Articles Taggés ‘socialisme’

Au sujet de l’économie planifiée (Che Guevara)

18 février 2012

Il [Che Guevara] défend surtout la planification comme l’axe central du processus de construction du socialisme, parce qu’elle « elle libère l’être humain de sa condition de chose économique ». Mais il reconnaît — dans la lettre à « Fidel » — qu’à Cuba « les travailleurs ne participent pas à la fabrication du plan ». Qui doit planifier? Le débat de 1963-1964 n’avait pas répondu à cette question. C’est à ce sujet qu’on trouve les avancées les plus intéressantes dans les « notes critiques » de 1965-1966 : certains passages posent clairement le principe d’une démocratie socialiste dans laquelle les grandes décisions économiques sont prises par le peuple lui-même. Les masses, écrit le « Che », doivent participer à la formulation du plan, tandis que son exécution est une affaire purement technique. En URSS, à son avis, la conception du plan comme « décision économique des masses, conscientes de leur rôle », a été remplacée par un placebo, les leviers économiques déterminent tout. Les masses, insiste-t-il, « doivent avoir la possibilité de diriger leur destin, décider combien va à l’accumulation et combien à la consommation »; la technique économique doit opérer avec ces chiffres — décidés par le peuple –, et « la conscience des masses doit assurer son accomplissement ».

— Michael Löwy (2012). «Che Guevra contre le modèle soviétique», Manière de voir 118, page 52.

Invitation to all Ottawa activists

16 juillet 2010

Ottawa Assembly Invitation NEW

Des idées à rendre «mainstream»

9 septembre 2009

This is to my mind more than just a peculiarity of the Cuban process: it confirms the implications of Gramsci’s argument that for proletarian ideology—Marxist theory—to triumph, it must win the battle for hegemony and become “common sense.” Or to put it another way, the abstractions of Marxist theory must gel with the popular democratic traditions of a specific country before they can become hegemonic. This is perhaps the crucial error of most Communist (and also Trotskyist) parties: the idea that by preaching abstract Marxist-Leninist doctrine they can build an effective mass revolutionary movement.

— Diana Raby (2009). «Why Cuba Still Matters», Monthly Review, January 2009

Intéressante citation qui me ramène à l’un de mes principaux sujets de réflexion ces temps-ci. Comment se peut-il qu’il est si peu de place faite au contre-discours? Comment est-ce possible que la droite ait réussi à faire accepter ses idées et son discours de façon si étanche qu’ils font partie des idées reçues, du bon sens ou du «mainstream»? Comment se fait-il encore que la gauche n’ait pas réussi à faire mieux? Où est le discours de gauche? Quel est notre organe? Comment se fait-il qu’alors que tous sont hébétés de voir nos voisins États-uniens s’entre-déchirer au sujet de l’assurance maladie, que nous peinions à faire valoir des idées comme éole-Québec ou pharma-Québec? Comme s’il s’agissait là d’idées aussi farfelues que celle de l’assurance-maladie pour les États-uniens.

Il est impératif de prendre la place qui nous revient sur la place publique! Il est impératif de parler et d’écrire pour être entendus et lus! Il est impératif que celles et ceux qui ont quelque chose à dire, que celles et ceux qui ont développé au cours des ans des outils qui leur permettent de comprendre le monde, interviennent publiquement! Il est impératif que l’on cesse de sa gargariser dans des revues scientifiques ou des magazines de gauche que personne ne lit et qui sont, plus souvent qu’autrement, tout à fait indigestes, pour rendre notre discours intelligible. On ne convaincra personne si personne ne comprend de quoi on cause et si nos idées paraissent rigoureusement farfelues. Or, des idées sont parfois farfelues que parce qu’elles sont marginales et présentées comme telles… comme une assurance-maladie états-unienne.

Einstein au sujet de l’éducation

6 septembre 2009

This crippling of individuals I consider the worst evil of capitalism. Our whole educational system suffers from this evil. An exaggerated competitive attitude is inculcated into the student, who is trained to worship acquisitive success as a preparation for his future career.

I am convinced there is only one way to eliminate these grave evils [namely through the establishment os a socialist economy, accompanied by an educational systeme which would be oriented toward social goals. In such an economy, the means of production are owned by society itself and are utilized in a planned fashion. A planned economy, which adjusts production to the needs of the community, would distribute the work to be done among all thoses able to work and would garantee a livelihood to every man, woman, and child. The education of the individual, in addition to promoting his own innate abilities, would attempt to develop in him a sense of responsability for his fellow men in place of glorification of power and success in our present society.

— Albert Einstein, 1949.