Articles Taggés ‘Québec’
Michel Chartrand, un chrétien humaniste (1968)
18 avril 2010Bock-Côté contre le pluralisme… contre la diversité?
24 décembre 2009Qu’on ne s’y trompe pas, ce contre quoi Mathieu Bock-Côté en a, en réalité, c’est le pluralisme, c’est-à-dire la gestion de la diversité dans le respect des droits et des prérogatives de chacun. Cette philosophie fait partie des grandes leçons tirées des horreurs de la dernière guerre mondiale, des mouvements de décolonisation du XXe siècle et des luttes d’émancipation des groupes opprimés (autochtones, femmes, minorités religieuses ou raciales, et autres).
Elle est partagée aujourd’hui par toutes les nations véritablement démocratiques. Là où celles-ci diffèrent, c’est dans la façon d’appliquer cette philosophie, dans la manière de la traduire en orientations, en politiques, en programmes.
— Gérard Bouchard, Réplique à Mathieu Bock-Côté – Prudence et rigueur dans le débat public, LeDevoir, 20 mai 2009.
Au sujet de l’émission de Mme Charette de jeudi dernier portant sur le renouveau pédagogique
20 septembre 2009
Je viens de me payer le débat sur le renouveau pédagogique de jeudi dernier à C. Charette en faisant le ménage de la voiture.
C’était beaucoup mieux que je l’ai craint. Un peu comme si, lorsque venait le temps de défendre leur position, ceux qui s’opposent au renouveau s’essoufflent. J’ai bien aimé que Boutin nous explique la vaste histoire du socioconstructivisme tout comme j’ai aimé les nuances apportées par Lafortune au sujet de ce qu’elle n’appelle pas une approche. J’ai aussi beaucoup aimé l’exemple de Desjardins quant à sa progression dans le changement au cours des trois dernières années. Voilà un exemple fort pertinent et qui montre à quel point toute cette histoire est bien loin d’être une forme de magie noire.
Je trouve cependant dommage qu’on n’ait pas eu la chance de démolir l’exemple du père qui disait que son bacc. en rédaction française ne lui servait à rien lorsque venait le temps d’aider sa fille avec ses devoirs. Comme si la linguistique et la grammaire, comme n’importe quel champ d’études, n’étaient pas dynamiques et, partant, en évolution constante. Sans compter que les changements à l’enseignement du français langue première ont été réalisés avant l’implantation du renouveau pédagogique (en 1995, ce me semble!). Dommage aussi que personne n’ait eu la chance de profiter de la porte ouverte par la dame, mère de jumeaux, qui expliquait essentiellement — et le prof de français a tenu un argument similaire — que le renouveau était un échec parce que chaque enseignant l’appliquait à sa façon! Hilarant! Si le renouveau avait laminé toutes les autres pratiques, serait-il meilleur?
J’ai, en ce sens, assez mal compris ce que reprochait l’enseignant de français au renouveau pédagogique… La nouvelle grammaire? La nouvelle orthographe? Les compétences? Il semblait appliquer certains changements sans s’en rendre compte… À moins qu’il en voulait simplement au fait que l’on remettait en question ses pratiques enseignantes. Ce qui était clair cependant, ce fut son malaise quant à ce qu’il décrit comme était le dogme du socioconstructivisme dans la formation des maîtres. Étrange commentaire qui non seulement se base sur une assez mauvaise compréhension de ce qui se passe en formation des maîtres et semble aussi oublier que pour plusieurs futurs enseignants, la seule approche qu’ils ont vécue en était une qui était magistro-centrée. Cela dit, il était loin d’être clair que ce même enseignant pratiquait ce qu’il prêchait, à savoir une certaine diversité dans ses approches.
