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Le cynisme des chiens.

16 décembre 2008

La semaine dernière, je soulignais à mes amis dans Twitter un événement plus que scandaleux. Dans une école de Marciac, dans le Gers en France. Les policiers sont intervenus en force avec leurs chiens dans une école.

Une monstruosité qu’il faut dénoncer.

Le témoignage d’un enseignant des lieux est particulièrement éprouvant. Il nous raconte entre autres que :

Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »

En réponse à cette histoire le philosophe Jacky Dahomay partage ses réflexions qui méritent d’être largement diffusées.

Le cynisme des chiens.

Le récit ahurissant fait par un enseignant du Gers concernant l’intrusion dans sa classe de gendarmes et d’un chien, m’a littéralement bouleversé. Et j’ai pleuré. De rage bien entendu. Je suis un vieil enseignant, à la veille de la retraite. Ce métier a été ma seule vocation. Je me suis toujours tenu pour le seul maître dans ma classe après Dieu (s’il existe bien entendu !) et personne n’y rentre sans mon autorisation, ni chef d’établissement, ni inspecteur, ni ministre et, à fortiori, ni gendarme ni chien. Impossible ! A moins d’un cas de force majeure grave que le chef d’établissement devra m’expliquer au préalable. Je le dis donc tout net : si une telle chose m’arrivait je donnerais l’ordre aux élèves de désobéir. Telle est mon éthique de professeur. J’estime ma mission d’enseignant plus haute que ma propre sécurité. En vérité, depuis quelques années, les enseignants s’accommodent de bien de choses inacceptables. Oublient-ils ce principe républicain qui veut que l’instruction publique vise aussi à former des citoyens incommodes ?

Comment en est-on arrivé là ? Tout se passe aujourd’hui comme s’il y avait une redoutable confusion des rôles, des institutions comme de leurs fonctionnaires .De toute évidence, au niveau des responsables de l’Etat comme au sein de la population, il y a confusion entre l’espace public propre à l’école et d’autres formes d’espaces publics ou communs. Or, l’école n’est pas publique au sens ou peuvent l’être les chemins de fer, les télécommunications ou la place du marché. Cela fait des années qu’on croit bien faire en ouvrant l’école sur l’extérieur. La rue y est rentrée, avec son lot de désagréments. Si la rue peut enrichir l’expérience, seule l’école donne une véritable instruction. Comment des vérités aussi élémentaires peuvent-t-elles avoir été oubliées ?

Admettons qu’un policier ait toute légitimité pour procéder à des fouilles dans les aéroports et dans la rue (à condition bien sûr que cela ne s’adressent pas qu’aux basanés !). Cela lui donne-t-il pour autant le droit de se substituer à l’autorité du maître dans sa classe ? On a souvent du mal à distinguer entre le maître qui impose une domination et le maître qui exerce un magistère. Et comme ce principe s’est perdu, le maître-chien, fût-il gendarme, se sent autorisé lui aussi à prendre la place de l’enseignant à l’école. Et quand un magistrat se permet de croire que la peur du gendarme introduite brutalement à l’école est ce qui préservera les élèves de la délinquance on se demande, bien que n’étant pas gaulois, si le ciel n’est pas tombé sur notre tête ! La peur et la répression ont remplacé la mission éducative de l’école. Quel échec ! Sait-on simplement que lorsque le chien et le gendarme se substituent à l’autorité du maître à l’école, c’est que les loups hurlent déjà aux portes de nos villes. Il s’ensuit en général un bruit de bottes sur les trottoirs.

