, c’est que ces colonies, devenues aujourd’hui pays riches, ont réussi, contrairement à toutes les autres, dans leurs politiques génocidaires à l’égard de leur population autochtone. En effet, là où le Kenya, le Zimbabwe ou l’Inde n’ont pas réussi, le Canada, les USA ou l’Australie ont connu un succès indéniable. Le cynique que je suis pourrait même soutenir que l’Afrique du Sud, qui est aujourd’hui un pays présentant une certaine richesse (au sens capitaliste du terme), a presque réussi à annihiler ses populations indigènes. Ainsi, il semble que le fait d’avoir réussi à faire disparaître, à toute fin pratique, leur population autochtone aurait eu un impact sur la croissance que connurent ces anciennes colonies une fois libres du joug impérial…

Serait-ce possible que le principal facteur qui aura permis à une ancienne colonie d’aujourd’hui de faire partie des pays riches ait été le fait de réduire leur population indigène respective à néant?

George Orwell de Marrakech

9 octobre 2008

Dommage que les blogues n’existaient pas en 1938, le texte écrit par George Orwell dans son journal en date du 9 octobre aurait mérité grand nombre de commentaires de ses contemporains.

Orwell dresse en quelques mots un portrait éloquent de Marrakech (où il se soignait, je crois), des population arabe, juive, touarègue et européenne qui y habitaient et des préparatifs à l’éminente guerre. un magnifique portrait de la réalité coloniale des années 30.

After the crisis was over everyone here showed great relief and was much less stolid about it than they had been during the trouble itself. Educated Frenchwoman in official position, known to us personally, writes letter of congratulation to Daladier. It is perfectly evident from the tone of the press that even in the big towns where there is a white proletariat there was not the smallest enthusiasm for the idea of going to war for the sake of Czechoslovakia.

[...] The French authorities enroll a sort of special constables°, a force known as the surete°, who are armed with truncheons and called out when criminals are to be rounded up. I have not yet got reliable particulars, but it appears that either these or the regular police can summarily order flogging of thieves etc. and that savage floggings have been administered without trial.

Have seen a good many of the Foreign Legion. Do not look very dangerous ruffians. Almost universally poor physique. Uniforms even worse than those of the conscripts.

Je vous invite à découvrir ce texte sur le blogue d’Orwell, 70 ans plus tard.

Unrepentant: le génocide des Premières Nations au Canada

24 août 2008

Unrepentant, un film de M. Kevin Annett au sujet du génocide des Premières Nations au Canada.

Nothing but the thruth…

24 août 2008

«As for the woman from Saskatchewan, she remembers having to hold open the furnace doors in her residential school as small bodies were shovelled in for incineration.»

Roy Macgregor[1]

Pour faire suite à mon précédent billet. 58 ans plus tard, l’État canadien — notre gouvernement — trouve le courage de s’excuser. Mais quelle réparation? Quelle réparation pour ces atrocités qui ne sont toute récente dans notre histoire… sans compter ce que ces nations et leurs membres doivent vivre encore aujourd’hui… sans compter les élans de haines que l’on perçoit encore chez nos concitoyens…

En réponse à cette question, le Rev. Kevin Annett répond — tenez-vous bien — en 6 points[2] :

  • A full International War Crimes Tribunal with the powers to prosecute those who can be held responsible for crimes or cover-ups at the native schools.
  • A nationwide search for the remains of children – Mr. Annett estimates some 50,000 – who died at these schools, by neglect or abuse, and were never given proper burials.
  • The creation of a National Aboriginal Holocaust Museum so Canadians will never forget the crimes against humanity that took place in these schools.
  • An official nationwide « Day of Mourning » for all victims, both dead and living, of residential schools.
  • An end to any federal tax exemptions for churches that had any involvement in establishing and running such institutions.
  • The abolishment of the Indian Act, the winding down of the federal Department of Indian and Northern Affairs – and the return of all « stolen lands and resources » to Canada’s indigenous nations.

¡Ya basta!

Notes

[1] Roy Macgregor (9 June). Nothing but the truth can give apology true substance. The Globe and Mail, A.2.

[2] ibid.

Des enfants de bandits!

22 août 2008

«Nous sommes les enfants des bandits qui leur ont volé leur territoire pour l’exploiter. Il faut au moins le reconnaître.»

Jacques Languirand.

Décidément, le type me plaît!

Quoique que personnellement, je soutiendrais plutôt que non seulement faut-il reconnaître ce passé colonialiste meurtrier, mais je considère primordial de nous rappeler que, si chacun de nos banlieusards peut jouir de sa cour et de sa piscine privée, ce n’est que parce que la terre sur laquelle chacune de nos maisons sont construites a été, un jour, tout simplement volée à celles et ceux qui l’habitaient! Mais pourquoi chercher à reconnaître ces faits, pourquoi même vouloir les dédommager? Ne sont-ils pas les vaincus? Comme les Berbères, les Kanaks, les Mayas, les Bochimans ou les Tibétains.

«C’est dans l’air. Ces gens-là ont été les premiers réfugiés environnementaux, en quelque sorte, rappelle le porte-parole du Jour de la Terre. Et ils avaient une éthique écologique, ça explique l’intérêt actuel pour ça. Les Amérindiens sont très à la mode parce que le problème va s’amplifier. Nous sommes les enfants des bandits qui leur ont volé leur territoire pour l’exploiter. Il faut au moins le reconnaître.

«Et je lève mon chapeau à Richard Desjardins, même si nos démarches sont différentes. Il n’y a pas de chaman dans son film parce que c’est déjà mort. Il n’y a déjà plus de relation avec la grande culture amérindienne. Ils ne vont pas aller parler de la Terre-Mère à des fonctionnaires!»

Ibid.

Happy fourth of July!

4 juillet 2008

Le Sénateur Jesse Helms est mort!

J’évite de commenter de peur d’être trop expressif… Un extrait de l’article du Guardian d’aujourd’hui.

In domestic politics he denounced the 1964 Civil Rights Act as « the single most dangerous piece of legislation ever introduced in the Congress », voted against a supreme court justice because she was « likely to uphold the homosexual agenda », acted for years as spokesman for the large tobacco companies, was reprimanded by the justice department and the federal election commission for electoral malpractice, and compiled a dismal personal record as a slum landlord.

TheGuardian, le 4 juillet 2008.