Outre ça, je n’ai pas vu beaucoup de force dans les arguments des tenants du « contre », mais je crains que ce ne soit suffisant pour convaincre la population que nous sommes sur une voie intéressante avec le renouveau. Je crois qu’il nous faudra un jour attaquer de front ce qui est véritablement mal compris et perçu par la population, soit les compétences transversales ou toute la question des bulletins. Étrangement, nous évitons ces sujets alors que nous avons tous les outils pour présenter les tenants et aboutissants réels des débats initiés autour de ces sujets. Il est en effet relativement simple d’expliquer, en discréditant ceux qui soutiennent la chose incompréhensible et risible, la notion des compétences transversales. Il en va de même, ce me semble, pour le débat sur les bulletins et, partant, sur l’évaluation.
Un bel exercice donc, mais je ne suis pas convaincu qu’il permettra de faire remonter le renouveau pédagogique dans les sondages…
image : Ernesto MoralesEncore les connaissances et la culture générale…
18 septembre 2009Ce matin à Christiane Charrette, nous avons encore dû subir notre dose hebdomadaire d’inepties au sujet de la « réforme » — qui, soit dit en passant, n’est plus une réforme, mais bien le programme officiel du MELS. Tant de commentaires si peu éclairés sur le renouveau pédagogique, c’est à pleurer.
J’aimerais d’abord rappeler à Mme Petrowski qu’elle peut décrier le manque de culture générale des collègues de classe de son fils autant qu’elle le voudra, ça ne changera pas le fait que les élèves qui ont vécu le renouveau pédagogique ne sont pas encore au collégial! Si ces jeunes sont si ignares, ce n’est pas « la faute de la réforme » cette fois.
Par ailleurs, j’aimerais bien savoir quelles études permettent à Mme Legault, du haut de sa tribune, de déclarer l’échec du socioconstructivisme. Bien entendu, si l’on se borne à voir l’école comme un entraînement pour répondre aux questions de Génie en Herbe ou à celles de Jeopardy, on peut se poser des questions quant à la puissance du socioconstructivisme. Or, je suis loin d’être convaincu que le rôle de l’école se limite à répondre à des questions de « culture générale ». Si l’école est plutôt vue comme le principal outil que nous ayons pour construire la société de demain et pour faire en sorte qu’elle soit meilleure que celle d’aujourd’hui, alors là, on doit admettre que de ce limiter à « acquérir des connaissances » est un brin handicapant. Certains seront sans doute un peu surpris d’apprendre que ce qui fait une science ce n’est pas uniquement une somme de connaissance, mais bien une méthode (qui peut même permettre de remettre en question des parties du cadre théorique de son champ d’études). Or, l’enseignement d’une science exige nécessairement qu’on s’attarde aussi à ses méthodes et à son fonctionnement… et non seulement aux conclusions qu’elle tire à un moment donné de son histoire. On se targue de vouloir des citoyens qui soient critiques. Comment être critique si l’on vous a appris depuis des années qu’il n’y avait qu’une bonne réponse possible à une question donnée ou si l’on vous a fait croire que les connaissances étaient objectives et fixées une fois pour toutes? L’enseignement des méthodes permet d’éviter cette embuche. Un cadre théorique avec une méthode permettra à l’étudiant de savoir comment réagir face à une nouvelle situation, à un nouveau discours ou même face à un « fait » que la science vient nuancer (pourquoi ne plus célébrer Dollard des Ormeaux?).
Si la notion de « culture générale » est quant à elle fort sympathique et qu’il est impératif que plus de citoyens puissent y avoir accès, elle est aussi un outil particulièrement utile lorsque vient le temps de déterminer qui fait partie de l’élite et qui doit en être exclu. Sans compter que celui qui a une bonne culture générale a tout le loisir de déclarer que seule cette culture générale a quelque mérite ! Et si je vous disais que la culture générale a tendance à toujours faire des exclus ? Savoir que la communauté juive est au Québec depuis la fin du XVIIIe siècle, est-ce de la culture générale ? Le saviez-vous ? Êtes-vous ignares pour autant ? Et qui était cet anarchiste assassiné dans les rues de Québec par les forces policières à la fin du XIXe siècle ? Édouard Beaudoire, ça sonne une cloche? Qui était Kondiaronk? Saviez-vous que les routes commerciales et diplomatiques des Premières Nations couvraient l’ensemble de l’Amérique du Nord? Étrangement, cette «culture générale» ne semble pas aussi importante que celle de savoir qui a été Frontenac ou ce que fit Iberville.