Mon cœur donc gronde de colère et qu’on le laisse faire ! Il y a des moments où la raison raisonnante devient impuissante et laisse place à l’indignation. Toutefois, des chiens, préservons-nous de leur rage et de leur cynisme. J’emprunte cette expression « le cynisme des chiens » à Chateaubriand qui, dans ses Mémoires d’Outre-tombe, l’utilise pour qualifier les révolutionnaires qui, sous la Terreur, bons père de famille, emmenaient leurs enfants se promener le dimanche en prenant soin de leur montrer en passant le dada des charrettes qui conduisaient des citoyens à la guillotine. Le cynisme est dans la contradiction voulue et assumée opposant les grands principes humanitaires qu’on affiche et la pratique quotidienne du massacre de citoyens.

Aujourd’hui, nous avons affaire à une autre forme de cynisme. Dans le spectacle que donne à voir par exemple le Gouvernement actuel de la France. Le président, Nicolas Sarkozy le premier. Loin de moi l’idée de vouloir l’affilier à une quelconque gent canine. Mais son cynisme consiste à affirmer une chose et son contraire, à soutenir un ministre un jour, à le désavouer le lendemain, à parler constamment à la place de ses ministres. Dans son agitation ultra médiatisée, il procède à une véritable désymbolisation constante des institutions de la république. Il y a bien là un travail d’affaiblissement de l’autorité de ces dernières. Pour parodier Hannah Arendt, disons qu’il a y aussi perte d’autorité quand les adultes refusent d’assumer le monde dans lequel ils ont mis les enfants, les vouant ainsi à une culture de la violence. Le refus de l’éducation est l’étalage de la répression et le culte de la sécurité. On croit que la sécurité n’est qu’une affaire de police alors qu’elle réside avant tout dans le contrat liant les citoyens, contrat implicite et symbolique comme sortie de l’état de nature. C’est ce refus de l’éducation qui pousse à vouloir incarcérer des enfants de 12 ans. Reste maintenant à obliger des psychiatres à inventer une substance antiviolence qu’on inoculerait aux femmes enceintes, sans leur consentement bien entendu.

Tout cela est grave, très grave. La démocratie ne fait pas toute la légitimité d’une république. Un pouvoir tyrannique peut se mettre en place démocratiquement. L’histoire comme on sait ne se répète pas et les formes de totalitarisme à venir sont forcément inédites. Nous sentons bien qu’une nouvelle sorte de régime politique, insidieusement, se met en place. Quand, à l’heure du laitier, un journaliste est brutalement interpelé chez lui, devant ses enfants ; quand des enfants innocents sont arrachés de l’école et renvoyés dans leur pays d’origine ; quand une association caritative est condamnée à de lourdes amendes pour être venue en aide aux sans abris ; quand….Même si nous n’avons pas encore tous les éléments théoriques permettant de penser ce régime inédit, il se présentifie déjà avec des signes certains de la monstruosité. Face à tout cela, le PS, principal parti d’opposition, se déchire lamentablement. L’heure serait-elle venue, pour nous enseignants du moins, d’entrer dans la désobéissance civile ?

Je ne parle peut-être pas d’outre tombe mais je suis d’Outre-mer. Comme beaucoup d’Antillais, j’ai aimé une certaine France malgré l’esclavage et la colonisation, malgré Vichy et la collaboration. Cette France qui à deux reprises, a su abolir l’esclavage, celle qu’on a cru ouverte aux Droits de l’homme et aux valeurs universelles. Celle dont l’école, malgré ses aspects aliénants pour nous, a su donner le sens de la révolte à un Césaire ou à un Fanon. Qu’il faille dépoussiérer cette vielle école républicaine ne signifie pas qu’on doive la jeter avec l’eau du bain. Est aussi à réviser cette identité républicaine hypocrite qui a du mal à s’ouvrir à la diversité. Et quand on constate que monsieur Brice Hortefeux, ministre de cet affreux ministère de « l’intégration, de l’identité nationale et de l’immigration », aux relents franchement vichyssois, se permet de réunir, à Vichy précisément, les ministres européens chargés des questions d’immigration on peut légitimement penser qu’il y a là une continuité conservatrice inquiétante. Ce ministre rend visite le 10 décembre au Haut Conseil à l’intégration. Je n’y serai pas. J’annonce ici publiquement ma démission du HCI. Cette France qui vient ou qui se met en place sournoisement, je ne l’aime pas. Devrions-nous alors, d’Outre-mer, faire dissidence ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr en tout cas c’est que la plus grave erreur serait de se dire, comme à l’accoutumée, que les chiens aboient et que la caravane passe.

