Magnifique petite vidéo! Si seulement nos amis les universitaires pouvaient se l’approprier et la partager avec les enseignants en devenir.
Je ne suis plus capable l’insérer dans ma page, mais elle est ici, suivez le lien
J’ai plusieurs fois utilisé l’exemple du système solaire et des saisons pour faire juger de la dissonance entre les différentes représentations que pouvait avoir une personne (tout le monde sait que lorsque c’est l’été au nord, c’est l’hiver au sud et pourtant, ce qui explique la chaleur de l’été c’est le fait que nous serions alors plus près du soleil… le sud est-il sur une autre planète?). Il est tout de même extraordinaire de noter qu’une société post-industrielle en arrive à ces conceptions quasi magiques. Il est encore plus étonnant de noter à quel point notre cerveau peut continuer à faire fonctionner deux représentations contradictoires en parallèle sans s’auto-court-circuiter.
Cette idée de la puissance des représentations initiales et de l’importance de créer un déséquilibre dans celles-ci pour qu’il y ait un réel apprentissage (un apprentissage durable et fonctionnel qui permet de comprendre le monde dans le plus de circonstances possible) est depuis longtemps étudiée et appliquée par des chercheurs et des enseignants que l’on dit novateurs. Le constructivisme, le socio-contructivisme, l’auto-socio-constructivisme sont justement des approches qui admettent que les apprenants arrivent avec un bagage relativement solide de représentations et que la seule façon de faire avancer un véritable apprentissage réside non seulement dans l’importance de reconnaître cette réalité, mais aussi de créer des activités qui permettent aux apprenants de remettre en question leurs représentations, voire de les mettre en crise, en leur donnant les outils pour qu’ils en arrivent ultimement à les réajuster en fonction de nouvelles informations. Voilà pourquoi je parle généralement de l’importance d’alimenter une compréhension plus nuancée, plus complète et plus complexe de la réalité.
Alors que le socio-contructivisme permet justement un apprentissage qui soit réel et fonctionnel, les approches traditionnelles, l’enseignement stratégique ou l’enseignement explicite misent sur un échafaudage précaire de connaissances qui ne font que s’ajouter au bagage de l’apprenant, et ce, sans déconstruire ce qui doit y être déconstruit ou, pis encore, ne permet jamais à l’apprenant de se questionner sur ses représentations, sur sa compréhension du monde parce que, de toute façon, il n’est qu’une seule bonne réponse à l’examen! Il suffit de «l’apprendre». Et pourtant, après 11 ans de scolarité, de jeunes adultes qui ont souvent bien réussi ne comprennent toujours pas comment croît un arbre ou une plante. Si ces jeunes adultes ont bien réussi, les chances sont cependant qu’ils ont depuis longtemps réellement appris ce qui est attendu d’eux par un enseignant ou par un supérieur… Cette compétence aura indéniablement été développée.
Au sujet des représentations, je vous invite bien entendu à explorer les écrits et travaux du GFEN, de M. Moscovici (sommité dans le domaine de la psychologie sociale) ou encore, plus spécifique le livre de MM. De Vecchi et Giordan (Gérard de Vecchi et André Giordan (2002), L’enseignement scientifique : Comment faire pour que « ça marche » ? , Paris:Hachette) et celui de M. Dalongeville (Alain Dalongeville (2001), Image du barbare dans l »enseignement de l’histoire, Paris:Harmattan).