La culture générale est une question de choix. Un groupe décide ce qui fait ou non partie de la culture générale à acquérir et fait ce choix à même sa propre culture générale. Pourtant, ce faisant, il exclut grand nombre d’événements ou de savoirs tout aussi importants. Miser sur les méthodes, sur ce qui fait réellement une science et un champ d’étude dans l’espoir de permettre aux étudiants de construire leur culture générale et, surtout, d’être à même de réfléchir autrement que dans le seul objectif de compléter avec succès le prochain examen, voilà un mandat digne de l’école publique!
Les défis de QS selon Richard Fidler
11 janvier 2009Bon, l’article de M. Fidler est un peu long et ne nous en apprend pas beaucoup, mais ses brèves conclusions quant aux défis auxquels fait face QS sont tout de même intéressantes.
Challenges ahead
With the election behind it, Québec solidaire now turns its attention to completing its program. A convention in 2009 will debate and adopt proposals now being discussed by the membership around the theme of “achieving a democratic, pluralist and sovereign Quebec”. Non-members as well as members are invited to participate in “citizen’s circles”, each composed of at least three persons (one must be QS member), and to prepare written perspectives and analysis texts for discussion in the party.
Another major challenge facing QS, now that the media spotlight will be focused on Amir Khadir’s intervention in the National Assembly, is to develop as well its extra-parliamentary actions. QS has always defined itself as a party of the ballot boxes and the streets, but the latter aspect — which involves far more than participating in demonstrations — has tended to be eclipsed by the party’s focus on electoral action. QS needs to develop a strategic conception of coherent intervention as a party in the unions and social movements whose concerns and interests it seeks to articulate and advance.
Richard Fidler, Challenges facing Québec solidaire following breakthrough in Quebec election, LINKS, déc. 2008.
Le vers solidaire des militants du PQ…
10 décembre 2008Je réagis rarement sur le site du Devoir, mais après 96 heures de pelletage, le commentaire de M. Mathias Brandl est un peu mal passé.
Voici ma réponse :
Vous êtes un petit comique, M. Brandl. Votre commentaire pourrait tenir la route s’il s’appuyait sur un semblant d’analyse sérieuse… ou même sur des valeurs démocratiques réelles.
Que je sache, la naissance de l’ADQ n’a pas nui au Parti libéral… ou plus encore au discours de droite. Loin s’en faut ! Depuis 10 ans on nous rabat les oreilles de déficit zéro, de « réingénierie » de l’État et autres aberrations pour le citoyen lambda. Pour la première fois depuis Duplessis un parti conserve le pouvoir pendant trois mandats ! Même le PQ, avec ses Boisclair, Bouchard et Facal a cherché à en profiter en se réorientant résolument vers la droite. Les militants de droites sont gras dur, M. Brandl!
Non, en fait, ce qui vous inquiète, c’est que l’on montre enfin au grand jour les contradictions au sein du PQ! C’est qu’enfin, les citoyens puissent juger de ce qu’est la véritable gauche et ce que sont de véritables valeurs sociales-démocrates! C’est que vous n’ayez plus le monopole de la place publique, c’est — pourquoi pas — l’idée qu’un parti qui soit réellement de gauche vienne court-circuiter un discours galvauder qui n’aura, au cours des 30 dernières années su se renouveler qu’en se campant à droite.
M. Brandl, si vous n’êtes pas si inquiets de nous donner le droit de parole et si réellement vous militez pour des valeurs progressistes, pourquoi ne pas avoir milité pour que tous aient un droit de parole équitable pendant la campagne? Pourquoi ne pas avoir milité pour que QS et les Verts aient la possibilité de participer au débat, par exemple?
Un homme lucide (comme vous vous prétendez peut-être) saluerait l’arrivée d’une nouvelle force de gauche, parce que, sur plusieurs dossiers, si réellement le PQ était à gauche, nous pourrions militer d’une voix unie. Le fait que notre voix vous inquiète révèle plutôt que ce n’est pas la démocratie ou les valeurs de gauche qui vous font rêver, mais le pouvoir!