Jacky Dahomay. Professeur de philosophie à la Guadeloupe
Démissionnaire du Haut Conseil à l’Intégration

George Orwell de Marrakech

9 octobre 2008

Dommage que les blogues n’existaient pas en 1938, le texte écrit par George Orwell dans son journal en date du 9 octobre aurait mérité grand nombre de commentaires de ses contemporains.

Orwell dresse en quelques mots un portrait éloquent de Marrakech (où il se soignait, je crois), des population arabe, juive, touarègue et européenne qui y habitaient et des préparatifs à l’éminente guerre. un magnifique portrait de la réalité coloniale des années 30.

After the crisis was over everyone here showed great relief and was much less stolid about it than they had been during the trouble itself. Educated Frenchwoman in official position, known to us personally, writes letter of congratulation to Daladier. It is perfectly evident from the tone of the press that even in the big towns where there is a white proletariat there was not the smallest enthusiasm for the idea of going to war for the sake of Czechoslovakia.

[...] The French authorities enroll a sort of special constables°, a force known as the surete°, who are armed with truncheons and called out when criminals are to be rounded up. I have not yet got reliable particulars, but it appears that either these or the regular police can summarily order flogging of thieves etc. and that savage floggings have been administered without trial.

Have seen a good many of the Foreign Legion. Do not look very dangerous ruffians. Almost universally poor physique. Uniforms even worse than those of the conscripts.

Je vous invite à découvrir ce texte sur le blogue d’Orwell, 70 ans plus tard.

Une société qui passe du militarisme à la militarisation

26 septembre 2008

La série Ideas de la radio de CBC est souvent particulièrement intéressante parce qu’elle nous offre la possibilité d’explorer des questions en prenant le temps qu’il faut pour mieux cerner leur problématique.

Récemment, Ideas consacrait 2 heures sur le passage du militarisme à la militarisation des sociétés occidentales[1]. Mary O’Connell fait un travail remarquable de lier les thèses de Arendt et des exemples récents des militarisations de nos sociétés (l’apparition des uniformes et des pratiques de «lock down» dans nos écoles ou l’omniprésence des caméras de surveillance) avec ce que vivent nos écoles, l’expérience de Milgram et les écrits récents du pédagogue critique Henry Giroux.

The Surveillance Society. The New Authoritarianism. The Age of Paranoid Politics. These are just a few of the ways writers and thinkers describe the age we’re now living in. The signs of anxiety and fear in this post 9-11 era are all around us. School lock-downs are called the new fire-drill. Recently, many schools boards in Canada made rehearsing the lock-down mandatory. The number of security staff in schools is increasing every year. By 2010 for example, there will be more security guards than teachers in American schools. But, the uniforms aren’t just being worn by security staff. More and more American public schools have adopted uniforms for students. Meanwhile the U.S. army is embedding itself in schools – targeting younger and younger students for recruitment. In Canada recruitment comes through video games that inform, entertain and seduce “action-focused males starting at 17 years old”.

— Mary O’Connell, «The Suspect Society», Ideas, CBC radio.

Lors d’un voyage en autobus ou d’un aller retour à l’épicerie, payez-vous le luxe d’écouter ne serait-ce que le premier épisode (disponible ICI et dans iTunes)[2].

Notes

[1] Mary O’Connell, «The Suspect Society», Ideas, CBC radio.

[2] Si vous peinez à trouver une version de cet épisode, faites-moi signe, je vous l’enverrai.

