Pour faire suite à mon billet précédent[1], je me permets de rappeler que Michel Foucault a aussi un travail exceptionnel sur l’importance justement des mesures mises place depuis le Moyen Âge pour « réguler » la déviance et voir au maintien de l’ordre public.
Dans Surveiller et punir, il écrivait par exemple :
L’adversaire du souverain, puis l’ennemi social s’est transformé en un déviant, qui porte avec lui le danger multiple du désordre, du crime, de la folie. Le réseau carcéral couple, selon les relation multiples, les deux séries, longues et multiples, du punitif et de l’anormal. (p. 351)
Il convient par exemple de se rappeler que Pancho Villa, héro de la Révolution mexicaine, était essentiellement, avant le Révolution, un bandit de grand chemin, un bandit qui serait enfermé dans n’importe quelle société du monde.
Ajoutons à cette notion de déviance l’importance de la Normal et de la discipline :
La discipline fabrique des corps « dociles ». La discipline majore les forces du corps (en termes économiques d’utilité) et diminue ces mêmes forces du corps (en termes politiques d’obéissance). D’un mot: elle dissocie le pouvoir du corps; elle en fait d’une part une « aptitude », une « capacité » qu’elle cherche à augmenter; et elle inverse d’autre part l’énergie, la puissance qyu pourrait en résulter, et elle en fait un rapport de sujétion stricte. (p. 162)
Toujours pour rester dans la sphère foucaldienne, un petit exercice:
- Identifions des situations quotidiennes où l’on compare un individu, ses comportements ou ses productions à une norme étalon.