Salutations cher ami, j’espère que nous saurons bientôt travailler ensemble! Les rangs de QS seront toujours ouverts à ceux et celles qui veulent lutter pour un monde meilleur pour toutes et tous!
Foglia était en Outaouais avec Françoise David et Bill Clennett!
22 novembre 2008C’est ici : Pierre Foglia (2008). «Bonjour, je suis Françoise David, de Québec solidaire», LaPresse, 22 nov. 2008.
Quand le (très vilain) chat sort du sac!
22 novembre 2008Argh!
Selon un article de Patrick Duquette, journaliste au quotidien LeDroit, le candidat Jean-Roch Villemaire, du parti Indépendantiste, s’avoue des affinités avec Le Pen (pas la série télévisée, mais le «facho de con» français)!
Mon bout préféré :
Pour le moment, déplore-t-il, les seuls vrais Québécois sont les « Québécois de souche ». « Et un vrai Québécois de souche, c’est quelqu’un dont les ancêtres sont arrivés ici avec les Français », précise Jean-Roch Villemaire.
Patrick Duquette (2008). «Villemaire s’avoue des affinités avec Le Pen», LeDroit, 22 nov. 2008.
Hum…
Première vague d’immigrants juifs = vers 1770
Et que dire des irlandais = tout le XIXe siècle
Ou des Premières nations?
Tout devient clair! Inutile de forcer la note. Tout ce qui est entre 1608 et 1763 (rien avant, rien après!), c’est des vrais québécois, le reste, eh bien!, difficile à dire, mais c’est autre chose! Des étrangers peut-être? Je suis vachement content d’être un «vrai» québécois aux yeux de ce salaud! Quoique, j’ai aussi du sang écossais, irlandais, britannique et, même, comble de malheur, autochtone. Je suis cuit! Il me faudra sans doute un camp de rééducation pour maintenant mieux comprendre ce qu’est la société québécoise.
Mais quel con!
Comment appelle-t-on ce courant politique qui craint l’immigration et cherche son identité dans une nationalisme exacerbé? Ah Oui! LE FASCISME!
And that’s another reason why I left old Skibbereen!
La CSQ demande que QS et le PV soient du débat des chefs
18 novembre 2008Montréal, le 18 novembre 2008
Monsieur Denis Pellerin
Porte-parole du consortium des télédiffuseurs
Département des communications
Radio-Canada
1400, boul. René-Lévesque Est, bureau 2110
Montréal (Québec) H2L 2M2Objet : Participation de Québec solidaire et du Parti vert au débat
Monsieur,
Depuis quelques jours, nous entendons abondamment parler du manque d’intérêt de la population à l’égard de la présente campagne électorale. Nous entendons également les analystes politiques affirmer craindre une participation anémique aux élections générales du 8 décembre prochain.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), représentant 160 000 membres, est extrêmement préoccupée par le taux de participation aux différentes campagnes électorales témoignant de l’intérêt que porte la population à notre démocratie. Alors, inutile de vous dire que nous sommes très inquiets par ce qui nous est rapporté dans les différents médias à ce sujet.
Nous le sommes d’autant plus, car nous croyons que d’exclure du débat télévisé, un moment fort de cette campagne, deux partis qui recueillent l’appui d’environ 10 % à 15 % de la population et qui sont présents dans toutes les régions du Québec est une fort mauvaise idée. Cela est inutilement dommageable à la qualité de notre débat démocratique et nous apparaît donc injustifiable.
Nous croyons qu’une campagne électorale est un bon moment pour parler des différents enjeux qui préoccupent l’ensemble de la population. Nous sommes convaincus que les débats télévisés sont un moyen important d’y parvenir d’autant plus que les cotes d’écoute enregistrées à l’occasion des débats passés le confirment. En ce sens, nous comprenons mal que le parti Québec solidaire et le Parti vert en soient exclus.
Nous vous demandons donc, aujourd’hui, de reconsidérer votre décision et nous vous prions de recevoir, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
Le président,
(signé)
Réjean Parent
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