Foucault au sujet de la déviance…

23 septembre 2008

Pour faire suite à mon billet précédent[1], je me permets de rappeler que Michel Foucault a aussi un travail exceptionnel sur l’importance justement des mesures mises place depuis le Moyen Âge pour « réguler » la déviance et voir au maintien de l’ordre public.

Dans Surveiller et punir, il écrivait par exemple :

L’adversaire du souverain, puis l’ennemi social s’est transformé en un déviant, qui porte avec lui le danger multiple du désordre, du crime, de la folie. Le réseau carcéral couple, selon les relation multiples, les deux séries, longues et multiples, du punitif et de l’anormal. (p. 351)

Il convient par exemple de se rappeler que Pancho Villa, héro de la Révolution mexicaine, était essentiellement, avant le Révolution, un bandit de grand chemin, un bandit qui serait enfermé dans n’importe quelle société du monde.

Ajoutons à cette notion de déviance l’importance de la Normal et de la discipline :

La discipline fabrique des corps « dociles ». La discipline majore les forces du corps (en termes économiques d’utilité) et diminue ces mêmes forces du corps (en termes politiques d’obéissance). D’un mot: elle dissocie le pouvoir du corps; elle en fait d’une part une « aptitude », une « capacité » qu’elle cherche à augmenter; et elle inverse d’autre part l’énergie, la puissance qyu pourrait en résulter, et elle en fait un rapport de sujétion stricte. (p. 162)

Toujours pour rester dans la sphère foucaldienne, un petit exercice:

  • Identifions des situations quotidiennes où l’on compare un individu, ses comportements ou ses productions à une norme étalon.

To be a hero, you have to learn to be a deviant!

23 septembre 2008

J’adore la psychologie sociale! Elle nous offre tant d’outils pour comprendre notre monde et comprendre le rôle que nous y jouons… souvent malgré nous. Elle nous rappelle que nous sommes des êtres résolument sociaux, des êtres qui sont issus de nos communautés, influencés pour notre monde et qu’il est primordial de tenir compte de cette réalité lorsque vient le temps d’étudier les comportements humains.

Comme j’en ai parlé ailleurs[1] [2] [3], la psychologie sociale nous offre des outils d’une puissance hors du commun pour bien cerner les dangers de réduire, comme nous le faisons trop souvent, nos actions à notre seule responsabilité individuelle. Au cours des dernières décennies, le mouvement de psychologisation aura fait de la psychologie traditionnelle une sorte de PacMan gobant tout sur son passage, réduisant nos sociétés à de simples amalgames d’actions individuelles sans égard à l’influence du contexte sur nos actions. On a fait — et faisons toujours — grand cas de l’ordre, de la norme et de l’importance de ces concepts pour assurer la paix sociale de nos sociétés modernes. Ce n’est pas sans raison que ces concepts sont fort appréciés par la droite conservatrice. En effet, ces mêmes concepts ont aussi comme revers les dangers de l’obéissance, de la soumission ou plus simplement du conformisme.

La psychologie sociale sert de remède à ces maux et aux dangers qui leur sont inhérents. Elle nous apprend que le contexte a, malgré nous, une incidence majeure sur les décisions que nous prenons. Elle nous apprend aussi les dangers qu’un enseignant, un travailleur social ou un policier fait courir à la société lorsqu’ils usent de son pouvoir pour faire régner l’ordre ou plus simplement la norme. Ces apprentissages sociaux que nous valorisons risquent, et la démonstration scientifique a été plus que faite, de nourrir l’indifférence, l’apathie, voire même l’obéissance servile chez des individus autrement doter de raison et de convictions. L’histoire nous montre les conséquences désastreuses de la servilité.

Encore une fois, une conférence de la TED illustre mon propos. Malgré que le conférencier est par trop ancré dans des concepts judéo-chrétiens un peu démodés, il montre magnifiquement les dangers de la soumission librement consentie et l’importance d’enseigner ses dangers. Le chercheur termine en effet son allocution à lançant un : « To be a hero, you have to learn to be a deviant, because you’re always going against the conformity of the group. » qui devrait résonner chez tous ceux et celles qui ont à cœur un système d’éducation qui saura faire des citoyens éclairés et actifs.

Attention : la section traitant d’Abu-Graïb demeure difficile à regarder malgré les coupures de la TED


Vous connaissez la chanson de Bécaud, L’Indifférence ?

Poème de Charkaoui, anniversaire de Harkat.

6 septembre 2008

Qu’est-ce qu’un certificat de sécurité ?
Un certificat de sécurité,

C’est le droit d’être traité selon les normes du non-Droit,

C’est la Justice à deux vitesses,

C’est la préséance de l’ex-parté et du huis-clos, 

C’est la Loi au service du Service[1]!
Un certificat de sécurité,

C’est le pen, le trou et les « scrous »,

C’est la visite contact sans contact,

C’est la vitre qui sépare des être chers,

C’est le « deadlock »[2], la solitude. et respirer la pourriture.
Un certificat de sécurité,

C’est être mineur à trente ans,

C’est le petit fonctionnaire constipé qui devient inquisiteur,

C’est l’inquisiteur imbu de lui-même ayant des airs de tortionnaire,

C’est la culpabilité d’être né ailleurs!
Un certificat de sécurité,

C’est Big brother à la maison,

C’est la télé réalité sans coupure publicitaire,

C’est dehors dehors l’immigré,

C’est tais-toi et encaisse!
Un certificat de sécurité,

C’est tout ça mais pas seulement ça,

C’est Hassan et Mahjoub et leur grève de la faim,

C’est Sophie Harkat sans Harkat,

C’est Jaballah1et Jaballah2!
Un certificat de sécurité,

C’est cette mélancolique litanie d’un candidat à la torture,

C’est être musulman au pays de Chrétien, 

C’est la bêtise humaine avec des allures de sagesse,

C’est moi aujourd’hui toi peut-être demain!

Adil CHARKAOUI

La lutte doit continuer pour ces hommes qui font l’objet de mesures extraordinaires où il n’ont tout simplement plus droit aux simples droits que leur confère l’Habeas Corpus…

Le 6 août dernier, ce fut l’anniversaire de naissance de M. Mohamed Harkat. Il a 40 ans. Il s’agit sans doute d’une bonne occasion, un mois plus tard, alors qu’une célébration se déroule en son honneur à Ottawa, d’écrire à notre député fédéral pour qu’il adresse ses meilleurs vœux à l’un de ses pensionnaires.

Notes

[1] Terme désignant le S.C.R.S. dans les documents de la Cour fédérale

[2] Le pénitencier, le cachot, les gardes et l’enfermement dans le langage carcéral au Canada

Rage Against the Machine à la RNC

5 septembre 2008

J’ai toujours eu un grand amour pour le groupe de musique Rage Against the Machine. Leur implication sociale est hors du commun.

Le 2 septembre dernier, alors que les membres du groupe s’apprêtaient à offrir un spectacle aux manifestants réunis pour protester contre les politiques républicaines à la RNC, leur matériel de musique a tout simplement été confisqué par les forces de l’ordre.

Leur réponse :

La journaliste Amy Goodman arrêtée à la RNC

1 septembre 2008

Amy Goodman, journaliste indépendante, qui a entre autres fait sa marque par sa couverture des événements au Timor oriental dans les années 1980 et, depuis, par son animation quotidienne de l’émission Democracy Now! vient de faire l’objet d’une arrestation alors qu’elle cherchait à couvrir la convention républicaine qui se tient actuellement.


FOR IMMEDIATE RELEASE
www.democracynow.org

September 1, 2008

Contact:
DennisMoynihan 917-549-5000
Mike Burke 646-552-5107

ST. PAUL, MN—Democracy Now! host Amy Goodman was unlawfully arrested in downtown St. Paul, Minnesota at approximately 5 p.m. local time. Police violently manhandled Goodman, yanking her arm, as they arrested her. Video of her arrest can be seen here: http://www.youtube.com/watch?v=oYjyvkR0bGQ

Goodman was arrested while attempting to free two Democracy Now! producers who were being unlawfuly detained. They are Sharif Abdel Kouddous and Nicole Salazar. Kouddous and Salazar were arrested while they carried out their journalistic duties in covering street demonstrations at the Republican National Convention. Goodman’s crime appears to have been defending her colleagues and the freedom of the press.

Ramsey County Sherrif Bob Fletcher told Democracy Now! that Kouddous and Salazar were being arrested on suspicion of rioting. They are currently being held at the Ramsey County jail in St. Paul.

Democracy Now! is calling on all journalists and concerned citizens to call the office of Mayor Chris Coleman and the Ramsey County Jail and demand the immediate release of Goodman, Kouddous and Salazar. These calls can be directed to: Chris Rider from Mayor Coleman’s office at 651-266-8535 and the Ramsey County Jail at 651-266-9350 (press extension 0).

Democracy Now! stands by Goodman, Kouddous and Salazar and condemns this action by Twin Cities law enforcement as a clear violation of the freedom of the press and the First Amenmdent rights of these journalists.

During the demonstration in which they were arrested law enforcement officers used pepper spray, rubber bullets, concussion grenades and excessive force. Several dozen others were also arrested during this action.

Amy Goodman is one of the most well-known and well-respected journalists in the United States. She has received journalism’s top honors for her reporting and has a distinguished reputation of bravery and courage. The arrest of Goodman, Kouddous and Salazar is a transparent attempt to intimidate journalists from the nation’s leading independent news outlet.

Democracy Now! is a nationally-syndicated public TV and radio program that airs on over 700 radio and TV stations across the US and the globe.

Video of Amy Goodman’s Arrest: http://www.youtube.com/watch?v=oYjyvkR0bGQ

Unrepentant: le génocide des Premières Nations au Canada

24 août 2008

Unrepentant, un film de M. Kevin Annett au sujet du génocide des Premières Nations au Canada.

Nothing but the thruth…

24 août 2008

«As for the woman from Saskatchewan, she remembers having to hold open the furnace doors in her residential school as small bodies were shovelled in for incineration.»

Roy Macgregor[1]

Pour faire suite à mon précédent billet. 58 ans plus tard, l’État canadien — notre gouvernement — trouve le courage de s’excuser. Mais quelle réparation? Quelle réparation pour ces atrocités qui ne sont toute récente dans notre histoire… sans compter ce que ces nations et leurs membres doivent vivre encore aujourd’hui… sans compter les élans de haines que l’on perçoit encore chez nos concitoyens…

En réponse à cette question, le Rev. Kevin Annett répond — tenez-vous bien — en 6 points[2] :

  • A full International War Crimes Tribunal with the powers to prosecute those who can be held responsible for crimes or cover-ups at the native schools.
  • A nationwide search for the remains of children – Mr. Annett estimates some 50,000 – who died at these schools, by neglect or abuse, and were never given proper burials.
  • The creation of a National Aboriginal Holocaust Museum so Canadians will never forget the crimes against humanity that took place in these schools.
  • An official nationwide « Day of Mourning » for all victims, both dead and living, of residential schools.
  • An end to any federal tax exemptions for churches that had any involvement in establishing and running such institutions.
  • The abolishment of the Indian Act, the winding down of the federal Department of Indian and Northern Affairs – and the return of all « stolen lands and resources » to Canada’s indigenous nations.

¡Ya basta!

Notes

[1] Roy Macgregor (9 June). Nothing but the truth can give apology true substance. The Globe and Mail, A.2.

[2] ibid.